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27/09/2010

Katerine, le délire, c'est son dada

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Katerine - Philippe Katerine

Comment tu t’appelles ? Philippe. Comment tu t’appelles ? Philippe. Comment tu t’appelles ? Philippe. Comment tu t’appelles ? Ta gueule. Vas-y mets ta moustache. Ha, ha, ha, ha, ha, ho, ho. Enlève ta moustache. A toi. A toi. A toi. A toi. Tu parles. Bla bla bla. Bla bla bla. Bla bla bla. Je me sens bien, je me sens mal. Je me sens mal, je me sens bien. Je me sens comme un sac en plastique. Qui vole au vent. Place de la république. Un lundi de septembre. A 18h30. Les voitures n’avancent pas. Le soleil a mis son pyjama rouge.

Non, je ne veux plus jamais travailler. Plutôt crever. Non je n’irai plus jamais au supermarché. Plutôt crever. Plutôt crever que de me lever parce que vous me le demandez. Plutôt crever. Et moi j’ai plus de batterie et je ne sais pas où je suis. Putain de téléphone. Quand on se dit fuck, au fond qu’est-ce qu’on veut ? Au fond qu’est-ce qu’on cherche ? Mais qu’est-ce qu’on attend ? Des bisous, des bisous, des bisous. Des bisous, des bisous, des bisous.

Si je peux vous donner un conseil, faites du velib’ la nuit. Sous ecstasy. Et vous verrez comme moi les voitures qui dorment, les pavés qui dorment, les abribus qui dorment. Tout le monde au dodo et moi sur mon vélo. Et on se dira que le Louvre essaie de faire peur à la Pyramide alors que c’est la Pyramide qui fait peur au Louvre. La Pyramide ne se reflète pas dans le Louvre alors que le Louvre se reflète dans la Pyramide. Personne ne veut se voir tout le temps dans un miroir.

C’est a. C’est affreux. C’est affreux j’ai rêvé. C’est affreux j’ai rêvé que je suçais Johnny. Les disques de la Motown, Pet sounds de Brian Wilson, le Chet Baker que l’on connaissait par cœur. Dis leur au revoir. La petite flute de Mozart, tu la joueras de mémoire. Bye Bye. Bye bye, ma vieille chaîne. Si mineur. La majeur. Mais je ne connais pas le nom de cet accord non plus, ni celui-là. Bla bla bla. Michael Jackson, vivant. Marcel Duchamp, vivant. Tarantino, pas mort. Pharell, pas mort.

Hello I’m the queen of kingdom and I am shitting in your face.  Bonjour, je suis la Reine d'Angleterre et je vous chie à la raie. Juifs. Arabes. Arabes. Juifs. Ensemble. Juifs. Arabes. Ensemble. Liberté (mon cul). Egalité (mon cul). Fraternité (mon cul). Dans la vie on est accroché à notre brin de blé au milieu d’un très grand champ de blé et c’est quand il y a du vent ou une bourrasque ou un orage qu’on touche les autres brins de blés autour. Merci. Merci. Merci. Merci.

KidB

11:55 Publié dans Chanson, pop | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : katerine

23/09/2010

!!! a le chic chic chic pour faire danser

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!!! - Strange weather isn't it ?

Il est minuit. La fête bat son plein. Les !!! sont à fond, déversant leur groove infernal sur la foule qui en redemande. Encore et encore. Partout, les gens se bougent, portés par de superbes lignes de basse, les guitares enivrantes du groupe, les rythmiques répétitives et la voix chaleureuse du chanteur. Punk funk, maestro.

Un homme est assis seul dans un coin, un écouteur à l’oreille. AM/FM. Il est branché sur la radio. Une femme le rejoint : « Tu n’es encore qu’un garçon. Tu as encore beaucoup à apprendre », lui dit-elle avant de repartir. Lui se décompose. Comme en écho à sa douleur, le groupe chante : « You'll find the heartache is hard to hide / When the blade's so deep in your back / It comes out the other side ».

Transe, rêve, ennui

De l’autre côté de la pièce, un homme est au bar, noyant sa solitude dans l’alcool. Pas loin, une drôle de conversation prend forme : « Je ne vois pas pourquoi les rêves seraient restreints à leur monde. » Le couple s’embrasse, le groove repart encore plus fort. Bientôt suivi par une envolée de cuivres. La piste est chauffée à blanc. « If the kids love it then I would bet it / That the beat goes on. »

A l’entrée, une femme en tailleur s’ennuie ferme. « What’s the harm in getting a little confortable ?, semble ironiser le chanteur. Jump back. There’s time enough for dying later. » Un homme se rapproche, l’invite à danser. Elle refuse. « And please don’t think we’re friends. » Pas loin, la foule est en transe. Le groupe lâche ses dernières forces dans la bataille. « Don’t stop / Come on. » Plus rien n’arrêtera la fête.

KidB

13:34 Publié dans Electro, pop, rock | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : !!!

