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10/10/2012

A juste titre #10 : Self inflicted wounds

sole-live-from-rome.jpgSole : Self Inficted
Wounds (2005)

Noir, c'est noir. Cofondateur du lalbel Anticon, Tim Holland a.k.a. Sole s'est imposé comme un des rappeurs les plus sombres de la dernière décennie. Ce ne sont pas les premiers mots de Self Inflicted Wounds, tiré de l'album studio Live from Rome, qui indiqueront le contraire : "Shoot, shoot me in the back / Stab me in my sleep".

Ce qui impressionne tout autant ici, c'est le débit mitraillette de Sole, capable d'accélérations fulgurantes. Ce flow de conscience parfaitement maîtrisé, rageur, qui fait la marque de fabrique du rappeur. La musique, lancinante, complète l'atmosphère de désolation. Parfait par temps de pluie.

Bonne écoute,

KidB

15:51 Publié dans A juste titre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sole

09/10/2012

A juste titre #09 : B.S.A.

 Take+It+From+The+Man.jpgThe Brian Jonestown
Massacre :
B.S.A. (1996)

Comme beaucoup, on a découvert The Brian Jonestown Massacre avec le documentaire Dig ! d'Ondi Timoner sorti en 2004 et on a remisé les Dandy Warhols au placard pour remonter le fil de la discographie du combo d'Anton Newcombe. Il faut dire qu'en héritier des Rolling Stones et autres amateurs de bizzareries psychédéliques marquées années 1960, l'Américain se pose là.

B.S.A., extrait de l'album Take It From the Man ! (1996), reprend tous les gimmicks de l'époque
– chœurs "whooo whoo" etc. – le temps d'un rhythm & blues électrifié qui monte doucement en intensité jusqu'à l'orgasme final. L'histoire d'une course un peu folle après une fille renversante qui ne cesse de nous fuir. L'hiver est rude, mais auprès d'elle tous nos soucis s'envolent jusqu'à ce qu'on cesse de respirer. Happy
end ? Fin tragique ? Peu importe tant qu'on est dans ses bras, s'époumone Anton.

Bonne écoute,

KidB     

05/10/2012

A juste titre #08 : Broken

Late Of The Pier - Fantasy Black Channel.jpgLate of the Pier :
Broken (2008)

"Give me sunlight / The good medicine". Voilà, c'était notre requête pour ce week-end. On avait envie en cette fin de semaine d'un morceau plein d'énergie. Une chanson qui nous galvaniserait et on est tombé presqu'un peu par hasard sur Late of The Pier, auteur d'un fabuleux premier album en 2008 : Fantasy Black Channel.

Broken démarre toutes guitares dehors le temps d'une courte intro avant de revenir à un riff entêtant. Le titre alterne ainsi les plages mélodiques et les accélérations fulgurantes pour terminer sur une touche d'éléctronique presque planante. Toute la force de Late of the Pier tient là dans ces dynamiques infernales, ces ruptures. Le texte, qui aurait été inspiré par l'insomnie, joue lui aussi d'un choc d'images, mélange de situations concrètes et de sentences abstraites. De la pluie jusqu'aux larmes. "The cold water running past my window / Kept me crying out". Car même heurté, cassé, chez Late of the Pier, tout se combine à la perfection. 

Bonne écoute,

KidB

04/10/2012

A juste titre #07 : Revenir au monde

tsca_r.jpgDominique A :
Revenir au monde (2004)

Les chansons de Dominique A nous font souvent un drôle d'effet. Elles nous attirent, nous ensorcèlent le temps de la découverte, des premières écoutes. Puis leur intensité décroît avec le temps jusqu'à s'effacer petit à petit de nos mémoires. C'est avec un trouble certain qu'aujourd'hui, on est retombé sur Revenir au monde, extrait de l'album Tout sera comme avant (2004).

