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09/06/2009

Placebo : « On ne se reposera pas tant qu’on ne sera pas le plus grand groupe du monde »

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Trois années d’une terrible bataille. Le trio rock Placebo revient aujourd’hui avec « Battle for the Sun », un sixième album studio composé au terme d’un douloureux examen de conscience. Steve Hewitt, batteur de la formation depuis 1996, n’y a pas survécu, remplacé par Steve Forrest, à peine 22 ans. S’il ne renoue pas tout à fait avec le feu sacré des débuts, le disque démontre que le groupe a encore quelques bonnes idées de côté. Et un sens assuré de l’efficacité rock. Rencontre avec Brian Molko et Steve Forrest.

La chanson qui clot l’album «Meds » s’appelle « Song to Say Goodbye ». Avez-vous imaginé ces trois dernières années que le titre aurait pu être l’ultime chanson de Placebo ?

Brian Molko : On avait conscience que le groupe ne pouvait plus continuer en l'état. Des décisions drastiques devaient être prises. Mais on n'a jamais voulu s'arrêter. On voulait simplement réparer ce qui ne fonctionnait plus. De toute façon, je ne suis pas du tout fait pour un autre travail. Je ne sais rien faire à part être dans un groupe de rock. Steve, toi, tu as déjà eu des centaines de boulots, mais c'était pas terrible. A un moment, tu avais la charge de masturber des chiens, c’est ça ?

Steve Forrest : C’est ça (rires). J'ai dû enchainer trente-cinq petits boulots en l'espace de quatre ans.

B. M. : C'est chiant d'avoir un vrai boulot. Mieux vaut faire partie d'un groupe de rock. Tu voyages, les gens écoutent ce que tu as à dire sur le monde. C'est très valorisant. De toute façon, c’est ce que je fais le mieux. Et quand quelque chose qui a autant de valeur à tes yeux est menacé, tu es prêt à prendre des décisions difficiles. Comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.

Est-ce que vous avez changé vos méthodes de travail ?

B. M. : On travaille toujours de la même manière, mais l’arrivée de Steve nous a redonné l'envie d'être créatif. C'est quelque chose que l'on avait perdu. On a aussi retrouvé un certain sens de fraternité dans le groupe. C'est comme un nouveau départ. On est la version 3 de Placebo.

Qu'est-ce que ça fait d'intégrer Placebo ?

S. F. : J'étais déjà très honoré qu'ils me considèrent pour le groupe. Je savais que les choses n'allaient pas très bien donc je n'avais pas grand chose à perdre. Surtout que j'étais dans une formation où chacun défendait son petit territoire. Je commençais un peu à m'y ennuyer. C'était intéressant pour moi de voir ce que je pouvais amener à un groupe comme Placebo, qui existait déjà depuis plus d'une dizaine d'années. Et la transition s'est faite très facilement.

B.M. : Mais il n'a toujours droit qu'à une opinion par semaine.

S. F. : Il vaut mieux que j'attende le vendredi pour la donner alors. Ca me laisse au moins quelques jours pour réfléchir.

Vous enregistrez tout ensemble ?

B. M. : J'écris des choses de mon côté, Stefan aussi. Puis on met tout ensemble. Il y a aussi des choses que l'on improvise en studio.

Vous avez élargi votre palette d'instruments. Est-ce que vous essayez beaucoup de choses en studio ?

B. M. : On se sent complètement libre en studio d'essayer un maximum de choses, si elles servent les chansons. On ne veut se répéter ou s'ennuyer. Donc on aime bien explorer de nouvelles choses. Quel que soit l'instrument pour lequel on compose, si c'est Stefan et moi qui sommes derrière, ça sonnera forcément comme du Placebo.

Vous vous-êtes toujours tenus à l'écart des modes...

B. M. : Chaque groupe rêve de se forger sa propre identité, tout en restant créatif. Je ne sais pas comment on y arrive et je ne veux même pas le savoir. Un groupe ne doit pas trop réfléchir à ces choses-là. Les modes ne nous ont jamais intéressés. C'est sans doute pour ça que l'on a réussi à durer. Le problème des groupes à la mode, c'est qu'ils sont vite démodés. Combien ont disparu après un album ?

S. F. : Les groupes que tout le monde admire sont ceux qui n'ont fait qu'à leur tête et essaient des choses différentes à chaque disque.

B. M. : Tous ces gens comme Bjork ou Radiohead qui ont une vision singulière. Ce sont de vrais créateurs qui ne se soucient pas de ce que pensent les jeunes branchés. Ils expriment ce qu'ils ont au fond d'eux. Ce qui les intéresse. Au moment de l'enregistrement, on voulait composer une musique épique, pleine d’emphase. Un album qui embrasserait une vision très large.

Les structures sont très travaillées sur le nouvel album…

B. M. : Ca vient de l'expérience de notre producteur David Bottrill. On a passé beaucoup de temps avec lui avant même l'enregistrement à travailler la structure des morceaux et les arrangements. Il a amené de la complexité à des formes qui au départ étaient plutôt simple.