17/09/2010

Zola Jesus porte bien sa croix

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Zola Jesus - Stridulum II

Vous voilà mort. D’étranges voix se font entendre. Autour de vous, tout est noir. Vous ne voyez plus rien. Très vite une voix féminine se fait plus précise, accompagnée d’un son de synthé et de rythmiques électroniques. Elle vous parle : « Don’t be afraid / Don’t be alarmed / In the end of the night / You’re in my arms. » Vous frissonnez. Cette voix, c’est celle de Zola Jesus. Elle vous implore de la rejoindre. Pleine d’émotion. Vous avez peur. Vous êtes touché. Bienvenue dans l’univers sombre de « Stridulum II ».

Vous progressez dans une ambiance lugubre. Zola Jesus ne vous lâche pas d’une semelle, avec sa belle voix grave. « I’ll be here / I told you trust me », vous dit-elle. Vous hésitez déjà à succomber. « It’s not easy to fall in love », ajoute-t-elle, pleine d’emphase. Les paysages se succèdent autour du vous. Tous aussi décharnés. Tous aussi blêmes. Zola Jesus parle à votre âme : « It’s good for your soul. »

Voix fantomatiques

Peu à peu acclimaté à l’endroit, il ne vous reste plus que la détresse de Zola Jesus, qui vient vous frapper au visage. Comme nue. « Run me out again », répète-t-elle à l’envie, entourée d’étranges voix fantomatiques. Son cri de secours monte doucement, vers le ciel. Avant de retomber. « You’ve got a get me out ». Vous en pleureriez presque, si vous n’étiez pas mort. « And it feels like I’m the only one ».

Puis le miracle a lieu. L’obscurité se dissipe peu à peu sur la fin. La lumière vous réchauffe, matérialisée jusqu’à quelques notes piano. Tout autour de vous semble reprendre des couleurs. Vous faites face à la mer. La voix de Zola Jesus se fait alors plus aérienne. Presque comme un ange. « You’re lost », prévient-elle. Peut-être. Mais rendu à la vie.

KidB

13:04 Publié dans Electro, pop | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : zola jesus

14/09/2010

Magic Kids ont plus d'un tour dans leur sac

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Magic Kids - Memphis

Bienvenue messieurs dames sous le chapiteau des jeunes talents de Magic Kids. Ils vous présenteront, aujourd’hui, leur tout premier spectacle « Memphis », venu directement du Tennessee. Au programme, onze numéros enjoués appris directement auprès des plus grands maîtres du cirque pop moderne, des Beach Boys aux Beatles en passant par Grandaddy. Le tout marqué du sceau de l’été, du soleil et des vacances.

La démonstration commence fort avec un étonnant tour de passe-passe utilisant un téléphone. Il y est question d’un jeune ado qui a perdu sa douce. Il attend son appel. Le numéro est des plus classiques donc, mais exécuté avec un extraordinaire entrain juvénile. Tout y passe à toute vitesse : arrangements de cordes, guitare acoustique, cuivres. La tristesse initiale s’efface derrière un optimisme indécrottable. La vie nous appartient. Et l’été se poursuit ainsi en vignettes de trois minutes.

La femme coupée en deux

Chœurs, chant romantique, rythmique rapide… Les Magic Kids nous jouent le fameux coup de la femme coupée en deux, la moitié légère, volant tranquillement dans les airs, l’autre, dansante, les deux pieds bien sur terre. On y croirait tellement ça a l’air vrai. Les Américains nous tireraient presque des larmes sur « Hideout », après avoir sorti de leur chapeau un détonant clavier sur un « Superball ». Mais The show must go on avec la pièce maîtresse, placée en milieu de programme. « Hey Boy » nous ramène cinquante années en arrière à un âge où la pop était encore pleine d’insouciance et où les groupes s’époumonaient à chanteur à plusieurs. On croirait voir la plage apparaître devant nos yeux ébahis.

Le spectacle se termine ensuite d’une même note magique. Un skate nous amène à toute berzingue faire de la voile au son d’une petite radio rouge. Garçons et filles chantent ensemble. C’est le bonheur. On ne voit pas le temps passer mais il faut déjà se séparer. Le dernier numéro s’appelle d’ailleurs « Cry with me baby » car il y est « time to say goodbay ». Un final en forme d’apothéose entrainante. Tellement rapide une nouvelle fois qu’il ferait sécher n’importe quelle larme. Merci les kids.

KidB

 

13:36 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : magic kids

28/06/2010

Karen Elson : "Tout ce que j'avais emmagasiné a eu besoin de sortir"

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Mannequin reconnue, âgée de 31 ans, Karen Elson a des goûts musicaux passés de mode. Mme Jack White des White Stripes à la ville livre avec son premier album "The Ghost Who Walks", douze morceaux mêlant folk, influences cabaret et country. Un héritage assumé.

"The Ghost Who Walks" est-il l’aboutissement de votre travail dans la musique ?

Cela fait maintenant une dizaine d’années que je participe à divers projets musicaux. Je fais notamment partie d’un groupe de cabaret depuis 7-8 ans. Mais c’est la première fois avec cet album que je suis en vue comme ça, en première ligne. Il m’a fallu attendre que le bon timing. Avant je n’étais pas prête. Il y a quelques années, j’avais passé plusieurs mois en studio avec des amis, mais à la fin je me suis rendu compte que le résultat n’était pas assez personnel. Il n’en est ressorti que la reprise de "Je t'aime moi non plus" de Gainsbourg en anglais avec Cat Power. Ca vient sûrement de mon expérience dans la mode. Si je sors un disque, il faut que j’en écrive les paroles, les musiques. Qu’il porte ma vision, mon âme.