D'emblée, la force poétique du texte s'impose. Puissance des images, du montage. "Pas vu les feuilles venir Pas vu les feuilles tomber / Qu'es-tu venue me dire ? Pourquoi es-tu passée ? / Non je ne savais pas, Non je n'ai pas appris / Et comment c'est déjà, De ne pas être ici". Le lyrisme est contenu. Si l'instrumentation lâche doucement les chevaux, la voix, elle, retient jusqu'au bout l'émotion au bord du précipice. Ce gouffre, c'est celui qui sépare le monde et l'humanité d'un fantôme hanté par un amour perdu. "Comment veux-tu aimer Quand on ne sait plus dire /Si c'est l'hiver, l'été / Si c'est mieux, si c'est pire". Dominique A habite avec force les ombres effacées d'un monde qui s'effondre. Et, à la réécouter en boucle, on se dit que le trouble cette fois pourrait bien se prolonger un peu plus longtemps.

Bonne écoute,

KidB

21:43 Publié dans A juste titre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dominique a

30/09/2012

A juste titre #06 : Rosie Oh

Animal-Collective-Centipede-Hz-e1340167815339.jpgAnimal Collective :
Rosie Oh (2012)

C'est peu dire que l'on guettait le nouvel album d'Animal Collective avec une attente un peu fébrile. Et une nouvelle fois, le groupe américain tient toutes ses promesses. Après les ondes pop de Merriweather Post Pavilion, Centipede Hz compile les couches de son et les voix avec créativité, gourmandise et une énergie communicative.

Parmi cette collection de onze pépites pop mutantes, Rosie Oh tire son épingle du jeu. Là où la musique d'Animal Collective semble généralement destinée à faire vriller nos cerveaux ou animer nos pieds, ce morceau glisse sur une douce pente émotionnelle, comme né d'une crise existentielle. Il y est question de chemins solitaires, d'une main tendue repoussée, des choses qui nous pèsent. Le refrain, "I'd like to embrace it all", tient presque lieu de catharsis. Véritablement poignant.

Bonne écoute,

KidB

14/09/2012

A juste titre #05 : Valentine Melody

buckley,tim,1LP.jpgTim Buckley :
Valentine Melody (1966)

Le morceau s'est installé par hasard. Juste après le Melody de Blonde Redhead et la Mélodie de Fedaden. Une suite de pépites toute en douceur qui trouvera son apothéose avec celle signée Tim Buckley.

Outre l'impeccable voix plaintive du chanteur à la puissance vibrante, Valentine Melody brille par son texte poignant : "You came to me with fire inside/ Your movements and your pride / And asking to be rescued from / The pain you had become." Depuis, elle tourne en boucle.

Bonne écoute,

KidB

16:51 Publié dans A juste titre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tim buckley

06/09/2012

A juste titre #04 : Behind Enemy Lines

220px-DeadPrezLet'sGetFree.jpgDead Prez :
Behind Enemy Lines (2000)

"You ain't gotta be locked up to be in prison / Look how we livin, thirty thousand niggaz a day / Up in the bing, standard routine / They put us in a box / just like our life on the blocks." Let's Get Free, le premier album du duo Dead Prez, sorti en 2000, s'inscrivait dans la veine d'un rap à la fois social et politique à l'heure où Eminem et 50 Cent s'apprêtaient à dominer les charts.

Le titre Behind Enemy Lines pose la question de la répression des voix contestataires aux États-Unis et d'une jeunesse pour qui la prison reste le principal horizon. Dead Prez a ici l'intelligence d'incarner son propos dans une série de personnages, comme autant de trajectoires brisées par la violence. Cette tragédie invisible trouve un véritable écho dans la production lancinante et mélancolique qui s'accompagne ici d'une rythmique répétitive et froide. Comme les murs d'une prison.

