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29/07/2009

TV on the Radio : "Même un maniaco-dépressif est parfois heureux"

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Eureka, ils ont trouvé. Pour leur troisième opus Dear Science, les Américains de TV on the Radio ont décrypté l'ADN de l'album parfait. Des montées de guitares rageuses, des cuivres et un groove très funk, de déchirants arrangements de cordes et harmonies vocales, le tout saupoudré d'une brillante production électronique. Rencontre début septembre 2008 avec le batteur Jaleel Bunton et le chanteur Tunde Adebimpe, devenu un peu parano après avoir demandé à l'hôtesse de l'hôtel de retirer la musique lounge du hall...

«Dear Science» semble plus joyeux que le précédent...

Tunde Adebimpe : Je suis d'accord. Avec cet album, on a essayé de laisser plus d'espace pour que les instruments et les voix aient la place de s'exprimer. Il y a plus de vie que dans nos disques précédents. Même si certains textes restent un peu sombre, l'enregistrement a été plus léger. Tout a été fait plus vite. C'est bien que ça s'entende. De toute façon, on commençait à avoir fait le tour de tout ce qui n'allait pas. Il était temps qu'on explore des sentiments plus heureux, histoire de mieux rendre compte de la complexité des choses.

Vous vous fixez une ligne avant de commencer à composer ?

T. A. : Jamais. Pour chaque album, on repart à zéro. On préfère se laisser porter par notre créativité en essayant de traduire du mieux possible ce que l'on vit et ce que l'on ressent à ce moment là. Pour cet album, on était dans un état d'esprit plus positif.

(Une serveuse lui apporte un café)

T. A. : Si ma gorge commence à changer de couleur, appelez-vite la police.

On pourra leur dire que l'on sait qui a fait le coup...

T. A. : (Rires)

Comme vous l'indiquiez, vos paroles, elles, sont quand même moins joyeuses...

T. A. : L'important pour nous était de trouver un équilibre. Ce n'est pas une question d'arriver à maturité. On s'est juste souvenus que beaucoup des musiques que l'on écoutait jouaient sur ce contraste entre les paroles et la musique. Pour nous, il y avait là une richesse à explorer.

Ça permet aussi d'exprimer la vie d'une manière plus complexe. Jusque dans une même chansons...

T. A. : Bien sûr. Même quelqu'un de maniaco-dépressif est parfois heureux.

Comment se déroule le processus de composition ?

T. A. : Par petits bouts. Généralement, moi je travaille a capella avec un peu de clavier. J'arrive avec un bout de mélodie et des textes plus ou moins finis puis tout le monde y apporte sa patte. David Sitek fait un peu la même chose. Tout le monde met ses idées sur la table puis il n'y a plus qu'à tout réparer. Ce qui est génial, c'est que je peux compter sur la créativité de chacun pour donner vie à des choses que je n'aurai jamais su développer tout seul. Je leur donne une petite indication comme 'la musique devient totalement folle au milieu de la chanson' et ils font le reste. Dans un délai très raisonnable.

Est-ce que beaucoup de choses sont mises à la poubelle ?

T. A. : Aujourd'hui plus tellement. C'était surtout le cas à nos débuts. Maintenant, on a appris à être efficaces. Pour cet album, je crois qu'on a vraiment coupé des parties qui ne fonctionnaient pas bien sur deux ou trois titres. Pas plus. Par le passé, on empilait les éléments jusqu'à arriver à des démos de douze minutes. Avant de conclure qu'on n’avait peut-être pas besoin de tout ça.

L'album est très produit. Est-ce que vous aviez peur que les effets puissent tuer un peu les mélodies ?

T. A. : Non. Je trouve la production du disque vraiment très juste. Elle colle au squelette de chaque chanson, donne vie à chacun des éléments.