D’où est venu le déclic ?

Après ma vie ces dernières années a été bien occupée. Je me suis installé à Nashville avec Jack White. J’ai eu deux enfants. Je n’avais pas le temps de composer ou de penser à moi. Puis les choses se sont un peu décantées. Et j’ai composé le disque. Etre à Nashville m’a beaucoup aidé. Là-bas, la musique est un vrai style de vie. Ce n’est pas comme New York où la musique est réservée aux gens cool. Là, mêmes les chauffeurs de taxis jouent le soir dans des bars. Puis les musiciens sont très professionnels. Ca te pousse à jouer du mieux possible.


The Ghost Who Walks :

 

Comment une Britannique de Manchester se sent-elle à Nashville, berceau de la country ?

A Nashville, je me sens vraiment à la maison. Je retrouve toutes ces musiques que j’aime. Ce gospel propre au Sud des Etats-Unis. J’ai toujours adoré Hank Williams ou des groupes comme Mazzy Star. Et surtout Nick Cave. Même s’il est Australien, il a porté le genre très haut. Avec une musique sombre, pleine de mystères.

La production du disque reste pourtant moderne…

Difficile à dire. Jack n’utilise que des instruments analogiques, des antiquités. Mais il a sans doute le souci de donner un air frais à des musiques plus traditionnelles. Si ça ne tenait qu’à moi, je resterai coincé dans le passé. Comme dans les années 1930. J’admire tant d’auteurs et de musiciens de cette décennie.

Votre écriture est très imagée ?

J’aime raconter de petites histoires, mais pas raconter ma vie de tous les jours. Je veux poser de petites images qui emmèneraient les gens vers un ailleurs. En tant que modèle ou qu’artiste, je suis d’abord quelqu’un de très visuel. Les images, c’est essentiel pour moi. Ma création se joue là.

Stolen Roses :

 

L’album aborde des genres très divers…

Au niveau des influences, j’avais un peu peur de m’éparpiller. Dans le disque, on retrouve des éléments psychédéliques, du folk britannique, du cabaret. Il m’a fallu me demander où était ma propre voix dans tout ça. Ca a été une lutte difficile par moment. Au final, je crois que ma personnalité se reflète dans cette diversité. Je suis totalement influencé par la musique du passé. Mais c’est comme ça que fonctionnent tous les artistes. Mêmes les musiques les plus modernes sont nées, peut-être inconsciemment, de sons composés avant elle.

Comment voyez-vous la suite ?

Une fois composées les chansons prennent vie de manière inattendue. Un morceau que j’avais écrit en référence au Dust Bowl me semble maintenant la bande son parfaite du film "The Man who Fall to Earth" avec David Bowie. Quelque chose de moderne, presque futuriste. Là, je commence déjà à réfléchir à mon second disque. Pour le premier, c’est comme si tout ce que j’avais emmagasiné avait eu besoin de sortir. Pour le second, je voudrais un son plus profond, chanter avec mon cœur.

Recueilli par KidB

The Birds They Circle / 100 Years from now

10:39 Publié dans Folk, Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : karen elson

14/06/2010

Uffie : "Une chronique de ma jeunesse, un chapitre qui s'achève"

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De l'électro-pop accordée au contact des Français M. Oizo et Mirwais. Anna-Catherine Harley, alias Uffie, sort son premier album, "Sex, Dreams and Denim Jeans", porté par le single "Pop the Glock".

D’où vient votre pseudonyme ?

Je n’en suis pas tout à fait sûre. Mais, d’après ce qu’on m’a dit, quand j’étais petite, mon père me disait toujours : « Enough ! Enough Enough ! » [« Assez ! Assez ! Assez !]. Mon père est de Liverpool, mais il parle bien le français. Et il s’est dit, « enough », est un petit œuf. Et puis, c’est devenu Uffie. Il m’a toujours appelé comme ça depuis. Mon père travaillait dans la mode, côté commercial. Ma mère s’occupait de nous.

Vous êtes née où ?

En Floride, on a bougé a Hong Kong quand j’avais 4 ans. J’y suis resté jusqu’à neuf ans. Puis on est retournés en Floride, on a voyagé à travers différentes villes. Quand j’avais 15 ans, mon père habitait Paris, je suis allé lui rendre visite, je m’y plaisais bien et donc j’y suis restée.

Vous avez quels souvenirs de Hong Kong ?

C’était bizarre. J’étais tellement jeune. Et à l’époque, c’était encore britannique. C’était cool parce qu’il y avait des petits villages de pêcheurs et des plages, à l’écart de la ville. Je parlais cantonais quand j’étais petite. Mais plus trop maintenant. J’amenais mes poupées au marché… C’était un endroit très sûr et un bel endroit pour grandir. Il y avait tellement de cultures, c’était une ville internationale.

Vous y êtes retournée depuis ?