L’instrumentation s’enrichit au fur et à mesure que les morceaux avancent. Un gimmick qui fonctionnait déjà bien sur le titre « Meds »…

B. M. : On ne répète pas les choses de manière consciente. Ce qui nous intéresse, au contraire, c'est de prendre de nouveaux sentiers à chaque fois.

Les textes du nouveau disque semblent un peu plus optimistes…

B. M. : On ne dit pas que la vie est faite de fleurs et d'oiseaux qui chantent mais notre instinct de survie est plus affirmé que sur « Meds ».

Le titre de l’album garde d’ailleurs cette idée de combat…

B. M. : Je crois qu’il faut se battre pour ce à quoi on croit dans la vie.

Votre voix est un élément clé de l’identité du groupe. Quand avez-vous pris conscience de sa singularité ?

B. M. : Quand j'avais 13 ans, je me rappelle avoir acheté la cassette de The Violent Femmes. Je chantais dessus en revenant du supermarché dans la voiture et ma voix sonnait comme celle de Gordon Gano. A ce moment, j'ai réalisé que j'avais une voix. Que je pouvais chanter. Je n'ai jamais arrêté depuis.

Votre technique vocale s’améliore, d’ailleurs, d’album en album…

B. M. : Aujourd'hui, je sais faire beaucoup plus de choses avec ma voix qu'au début. Même si je sais jouer de la guitare, je ne me vois pas vraiment comme un guitariste. C'est juste un instrument qui me permet de composer des chansons. Stefan est le vrai musicien. Mon vrai instrument, c’est ma voix.

En changeant de batteur, avez-vous envisagé rompre avec la formule du trio ?

B. M. : Sur scène, on est six maintenant, mais il n'a jamais été question d'être plus que trois dans le groupe. Plus tu as de musiciens, et plus tu dois partager les recettes.

Vous avez aujourd’hui une idée un peu plus claire de ce que vous voulez réaliser avec Placebo ?

B. M. : Notre objectif, n'a pas changé. On ne se reposera pas tant qu'on ne sera pas le groupe le plus important du monde. Après, on pourra s'accorder une toute petite sieste.

S. F. : Moi, j'espère que l'album et la tournée marcheront bien et qu'une fois que tout cela sera fini, les autres pourront me dire que j'ai fait du bon boulot. Alors je ferai définitivement parti du groupe.

Recueilli par KidB

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16:07 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : placebo

Commentaires

Comme quoi il ya une vie après la masturbation canine.
Merci KidB pour l'Itw (and more).

Écrit par : Lil Jo | 09/06/2009

ahahah bah bon courage, pas près d'etre reposé le ptit androgyne (on devient pas le plus grand groupe de rock qd on fait de la musique à minette...)

Écrit par : mallo | 10/06/2009

Molko n'a decidement pas terminé sa crise d'ego. C'est bien dommage de laisser l'impression de changer alors que son orgueil reste bel et bien là; cet orgeuil n'a d'ailleurs rien de justifiable quand on sait qu'il n'y a pas forcément une GRANDE créativité dans la musique de Placebo. T'inquiètes pas Brian, il te reste encore du chemin avant de te prendre pour le meilleur groupe au monde... tu restes dans la basse-cour mais tu es loin de rattraper certains coqs. Surtout quand certains vieux groupes reviennent faire des tournées ...

Écrit par : freaaaks | 10/06/2009

Yeah freaaaks j'approuve à 300% ton analyse

Écrit par : Mallo | 10/06/2009

Mouai ben ton analyse freaaaks est fausse sur tous les points.
Déjà, l'orgueil de Brian Molko... alors sur ce point là, vas voir le nombre de disque que Placebo a put vendre, la force qu'ils ont eu pour se faire connaitre...
De plus, les personnes inteligentes, fortes, et j'en passe ne sont pas souvent reconnut... Quand je vois que la dobe de C.Willem sortit de Nouvelle Star youhouuu sort des albums dans les tops vente excuse moi mais là c'est inquietant ...
De plus, Placebo a une grande creativité, oui, il a sut evoluer au fil des années, les paroles sont profondes, après p'têt que tu es pas assez evolué pour saisir l'ambiguité des paroles... musicalement parlant, si Placebo ne te fait pas vibrer, ne le prend pas pour une generalité, parce que la c'est toi qui a de l'orgueil finalement...
franchement, mallo et toi (et les autres le pensant mais n'ayant rien ecrit) pétez plus haut que votre cul, excusez moi de cette expression familiere mais après tout... J'aimerais bien voir ce que vous, prenant votre opinion pour une generalité, (aleluyaa dieuu!) donneriez avec vos jugements prematuré.
Sur ce, c'est bien pasque j'ai rien d'autre à faire que je laisse un commentaire essayant de resonner vos esprits...

Écrit par : spanish harlot | 27/06/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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