Jaleel Bunton : A aucun moment, l'un d'entre nous se demande : 'Mais où est ma chanson ?' Et David Sitek de répondre : 'Tais-toi et écoute, c'est génial'. Pour l'instant, on n'a pas ce problème. Peut-être avec le prochain album.

T. A. : On pourrait peut-être essayer d'effacer l'apport des autres en superposant son travail dessus.

C'est vrai que si l'album est très produit, on sent moins l'effet d'empilement de couches, très présent sur le disque précédent...

T. A. : C'est quelque chose que l'on voulait essayer. Les concerts ont aussi poussé dans cette direction. On se rend compte qu'il n'y a pas forcément besoin de cinq instruments qui jouent en même temps. Il se produit des choses tout aussi intéressantes quand on laisse chacun s'exprimer.

Vous utilisez aussi beaucoup de cuivres et d'arrangements de cordes...

T. A. : D'ailleurs, je n'ai encore aucune idée de comment on va pouvoir incorporer tout ça en concert.

Il vous reste trois jours pour trouver la solution...

T. A. : Et excusez-moi pour la voix un peu tremblante. J'ai un rhume un peu bizarre qui m'empêche de dormir ces derniers jours.

Je crois que ça vient du café...

T. A. : Ah oui. Et j'ai mon épaule qui commence à faire mal. C'est sans doute pour ça. Oh mon Dieu, aahhh... (il fait semblant de s'écrouler).

Et ces derniers mots étaient 'ahhh'...

T. A. : Mince, faut que je trouve quelque chose de plus intéressant à dire...

Revenons aux cordes et aux cuivres...

T. A. : On réfléchissait à comment exprimer certains sentiments de la manière la plus juste qui soit et on a décidé d'utiliser des cordes et des cuivres. L'idéal serait bien sûr d'être accompagnés par des musiciens pour la tournée. Ca devrait pouvoir se mettre en place. Ceci étant dit, les arrangements pour cet album me semblent un peu plus traditionnels que ce que l'on a fait jusque là. Tout est plus linéaire. Les parties se succèdent les unes aux autres plus qu'elles ne se mélangent.

Les chansons prennent la forme d'un voyage. La mélodie n'est jamais stable. Et c'est un peu la même chose pour l'album. Le premier titre s'appelle 'Halfway home' et les dernières paroles sont 'I'm gonna take you home'. C'est quelque chose d'important pour vous...

T. A. : Oui. Pour nous, il est important que beaucoup de choses se passent dans une même chanson. On pourrait presque parler d'arc narratif avec un élément qui se retrouve confronté à un obstacle puis le surmonte.

J. B. : Ou échoue lamentablement.

T. A. :Exactement. Ou il épouse l'obstacle puis celui-ci part avec tout son argent. Ce qui est drôle, c'est que je n'avais jamais fait le lien entre 'Halfway Home' et 'I'm gonna take you home'.

J. B. : Moi, non plus.

J'étais persuadé que c'était quelque chose que vous aviez fait de manière délibérée...

T. A. : Pas du tout. Nous on s'est juste dit. 'Tu sais, quoi. Le début de 'Halfway Home', on a l'impression que c'est le commencement de quelque chose et les dernières mesures de 'Lover's day' ressemblent à un épilogue'. Pour nous, ça n'allait pas plus loin.

Maintenant, vous pouvez changer le titre de l'album...

T. A. : Home to home.

J. B. : On ne devrait pas prendre à notre compte les découvertes des autres.

T. A. : Vous devriez déclarer cette découverte par écrit.

J. B. : On a cracké le code de 'Dear Science' !

D'ailleurs, comment est venu le titre...

T. A. : C'était le moins ridicule des cent cinquante titres qu'on avait imaginé pour l'album. La science a aussi joué un rôle dans le mixage du disque. Mais plus on en parle et plus j'aime me dire que l'album est notre contribution à la science. Tenez les gars, pour toute la confusion, la joie, le progrès et la souffrance que vous avez cause. Ajoutez une pincée de ceci.