Oui, j’y allais au moins une fois par an. Mais cela fait deux ans que je n’y suis pas allée. Après Hong Kong, le retour en Floride, donc… Oui puis, le Connecticut, le Missouri… Une enfance du genre bohème !

C’était quand même un peu strict ?

Ma mère était un peu plus stricte. On voyait assez peu mon père parce qu’il travaillait beaucoup. Ma mère était du style : « Faut aller à l’église aujourd’hui ! » Mais moi, je ne suis pas d’accord avec les églises. On pourrait croire que la religion donne de l’espoir, mais elle détruit plutôt le monde. Je ne crois pas forcément en Dieu, mais en quelque chose de plus puissant que nous. Une énergie, un truc comme ça.

Pop the glock :


Vous vouliez faire quoi quand vous étiez enfant ?

Tellement de choses ! Danseuse… J’ai fait du ballet pendant onze ans. Je voulais être dentiste aussi. J’ai les dents anglaises de mon père, donc j’ai pas mal vu le dentiste. Je voulais être écrivain aussi car j’adorais les cours de littérature et d’histoire.

Vous lisez ?

Oui, avant d’avoir un bébé. Depuis, je n’ai pas ouvert un seul livre. J’aime Michel Houellebecq, Bret Easton Ellis… Ses livres sont tellement déments. C’est comme si on prenait de l’acide. Par ailleurs, j’adore aussi "Las Vegas Parano". Le film était bien, mais alors le livre ! Je me rappelais de la partie avec les chauve-souris, pendant que je lisais, je me tapais des barres de rire.

En résumé, danseuse, dentiste et écrivain…

Et peut-être aussi styliste de mode. Mon père travaillant dans ce milieu, ça me paraissait naturel.

Vous êtes toujours proche de vos parents ?

Ma mère est aux Etats-Unis, mon père et moi, on est comme des meilleurs potes. C’est mon meilleur ami.

Et quand vous étiez ado, vous écoutiez quoi ?

Du hip-hop. Lil Wayne, Pharrell, Jay-Z… Quand je suis revenu aux Etats-Unis, j’ai vu MTV et wouah… C’était plus fun, énergique et happy.

L’indie rock européen ?

Non, je n’en écoutais pas. Et je ne connaissais pas vraiment la scène électro avant de venir à Paris.

Pourquoi avoir décidé de rester en France ?

C’était difficile de retourner aux Etats-Unis après avoir vécu en Asie. J’étais toujours la fille qui a vécu à Honk Kong. Les Etats-Unis sont très fermés sur eux-mêmes, c’est un pays si jeune… En Europe, le rythme de vie est plus agréable. On peut se promener partout à pied. On peut prendre l’avion et se retrouver en deux heures dans une autre culture. Mon père vit dans le Sud de la France maintenant, en Dordogne.

 

Add SUV :


Vous êtes sur le label électro Ed Banger. Parlons un peu de clubbing…

Aux Etats-Unis, il faut avoir 21 ans pour faire quoi que ce soit. Arrivée en Europe, c’était la liberté, on peut acheter de l’alcool ! J’allais au Rex Club tous les vendredis. Et puis j’ai commencé à faire des tournées, c’est si fatigant. Vous ne pouvez pas imaginer cette sensation d’être si fatiguée que la seule chose que vous voulez faire, c’est rester allongée au lit et lire un bouquin et pourtant vous devez aller à une fête. C’est un sentiment horrible.

Vous êtes sortie où ces dernières semaines ?

Je suis allée à l’afterparty de LCD SoundSystem. James Murphy, c’est mon putain de héros. Je l’adore. Au festival Sonar, à Barcelone, je fais leur première partie, j’ai hâte.

Votre héros, pourquoi ?

Il est génial. Il fait une musique électronique chantée très émouvante. C’est pas seulement « Party ! Party ! Party ! ». Et la chanson "Someone Great"est très associée pour moi à une rupture amoureuse difficile.

Vous êtes parfois DJ ?

Je l’ai fait à la Gucci Party à Londres en avril dernier. Je le fais rarement et heureusement, j’ai des amis pour m’aider.

Que jouez-vous ?

The Specials, Dead Prez, Joy Division, Biggie, Siouxisie & The Banshees, un mélange de vieux rock et de hip-hop.

Vous avez même repris "Kong Kong Gardens" de Siouxisie & The Banshees dans votre album….

J’adore cette chanson. Ça me surprend que peu de personnes la connaissent. Et puis, je suis allée à Honk Kong, c’était une coincidence amusante.

D’être mère, ça a changé des choses ?

Absolument. J’avais 21 ans quand je l’ai eu. On doit grandir très vite. Je crois qu’un enfant est la seule chose qu’on peut aimer davantage que soi-même. On change tout pour cette personne. C’est la seule personne pour laquelle vous renonceriez à tout. Je dois prendre soin d‘elle, je pense déjà à sa scolarité. Puis maintenant qu'elle est là, je ne sors plus quand je suis à la maison. Je suis en tournée trois fois par semaine alors quand je suis chez moi je préfère rester avec ma fille.

Vous avez un bébé. C’est compliqué de faire une tournée en même temps ?