Bonne écoute,

KidB

17:52 Publié dans A juste titre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dead prez

05/09/2012

A juste titre #03 : Electronic Renaissance

tigermilk.jpgBelle and Sebastian :
Electronic Renaissance (1996)

Des titres de Belle and Sebastian, on pourrait (voudrait) en défendre des dizaines tant la pop mélancolique et ensoleillée des Ecossais a bercé avec un léger décalage nos années 2000. Si l'on voue une affection particulière à l'album If Your Feeling Sinister (1996), c'est un titre de leur premier album Tigermilk, sorti la même année en édition limitée et réédité en 1999, qui nous a le plus obsédé.

Electronic Renaissance tranche chez Belle and Sebastian par sa structure alambiquée avec cette étrange intro, son usage du synthétiseur et des boîtes à rythme. Presque comme une démo que Stuart Murdoch aurait composé dans sa chambre. Les sonorités répétitives, motif que l'on retrouve également dans le texte de la chanson, en font un des rares titres du groupe dédié pleinement à la danse. Surtout avec ses histoires de jeux vidéos et sa tonalité électro, Electronic Renaissance est le signe d'un groupe en phase avec la jeunesse de son époque. Un groupe, qui s'il a suivi ensuite une voie différente, était déjà promis à une carrière fulgurante.

Bonne écoute,
KidB

04/09/2012

A juste titre #02 : Bored

Discographie_Girls_In_Hawaii_Plan_Your_Escape_2008.jpgGirls In Hawaii :
Bored (2008)

Le  contrepied presque parfait. Si les six musiciens belges de Girls In Hawaii chantent l'ennui et la folie qui guettent avec le temps ("I hope I die before I get old / Not gonna make it in time / Was I weeping, I can't sleep at night / Fucking dizzy, and still I am"), Bored se présente comme une véritable montagne russe de sensations. S'y affirme à la fois la force d'un collectif prêt à jouer les gros bras à coups de riffs de guitares musclés et une sensibilité mélodique singulière.

Surtout, après un début heurté, le morceau décolle sur entrelacs de lignes de guitare qui s'entrechoquent, de plus en plus forts, avant un pont apaisé qui sonne comme une lente dépression. L'échappée tant promise tourne court. Le "Plan to escape", promis par le titre de l'album, est repoussé à plus tard. L'ennui reprend doucement ses droits. 

Bonne écoute,
KidB

03/09/2012

A juste titre #01 : Patriot's Heart

american music club - love songs for patriots (front).jpgAmerican Music Club :
Patriot's Heart (2003)

La lente numérisation (59,7 jours de musique, en cours !) de milliers d'albums accumulés en CD ces quelques dernières années a relancé l'intérêt d'une lecture aléatoire de la bibliothèque et la redécouverte de pépites résistant avec grâce au passage du temps. Résultat, certaines chansons se réinvitent avec insistance dans la tête longtemps après qu'on les ait oubliées (ou pas), avec l'envie de les repartager.

A commencer par ce Patriot's Heart d'American Music Club, à la rage toute rentrée. Un précis d'élégance rock entre guitare et piano, de lyrisme ravagé par la noirceur, joyau de l'album Love Song For Patriots. On louera particulièrement ici l'incroyable texte de Mark Eitzel sur un strip-teaseur pour hommes décrépi, rattrapé par le temps qui passe inexorablement :


"
It is so red, white and blue the way he works the bar
selling his embraces like Mr. President or a fallen star

he don’t care babe if you’re worldly or wise
he’s just looking for men with sins in their eyes
and he always says the same thing, he says,
“So, how you doin’, baby? I’m your rod and your staff
and for a tip, you can touch me.
And after a few tequilas, I become something holy.
And this crappy little bar with its sweating mirrors
and its mildewed ceiling are more full of love,
yeah, then even natural selection. And dollar for dollar, babe,
it’s a better bargain. The more you pay,
the more I can break you all apart.”
And dollars pour like ashes from the patriot’s heart."


Bonne écoute,

KidB

 
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