Pourquoi la virgule dans le titre de l'album...

T. A. : En fait, il n'y a pas de virgule. Elle n'existe que sur Internet et les papiers que vous donnent les attachés de presse. Mais j'ai commencé à faire de petites virgules en papier à la maison. Je pense les vendre 5 dollars la pièce pendant la tournée. Ajoutez votre virgule. Mettez un peu d'argent de ma poche.

Vous comptez beaucoup tourner pour défendre l'album...

T. A. : Oui. On commence début septembre.

J. B. : Dans trois jours.

T. A. : Dans trois jours, merde alors. C'est dingue. Je peux encore me perdre dans Paris.

Au pire, on dira que vous êtes morts empoisonné par la serveuse...

T. A. : C'est ça. Faisons croire que je suis décédé. Je serai libre. Sinon, on peut finir par se tirer les uns sur les autres.

Une nouvelle contribution à la science...

T. A. : Voilà. Sinon, la tournée devrait s'arrêter à la fin de l'été prochain.

En dehors des tournées, vous passez beaucoup de temps ensemble ?

T. A. : On se voit beaucoup. On habite pas loin les uns des autres. Quand on revient de tournée, il y a toujours une semaine où on se dit qu'on ne veut plus jamais voir les autres puis on décroche le téléphone. Alors, les mecs ça va. On se rend compte qu'on n'est nos seuls amis. Pour l'enregistrement de 'Dear Science', David était, lui, toujours en studio. C'est un peu sa maison. Les autres étaient répartis en deux groupes. On était jamais tous ensemble avant les deux-trois dernières semaines. En tout, l'album a été fait en trois mois. Après, sur le plan humain, il n'y a plus trop de surprises entre nous. On a été de vagues connaissances puis des amis puis les membres du même groupe puis il y a eu les tournées. On est un peu comme une famille maintenant. On a beaucoup d'admiration et de respect les uns pour les autres donc on essaie de ne pas se faire perdre notre temps. Les moments les plus sympas, c'est quand on traîne dans les cafés comme quand on n'avait pas de boulot sauf que maintenant, on en a un qui est de s'amuser avec la musique.

Avec cet album, vous mélangez un peu tous les genres de musique...

T. A. : On a grandi en écoutant tellement de musiques différentes. Ce qui est bizarre, c'est qu'avec la culture du zapping qui est la notre, il n'y ait pas plus de groupes de rock qui essaient de mélanger un peu les choses. On a accès à tellement de sons différents aujourd'hui.

J. B. : Pour nous, c'est comme d'avoir tout ses parents qu'on ne voudraient pas rejeter. On essaie d'être reconnaissant envers chacun d'entre eux. De toute façon, on finit toujours pas ressembler à ses parents. Moi, je me rappelle que plus jeune j'écoutais aussi bien les Clash que Duran Duran. Puis je passe à des phases où j'écoute tel genre ou tel autre. Tout ça nourrit notre musique.

T. A. : Les rappeurs de Clipse et le producteur Brian Eno aimeraient sûrement traîner ensemble.

J. B. : Peut-être qu'ils auraient même trop de choses en commun pour bien s'entendre.

T. A. Et puis on a quand même vécu l'évolution du synthétiseur qui était d'abord un simple instrument et qui aujourd'hui permet de recréer tout un tas de sons. Je me rappelle il y a quelques années discuter avec des amis qui disaient que le sample était du vol. Pour moi, ça peut être un acte très créatif.