Vous ne pouvez pas imaginer. Je crois que ma fille pense que sa nounou est sa mère… C’est horrible. J’ai dû partir pendant trois semaines et quand je suis rentrée, elle ne m’a pas reconnue. C’était le pire sentiment que j’ai jamais connu. J’ai l’impression d’avoir manqué un cinquième de sa vie. Mais hier, elle était malade, donc elle a dormi avec moi, elle m’a réveillée, elle faisait un grand sourire. C’est le plus bel enfant au monde.

Quel est son prénom ?

Henrietta. J’aime les prénoms démodés et les prénoms de garçon pour les filles.

Vous avez donc des projets pour elle ?

Il faut être prêt. C’est le futur de quelqu’un qui dépend de vous. Cela dit, d’être mère m’apporte un équilibre. C’est tellement loin des concerts et des tournées.

Parlons de votre album, "Sex, Dreams and Denim Jeans"...

C’est une chronique de ma jeunesse, un chapitre qui s’achève. Le sexe est une partie importante de l’adolescence, rêver aussi. L’album résume toutes ces expériences.

Votre album évoque aussi les relations amoureuses...

L’amour, c’est très important pour moi.

C’était comment la collaboration avec Mirwais ?

Incroyable. J’ai travaillé récemment avec lui sur de nouvelles chansons. Mon album a pris tellement longtemps à se faire. Autant commencer maintenant pour le second ! On s’est rencontrés dans une boite. J’étais fan de lui et de ce qu’il a fait pour Madonna. Je traversais une rupture amoureuse. Je me demandais pourquoi ça me faisait si mal. Il m’a beaucoup écouté. Au départ, on a enregistré un morceau ensemble. C’était "Illusion of Love". Et comme ça marchait bien, on a continué. C’est un plaisir de travailler avec lui. Il n’est pas accroché à sa musique, donc on peut faire des suggestions. Il n’y a pas de clashs d’ego, ce qui est rare dans la musique.

Et le travail avec le label Ed Bangers ?

Avec eux, c’était plus des échanges de fichiers. Avec Mirwais, on s’asseyait avec une guitare. Une belle expérience.

Avec Pharell, ça s’est passé comment ?

On a fait une fête ensemble au Japon quand j’avais 19 ans. Quand j’étais ado, c’était un de mes artistes préférés. Quand je créais ADD, je savais que je voulais un rappeur. C’était mon choix idéal. Je ne pensais pas que cela arriverait. Et si !

Comment vous écrivez les paroles ?

J’écris à la dernière minute. J’aime la pression.

Vous aimez votre voix ?

Je commence à l’accepter. Beaucoup de personnes l’aimaient, je la détestais. Maintenant, je commence à la comprendre. C’est comme un muscle, il faut l’entraîner. Chaque personne possède une tonalité. Je chantais des chansons qui n’étaient pas dans la mienne ! Quand il produit, Mirwais pense beaucoup à la voix, à ce qui va marcher pour moi. Sur ses morceaux, ma voix me paraît complètement différente. Je l’aime davantage. Pour les concerts, je la travaille. Parce que si vous n’avez pas la bonne note au début d’un morceau, vous vous plantez. Et en live, il n’y a qu’une seule prise !

 

Sex, Dreams and Denim Jeans :


Vous aimez vous produire en live ?

Davantage, maintenant que j’ai un groupe avec moi. Quand on fait les premières parties seule sur scène lors de festivals, c’est difficile. On ne sait pas quel morceau va jouer le DJ après. J’étais terrifiée. Maintenant, comme le groupe et moi on a répétés ensemble, je me sens plus à l’aise.

Vous n’avez pas le trac avant de rentrer en scène ?

Oh si ! Mais je ne vomis plus maintenant !

Quand êtes-vous contente d’un concert ?

Jamais. Je suis quelqu’un de perfectionniste. Je me dis toujours que ça aurait pu être mieux.

Que faites-vous après le concert ?

J’avais l’habitude de ramener des personnes à l’hôtel pour des after-partys. Maintenant, je dois me lever à 9h du matin et rencontrer des journalistes. Alors, je vais me coucher. C’est dingue, j’ai vraiment un emploi du temps très chargé. On est dans le speed jusqu’à ce qu’on arrive sur scène. Les gens crient : « On t’aime, on t’aime », puis on rentre à sa chambre d’hôtel et on est si seule. Cette solitude, personne ne peut comprendre à moins de l’avoir vécue.

Recueilli par Lil' Joe

12:40 Publié dans Electro, Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : uffie

17/05/2010

Un rock qui nous rend Foals

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Foals - Total Life Forever (J'AIME : A la folie)

* Qui ? Cinq Britanniques qui avaient affolé la planète rock en 2008 avec un album fougueux, "Antidotes", produit par David Sitek des TV on the radio. Ils reviennent avec un deuxième essai plus long en bouche, "Total Life Forever".

* Genre ? Pop rock enlevé et inspiré.

* MySpace de l'artiste : Foals.


Total Life Forever :

* Le disque ?

