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31/08/2009

The Horrors : « Créer quelque chose de neuf et d’excitant »

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Leur deuxième album « Primary Colors » nous avait fait au printemps l'effet d'un choc salutaire. De passage à Rock en Seine samedi, nous avons pris le temps d'aller voir The Horrors en conférence de presse. On avait peur de tomber sur une bande de très jeunes gens renfermés. Il n'en fut rien. A quelques heures d'un set prenant, collant parfaitement à l'univers du disque, rencontre avec le chanteur Faris Badwan, le bassiste Spider Webb et le guitariste Joshua Third, très occupé sur son origami.

On compare souvent votre musique à celle de My Bloody Valentine ou Joy Division. Ce sont des groupes que vous écoutez ?

Faris Badwan : Ce sont deux très grands groupes mais nos influences ne se limitent pas à cela. On écoute des choses très variées.

Spider Webb : Chez Joy Division, il y a une intensité un peu noire que l’on retrouve aussi dans notre musique. Nous ne cherchons pas du tout à leur ressembler. Nous voulons juste composer quelque chose qui ait la même force. Dès qu’un artiste écrit quelque chose d’intense, les gens ont tendance à le qualifier de sombre. Alors que ce sont deux choses différentes. Ce qui est drôle avec Joy Division, c’est que le groupe est devenu tellement légendaire qu’on oublie tous ceux qui les ont influencé. Que serait devenu leur musique sans le premier album de Neu !, les albums berlinois de Bowie, Iggy Pop et les Stooges ? Quand on nous cite Joy Division, nous on a tous ces sons en tête. La musique est une source d’inspiration importante pour nous. On est toujours à l’affût de ce qu’ont fait les autres. Quant à My Bloody Valentine, Kevin Shields est un des guitaristes les plus influents des vingt dernières années.

Quelle influence a le krautrock sur votre musique ?

S. W. : Quand on a commencé a utilisé des synthétiseurs, on s’est ouvert au monde de la musique électronique que nous ne connaissions pas très bien. Pour « Strange House », on bidouillait nos synthés en studio. On expérimentait des choses avec les machines. Ca nous a poussés à aller voir plus loin par la suite. Kraftwerk est sans aucun doute un de nos groupes préférés. Tout ce qu’ils font est simplement brillant. Avec le souci constant d’explorer des idées neuves. Ces derniers mois, on a beaucoup écouté de musique électronique européenne. Les groupes allemands ont une approche des rythmiques vraiment très intéressante.

Comment expliquez-vous la différence entre le premier et le deuxième album ?

S. W. : Les deux albums semblent très différents mais notre musique a évolué de manière très progressive. Nos démos de fin 2007 ne sont pas si éloignées des morceaux de « Primary colors ». Depuis la sortie de « Strange House », on a passé tout notre temps ensemble à apprendre à mieux se connaître, à jouer, à expérimenter. Quand on a commencé, on ne savait pas bien où on voulait aller si ce n’est créer quelque chose de neuf et d’excitant.

Comment avez-vous composé « Sea within a sea », le morceau de 8 minutes qui conclut l’album ?

S. W. : C’est une des dernières chansons que l’on a composé. Pour nous, elle capture vraiment ce qu’on a voulu faire avec cet album, les sons que l’on voulait explorer. L’électronique était là dès le départ.

Sea within a sea :


Est-ce que vous qualifierez votre musique de sombre ?

F. B. : Pas nécessairement. Pour certains, ça peut avoir une connotation négative. Dans tous les cas, ce n’est pas quelque chose de délibéré. On ne veut rien s’interdire.

S.W. : C’est vrai qu’il y a certains éléments sombres dans notre musique. Notre écriture est comme ça.

Est-ce que vous pensez un jour écrire des choses plus joyeuses ?

S.W. : On pensait que c’était déjà le cas avec cet album. On l’a enregistré en plein été, à dix minutes de chez nous. C’était très inspirant.

F.B. : Quand on compose, on se laisse simplement porter par l’énergie qu’il y a dans la pièce quand on joue tous ensemble.

Comment avez-vous rencontre Geoff Barrow de Portishead qui produit l’album ?

S.W. : Il nous a demandé de jouer au festival All Tomorrow’s parties, juste après la fin de la tournée de « Strange House ». On commençait à composer de nouvelles chansons. Cette nuit-là, on a discuté avec lui de ce que nous voulions faire. C’était fantastique. Après la sortie de « Third », on s’est senti proche des voies empruntées par Portishead. On l’a donc recontacté avec les morceaux que l’on avait composés. On pensait qu’il allait vouloir nous pousser dans de nouvelles directions, mais pas du tout. Il nous a expliqué qu’il voulait simplement capter au mieux ce qu’on avait écrit. Ca nous a surpris et donné beaucoup de confiance pour la suite. La production du disque a été un travail très collaboratif.

Est-ce que le disque est difficile à adapter pour la scène ?

F. B. : Il n’y a pas tant de production que ça. Le disque a essentiellement été composé dans une configuration live. L’adaptation à la scène se fait donc très naturellement.

S. W. : Tout ce qu’on entend sur le disque a été joué à un moment dans notre local de répétition. C’est comme ça que nous approchons notre musique.

Les visuels attachaient à « Primary Colors » sont conçus autour de l’idée du flou. Vouliez-vous brouiller votre image après la hype qui a accompagné la sortie de « Strange House » ?

S. W. : On cherchait davantage à coller à la musique que l’on composait. Sur « Primary Colors », on a beaucoup joué avec la distorsion de sons. Autant appliquer ensuite le même procédé à l’image.

F. B. : On ne s’est jamais soucié de l’image que les autres avaient de nous. Nous cherchons simplement à suivre notre propre voie.

On a l’impression à écouter votre musique que vous êtes un groupe expérimenté alors que vous êtes encore très jeunes…

S. W. : C’est sans doute parce que l’on est vraiment passionné par ce que l’on fait. On essaie juste de faire les choses du mieux possible. On est obsédé par notre musique. Tant d’autres groupes n’ont pas cette passion. Ils cherchent juste la célébrité en étant au bon endroit au bon moment.

Recueilli par KidB

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17:42 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the horrors

Commentaires

Quand les gens ont la passion pour ce qu'ils font, il est agreable de regarder/ecouter les resultats.

Écrit par : Romanian / prepaid calling card | 07/12/2009

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