J. B. : C'est du vol si tu ne copies pas intelligemment.

T. A. : Quand tu vois ce que fait Aphex Twin, DJ Shadow ou Beck. Certains gens trouvent ça bizarre ou nouveau mais faites tourner les stations de radio ou mettez votre I-pod en mode aléatoire et vous arriverez au même résultat. Il y a tellement de mélanges dans l'air. Pourtant, dès qu'un artiste essaie de faire la même chose, on dit que c'est expérimental. Alors qu'il y a trop de groupes qui se contentent de répéter le même son. Avec ma petite amie, on regardait des œuvres de caricaturistes au musée Beaubourg. On voyait qu'ils savaient dessiner mais tous se servaient des mêmes motifs pour dépeindre les  visages, le corps. On se demandait : 'Mais où ont-ils tous appris ce modèle ?' Si tu dessines aussi bien, tu peux varier tes effets. Essayer différentes approches. Mais je sais aussi que si un artiste sait qu'une formule vend et qu'elle est appréciée du public, il a tendance à s'y conformer. Peu de gens aimeraient que l'on fasse un portrait qui prendrait la forme d'un générique de fin d'un mauvais film. Peut-être que le dessinateur se ferait virer en moins de deux.

J. B. : Je ne peux même pas montrer le portrait à mes voisins...

T. A. : Après certaines personnes excellent dans un seul genre, sont passionnés par un seul type de musique. On voit bien ceux qui essaient toujours de se réapproprier des sons un peu novateurs, différents.

On sent quand même qu'il y a une nouvelle génération de groupes aux Etats-Unis qui essaie d'ouvrir les portes. Que ce soit vous ou des gens comme Animal Collective...

T. A. : Je suis d'accord. En plus, j'adore Animal Collective. Ils ont vraiment pris le temps d'apprivoiser leur propre langage. Aujourd'hui, ils communiquent avec tellement de monde. J'aimerai qu'il y ait plus de groupes avec cet esprit un peu aventureux. Même si quand leur album 'Strawberry Jam' est sorti, j'étais dégoûté que tout d'un coup tout le monde s'est mis à aimer cet obscur groupe que j'adorais. J'étais là :' Ah, ils sont devenus tellement pop maintenant.' Tout ça parce que j'étais un peu jaloux comme un ado de 15 ans. Un mois plus tard, je me rendais bien compte. 'Il est quand même génial cet album.'

Ce qui est fou c'est l'influence qu'ils ont sur tellement d'autres groupes...

T. A. : C'est vrai que c'est étonnant. Pour vous quels groupes ont-ils vraiment influencé?

Grizzly Bear, MGMT...

T. A. : Je suis d'accord avec vous. Pour MGMT, je suis très heureux du succès qu'ils ont mais l'autre fois je regardais un de leur clip et je me disais :'On dirait que quelqu'un a filé un tas de pognon à Animal Collective. Comment est-ce possible ?' Et effectivement, aujourd'hui ça devient possible grâce au succès de groupes comme Animal Collective.

Ce qui est étrange, c'est que peu de groupes essaient de copier ou suivre ce que vous faites...

T. A. : De temps en temps, les gens disent de certains groupes qu'ils font du TV on the Radio. Généralement, c'est parce qu'ils utilisent des harmonies de voix a capella.

Vous n'avez que dire que c'est vous qui l'avez inventé. 'Non, non, personne n'avait fait ça avant'...

T. A. : On devrait le faire. J'étais assis chez moi, je chantais. Tout à coup, il ya eu comme un écho et je me suis mis à chanter avec. J'ai appelé ça des harmonies. Et j'ai déposé le copyright.
Souvent, c'est une étiquette qui sert à décrire des artistes qui chantent un peu faux et sont obligés de s'appuyer sur d'autres voix. Les gens font parfois des comparaisons étranges. Quand Bloc Party a sorti son deuxième album, une personne de notre label nous a envoyé un e-mail pour dire que ça sonnait comme du TV on the Radio. Donc, j'ai soigneusement évité de les écouter jusqu'au jour où je suis tombé dessus par hasard. Le mec de notre label nous dit : 'C'est de cette chanson que je vous parlais. Ils vous ont tout copié. 'Et nous on était là : 'Mais de quoi tu nous parles?' Il n’y avait pas une seule note qui ressemblait à ce que nous faisons.

Peut-être qu'il pensait ça parce que le chanteur est noir...