On trouve au coeur de "Total Life Forever" un des plus beaux enchaînements entendus cette année. La tension monte doucement tout au long de "Black Gold". Le morceau s'ouvre tranquillement par une rythmique répétitive et d'entêtants accords de guitare. La mélodie se déroule accompagnée de quelques choeurs. Et d'un coup, la mécanique se bloque sur le riff de guitare répété à l'envie comme si le disque était rayé. La rythmique accélère. Les guitares suivent. La mélodie repart. Transformée. Comme chargée d'électricité. Sur le final, la tension monte encore d'un cran sans exploser. Derrière, nous voilà plongé sous le soleil dans le désert. Comme écrasé par une chaleur de plomb. "Spanish Sahara" s'ouvre par une rythmique toute lente et la voix toute posée et douce du chanteur Yannis Philippakis. La mélodie accélère lentement au fur et à mesure que la chanson avance. Puis l'explosion attendue arrive. La guitare électrique démarre. D'un coup. Suivie d'une deuxième. Toute la tension accumulée se déverse là dans le désert.

Tout l'album fonctionne ainsi. Sur ses incessantes variations de rythme. Foals nous emmène dans de véritables montagnes russes aux structures complexes. Les voix sont ici davantage mise en avant que dans le feuilleté sonore concocté par David Sitek pour "Antidotes". Les cuivres reléguées à la cave. L'explosivité constante du premier disque laisse place ici à une direction plus pop, toujours bercée de quelques touches d'électroniques. Les mélodies sont plus évidentes comme sur le très court "Fugue" et le chant de Yannis Philippakis, plus clair. Invitant l'auditeur à reprendre les refrains du groupe en choeur. Les sons de guitare sont également plus guillerets, portés sur la création d'un groove blanc qui donne par moments sacrément envie de se déhancher. Tout le disque baigne ainsi dans un espace sonique amniotique bercé de lumière, à l'image de la pochette du disque. Entre le ciel, l'eau et la terre. Dans ce véritable paysage, on se sent bien. Au chaud. Tous les sens en éveil. Venez-y.

KidB

Spanish Sahara :

 

* L'anecdote ? Après David Sitek, c'est ici Luke Smith, ancien membre du groupe Clor, qui se colle à la production de "Total Life Forever". L'album a été enregistré en Suède. Un CD bonus propose des boucles et bouts de mélodie qui ont donné naissance au disque.


Miami :

13:45 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : foals

03/05/2010

Cocorosie : "Pour nous, la musique est le langage des anges"

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On les avait connu en 2004 dans leur baignoire pour "La Maison de mon rêve", les sœurs Casady se jettent aujourd'hui à la mer pour "Grey Oceans". Un horizon à la hauteur de l'indéniable créativité de Cocorosie, mêlant toujours avec aise piano, bruitages électroniques, influences pop ou hip-hop et chant classique. Ludiques, émouvantes, spirituelles, leurs nouvelles aventures discographiques ont décidément tout pour plaire.

 

Vous sortez votre quatrième album « Grey Oceans ». Comment s’est passé l’enregistrement ?

Sierra : A fin de la tournée, on est allé en studio. Et on a commencé à jouer. De manière tres spontanée. Il en est sorti une grande éruption d’une quinzaine de chansons. On était très excité du résultat. On pensait enchaîner vite, mais, après quelques mois, on avait quarante chansons. Il nous a fallu un peu de temps pour réfléchir, faire le tri, jeter des choses. Rester au calme.

Comment se passe cette phase créative ?

Bianca : On essaie de réagir à nos propres idées, de construire des choses.

S. : D’exprimer les choses les plus extrêmes que l’on a en nous. Jouer avec nos voix pour explorer ce que l’on ressent à ce moment là, les émotions que l’on porte en nous. Donner voix à des choses très abstraites. Après dans un deuxième temps, il faut voir si ce qu’on a trouvé a du sens. Les choses les plus justes.

Beaucoup de choses sont mises de côté ?

S. : Il y a des chansons cachées, qui attendent qu’on les découvre. Pour chaque disque, on essaie de repartir à zero. Il n’y a qu’une chanson qui vient de sessions plus anciennes. De notre première rencontre avec notre pianiste Gael [Rakotondrabe]. La première fois, on s’est retrouvé sans se connaître comme pour un blind date et on a fait que jouer. Là, on a commencé « The Moon asked the crow ». La premiere chanson sortie de nos nouvelles sessions est « God has a voice, he speaks to me » que l’on a sorti l’an passé sous forme de single.

Votre univers musical a des fondations solides…

S. : J’aime à penser qu’avec Bianca, on a développé des styles de communication à travers nos procédés créatifs. Ca nous a soutenu et nous a permis d’ouvrir notre petit monde à des collaborateurs. Mais notre manière de travailler reste pour nous un mystère. C’est dailleurs quelque chose d’important à mes yeux. Tout comme le fait qu’on a appris des choses nouvelles sur nous-mêmes.


Lemonade :

Vous aimez mélanger les styles…

B. : C’est quelque chose qui était là dès le début. Pour nous, c’est la meilleure manière de faire, la plus évidente.

Sur « Grey Oceans », les parties de piano sont très riches…

S. : Gael a ouvert de petits portails qui nous amené vers de nouvelles choses.

Le disque joue beaucoup des contrastes de voix, de textures…

B. : C’est un peu comme la théorie des couleurs. Il faut sentir les bons arrangements. Les bonnes vibrations. Collé à des sons électroniques, le piano révèle sa nature organique, son « bois ».

