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31/05/2012

Cloud Nothings attaque aux tripes

6d5f6176.jpgOn peut tenir tous les discours que l’on veut sur la vitalité
du rock, sa pertinence ou non en l’an de grâce 2012, on en revient toujours finalement
à une affaire de tripes.
En écoutant « Attack on Memory », troisième album des Américains de Cloud Nothings (jusqu’ici Dylan Baldi seul, aujourd’hui un groupe de quatre), on se dit qu’elles sont clairement sur la table. Pour s’en persuader, on se réécoute en boucle les 8 minutes 54 secondes de « Wasted Days ». Voix éraillée, guitares furibardes, rythmiques puissantes, et cette longue montée en milieu de morceau… on ressent ici toute la frustration  du narrateur éructant « I thought I would be more than this ».

« Attack on Memory », produit par le grand manitou Steve Albini, transpire l’énergie du désespoir.  « No Future/No past » clame le morceau d’ouverture pour donner le ton. « No Sentiment » lui répondra plus tard la sixième plage de l’album au texte programmatique : « We Started a war/Attack on memory/No easy way out/Forget everything/No nostalgia/And no sentiment ».  Avant, on aura eu une nouvelle démonstration de rock débridé sur l’instrumental « Separation », qui coupe le disque en deux.

Cloud Nothings ne fait donc pas dans la joliesse mais plonge sans protection dans les recoins les plus sombres de nos vies. Ennui, solitude, amours brisés, espoirs vains. Sur « Stay Useless » aux contours plus pop, le constat reste implacable : « Nothing I can do will make things change/I’m stuck in here and I’m tired of everywhere/I’m never gonna learn to be alone ». Le tout se conclut logiquement donx sur « Cut You ». L’histoire d’un homme qui apostrophe son ex au sujet de son nouvel ami : « Do you wanna hurt him ? Do you wanna kill him ? Is he gonna work out ? » De cet enfer, on retiendra encore les tous derniers mots : « I need something I can hurt. » Cloud Nothings pourrait bien y arriver. Il vient en tout cas de frapper très fort.

KidB

Wasted Days :

No Sentiment :

Cut You :

15:38 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cloud nothings

30/05/2012

Beach House : la voie de la tendresse

beach-house-bloom.jpgQuatre mois passés à écouter de la musique, sans en tirer une ligne, sans compiler, répertorier. Puis vint Beach House. "Bloom". Pour "s'épanouir". Et de nouveau l'envie. De crier d'abord son amour pour dix chansons de pop mélodiques et mélancoliques. Une pierre de plus dans un univers rêveur pour lequel on avait eu le coup de foudre avec "Teen Dream" en 2010. De se plonger ensuite dans les images poétiques du duo de Baltimore. Auant le disque précédant à la pochette tout en blancheur irradiait, autant ce nouvel essai couvert de noir et lueurs claires manie avec brio le doux-amer. Car derrière l'épanouissement promis par le titre du disque nous attendent aussi au tournant les illusions perdues et la mort.

Ainsi, le monde entier comme nos esprits semblent se balancer entre promesses et déceptions. Sur "The Hours", le temps passe sans que l'on sache bien sur quel pied danser : "Change your mind, don't care about me/Change your mind, don't leave without me". Pour garder l'équilibre, chacun doit alors s'élancer sur un chemin mouvant ("Find yourself a new direction/You can't keep hanging on to all that's dead and gone" sur "Myth") et écouter sa nature sauvage ("Now, you're open wilder, it's better this way" sur "New Year"). En suspens, les questions s'accumulent : "is it getting away ?", "Is it even real ?"…

Pour parfaire l'étrange alchimie, les mélodies à la guitare et aux claviers se déploient avec grâce entre élans et contractions, parfaits écrins aux envolées vocales de Victoria Legrand. Ici, quelques lignes suffisent pour poser un personnage, une situation ("My mother said to me that I would get in trouble / My Father won't come home, cause he is seeing double/ Our windy, endless spring" sur "Wild"). Puis déjà les mots, les sons s'échappent vers autre chose. Un monde étrangement sensuel et évanescent à la fois où pour chaque rose vient avec son épine.

Peu importe dirons-nous tant qu'il y a la passion. La musique de Beach House est une nouvelle fois de celle qui nous emporte, nous transporte au cœur même de l'émotion. Un pouvoir enchanteur addictif malgré ou à cause de son voile de noirceur. Car finalement peu imorte la destination, l'essentiel est dans le chemin, la main tendue à l'autre. Coûte que coûte. "Wild in our ways/What Will You Make It/Heartless to say/Go on pretending" sur "Wild". Avancer sans être dupe. Retrouver l'envie. Joli programme.

KidB

Myth :

Lazuli :

The Hours :

17:54 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beach house

 
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