J. B. : 'Regarde, il a la même couleur que vous.' J'ai plus trop envie de lui parler d'un coup.

T. A. : Peut-être qu'il était un peu sourd... ou alors raciste. Enfin, tout ça pour dire que j'ai du mal à dire comment nous sonnons.

J. B. : Il y a quand même cette pub pour UPS où ils ont vaguement changé 'Staring at the sun'.

T. A. : Vraiment ?? J'utilise UPS. J'aurais pu leur prêter mon travail contre un peu d'argent bien sûr.

Est-ce que l'optimisme de l'album a à voir avec l'état de  l'Amérique ou est-ce que ça renvoie à des choses plus personnelles ?

T. A. : Ce sont en général des choses plus personnelles mais on n’est pas indifférent à ce qui se passe dans le monde. Comme on disait au début, quand on a épuisé tout ce qui ne va pas, on ne peut que remonter la pente. Plein de choses restent possibles. Mais nos albums n'ont jamais été totalement désespérés. Tiens, ça ferait un bon titre d'album 'Désespoir total'.

Vous avez déjà le mot désespéré dans le titre de votre premier album...

T. A. : Ah oui. Ca pourrait faire un peu : 'Ils sont à deux doigts de me pousser de la falaise, mais je peux encore leur arracher les yeux.' Ce genre d'ambiance. En faisant le disque, je n'avais pas l'impression d'exprimer un changement de mentalité aux Etats-Unis. Ceci étant dit, je suis optimiste que George Bush quitte le pouvoir. Où va-t-il pouvoir aller maintenant ?

Pas en France a priori...

T. A. : Quelqu'un va devoir lui construire une petite reproduction du monde totalement fermée sur elle-même dans laquelle il pourra se déplacer à loisir. T'imagines un peu si tu le croises faisant la queue pour aller au cinéma. 'Je crois que j'ai l'occasion de régler quelques comptes, là.' Il ne va quand même pas faire des tournées diplomatiques.

J. B. : En même temps, il est déjà allé tellement fois dans le ventre de la bête en faisant comme si tout allait bien. Je crois qu'il s'en fout.

T. A. : Je suis content pour lui, qu'il aille faire des croisières, ce genre de choses... On verra bien ce qu'il se passe en novembre. De toute façon, ça ne peut être qu'étrange. Etrange en bien ou en mal. J'espère que ce sera étrange en bien.

Pour finir sur un mode plus léger, l'album intègre beaucoup de sonorités du funk. Est-ce que aimeriez que les gens se mettent à danser sur votre musique ?

T. A. : Ca serait bien. Ca donne un côté plus fun à notre musique. Moi-même je me suis surpris à faire quelques pas en écoutant les morceaux seuls dans ma chambre. C'était bizarre. J'espère que d'autres suivront le mouvement.

Ca changera l'ambiance des concerts...

T. A. : Je préfère ne pas trop y penser, histoire de ne pas être trop déçus. 'Ben alors, les gars, faut se bouger là.' J'espère que tout se passera bien. On espère amener une 'dance party' un peu partout.

Une sorte de Bloc party...

T. A. : Une Bloc party avec ces Animal Collective et le maximum de groupes imaginables. Déjà jusqu'ici mes moments préférés, c'était quand les chansons provoquaient quelque chose chez le public. Pas seulement quelques personnes qui regardent un groupe jouer. Parfois, il y a un échange. C'est pour ça que les gens se déplacent. J'espère que ces moments là ne manqueront pas d'arriver pour cette nouvelle tournée.

Recueilli par KidB & BenC

DLZ :

Family Tree : 

14:31 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tv on the radio

Commentaires

L'interview est si grand! C'est superbe.

Écrit par : Mozart ; telephone cards | 05/11/2009

Oh, I loved their song and their interview! Gotta get to know these guys' music closer!

Écrit par : mobile application development companies | 10/06/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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