Le disque utilise aussi davantage l’électronique…

B. : Au départ, on avait fait le choix d’explorer à fond cette direction. D’aller vers quelque chose de plus dansant. On le voit bien sur le single sorti l’an passé. Puis on a décidé de revenir à quelque chose de plus intemporel, de plus ancien.

Votre musique est très spirituelle…

B. : Pour nous, c’est par la créativité que l’on peut atteindre dieu. Une de nos quêtes principales est la vérité. Ce n’est pas quelque chose de simple à définir. On essaie de capter l’essence des choses et de la traduire en musique.

Capter quelque chose de magique ?

B. : Ou du moins quelque chose qui amène à la magie, fait travailler l’imagination, ouvre de nouvelles portes.

Quand on passe des heures et des heures sur une chanson, comment en garde-t-on la magie ?

B. : Parfois, nous ne travaillons pas comme ça. Certaines chansons se développent rapidement. Au cours de l’enregistrement, chacune se révèle, a son moment. On a d’un coup l’idée de ce qu’elle doit être. On ne peut pas contrôler les choses. Ca se fait tout seul. Les chansons ont une vie bien à elles. La musique touche tellement de monde. Une fois qu’elle est mise à disposition. C’est intéressant. Mais nous, on ne peut pas expliquer ce qu’il se passe après. Nous sommes juste celles qui envoyons les flèches. Vers le monde.

Vous aviez été surprise de l’enthousiasme suscité par votre premier disque ?

B. : C’était un choc pour nous. Sans cela, on aurait continué à être créative, mais peut-être pas dans la musique. On a été guidé par cet enthousiasme.

Vous avez l’impression de progresser, de disque en disque ?

S. : Il y a des choses sur lesquelles on a régressé. Il y a des gains mais aussi des pertes.

B. : On adore composer de la musique. Etre en studio. Jouer avec les instruments, les machines. On pourrait y passer toutes nos journées. C’est si excitant de se dire qu’à la fin de la journée, on a une chanson qui n’existait pas du tout la veille.


Hopscotch :


Comment situez-vous la musique dans cet ensemble créatif ?

B. : La musique est l’art le plus fun. Beaucoup d’artistes multimédias vous le diront. Pour nous, c’est aussi le langage des anges, ces derniers faisant le lien entre les hommes et dieu. Dans une époque si matérialiste, l’aspect métaphysique de la musique est primordial. Puis avec les nouvelles technologies, le partage est plus facile. C’est extraordinaire de voir comment aujourd’hui, des groupes très underground arrivent à toucher des gens avant même d’avoir sorti un album.

Vous avez l’impression de vous construire contre notre époque ou avec ?

B. : On essaie de vivre avec notre époque. Après nos valeurs ne sont pas toujours celles de nos contemporains. On recherche l’isolement, la nature. Pas à être connecté au monde en permanence. Certaines personnes aiment regarder des DVD pour passer le temps, nous on préfère observer le feu, la rivière. S’aérer l’esprit.

Vos chansons s’appuient beaucoup sur des éléments de fantaisie ?

B. : Oui. Il y a beaucoup de fantaisie. On aime s’imaginer à d’autres époques, voyager dans le temps.

Le morceau « Undertaker » s’ouvre par la voix de votre mère…

S. : Elle chante au début et à la fin. Comme une ouverture vers un autre temps. L’imaginaire du poème qu’elle récite est médiéval. Avec des chateaux, des incendies et des papillons géants.

B. : Le poème de notre mère a servi de racines. C’est lui qui a nourri la chanson.

Qu’exprime pour vous le titre « Grey Oceans » ?

B. : Pour nous, Grey Oceans évoque une image plutôt calme. Un état de conscience entre le sommeil et le réel. Comme quand on a conscience de ses rêves. C’est dans ce lieu que l’on aime cultiver notre musique. On aime voir les choses peu différemment des autres.

C’est important que le disque reflète des émotions très variées ?

B. : On a tendance à aller dans cette direction, à vouloir présenter un spectre assez large de choses. On se dit parfois qu’on devrait faire un disque qui ne donnerait qu’une même humeur. Mais on n’y arrive pas.

S. : Ca va aussi avec notre approche de la poésie. On aime jouer sur les contrastes. Comme parler de la mort de manière douce.

Il y a aussi dans votre musique quelque chose de ludique…

B. : Nos humeurs sont très variées quand on compose. Ca peut être complètement délirant à un moment puis cathartique à d’autres.

Comment a évolué votre relation à toutes les deux ?

B. : On est des balles de ping pong projetées dans tous les sens. C’est dur de faire le point. On est très différente. Sierra est quelqu’un de très perfectionniste. Moi, je suis plus chaotique. La perfection m’intéresse peu.

Antony me disait l’an passé qu’il était très envieux de votre créativité…

B. : On doit se sentir isolé quand on est un artiste comme lui. Il n’a pas de partenaire avec qui échanger. Etre deux nous aide à maintenir cet état de créativité, d’ouverture.

Est-ce que vous voyez Cocorosie comme un foyer ?

B. : Ca arrive que l’on ressente les choses comme ça.

S. : Un foyer que l’on essaie de fuir. Sans y arriver.


Fairy Paradise :


Et comment se prépare la tournée ?

B. : La préparation de la tournée est horrible.

S. : Nous sommes tellement désorganisées. Nous ne voulons pas travailler. On n’aime pas ça.

B. : On veut juste jouer de la musique. Mais là, il y aura plus de monde avec nous cette fois. Ca demande plus de préparation, plus d’échanges.

Vous travaillez sur un film ?

B. : Ca fait partie de nos projets. C’est un peu plus traditionnel que ce qu’on a pu faire à côté. On a tourné beaucoup d’images, mais il y a encore pas mal de montage à faire. Je ne sais pas s’il verra le jour ou si on le laissera sur une étagère, prendre la poussière.

Recueilli par KidB

17:39 Publié dans Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : cocorosie

01/04/2010

Alizée : "Je ne peux pas faire tout le temps des choses très colorées"

Alizée-Camille-Vivier-05.jpg

L'ex-lolita poursuit sa mue. Avec son nouvel album «Une enfant du siècle», ­Alizée se réinvente en muse électro-pop plongée dans le New-York des années 1960. Le résultat d'une rencontre fructueuse avec le label électro Institubes. Rencontre.

Votre nouvel album «Une enfant du siècle» est née de la chanson «Fifty-Sixty» sur le précédent...

«Fifty-Sixty» était le deuxième single de «Psychédélices», écrit par le parolier Jean Fauque [collaborateur notamment d’Alain Bashung]. J’ai donc cherché à en faire des remixes. David Rubato, un des producteurs du label Institubes, en a envoyé un différent des autres. Pas du tout destiné aux clubs. C’était une nouvelle chanson. Les arrangements étaient un peu modifiés, le rythme ralenti, il avait rajouté des voix. J’ai donc fait un clip en reprenant sa version. Et rencontré Jean-René Etienne, le patron du label Institubes. De là, on est parti sur l’idée de faire un mini-album de transition, de cinq titres, autour du concept d’une jeune fille qui rencontre Edie Sedgwick, connaît la Factory et cette époque d’Andy Warhol. Du coup, j’ai rencontré les autres producteurs, Château Marmont, Rob, Para One. Qui finiront sur «Une enfant du siècle».

Au final, on se retrouve avec un véritable album…

Les chansons se sont multipliées et on a pu faire un vrai album de dix titres tout en gardant le concept de départ. Je voulais faire un album différent, d’un album classique et autobiographique. Il s’écoute comme un roman où chaque chanson raconte une histoire qui a vraiment sa place dans le track-listing.

Comment s’est passée la collaboration avec les producteurs ?

On est parti du remix de «Fifty-Sxity». Chaque producteur s’est inspiré de ça et était à l’écoute du travail des autres pour qu’il y ait une vraie cohérence entre les titres et que l’histoire soit là. J’ai reçu au fur et à mesure des chansons, quasiment terminées. Il ne manquait plus que la voix.

Il fallait ensuite se les réapproprier…

Oui, ce n’était que des maquettes avec une autre voix pour fil rouge ou simplement la mélodie au piano. Il fallait ensuite que je pose ma voix. Que j’y intègre mon univers. Le deal de départ, c’est que je ne voulais rien changer dans ma façon de chanter, dans ce que je suis. Après, c’est l’histoire d’une rencontre, d’un échange. Moi, mon chemin est tracé. Je sais ce que je voulais faire. Après eux ont apporté leur couleur, leurs sons, sans rien m’imposer. Je voulais faire un album de variété pop. Que les gens me reconnaissent.

On retrouve dans «Une enfant du siècle» des choses que vous aviez déjà commencé à mettre en place sur «Psychédélices», comme le parlé-chanté…

«Psychédélices», c’était le premier album que je produisais. J’ai pu choisir les choses, les personnes avec lesquelles je voulais travailler. Mais il y a forcément des imperfections. Même si j’étais bien entourée d’artistes avec de forts univers comme Bertrand Burgalat, Daniel Darc, Oxmo Puccino... L’approche était plus éclectique alors que là tous viennent du même endroit.

L’éclectisme de «Psychédélices» a pu dérouter ?

Peut-être. C’est vrai que le public français est vite déstabilisé. Aux Etats-Unis, et même dans d’autres pays, les artistes passent facilement d’un style à l’autre. Nelly Furtado, on l’a connue avec un album folk et elle est revenue avec un disque rap produit par Timbaland. Et les gens aiment et suivent. En France, c’est plus compliqué. Il ne faut pas lasser son public, ni le dérouter.

Peut-être que l’accumulation d’albums rendra les choses plus lisibles aussi à un moment…

Oui. Après, je pense aussi que j’ai grandi. On m’a connue j’étais très jeune. J’avais 15 ans. Et les gens ont eu du mal à me voir grandir. Vanessa Paradis, on l’a longtemps considérée comme une enfant et on lui a longtemps reparlé de «Joe les Taxi». On doit lui en reparler encore même. Moi, j’ai vécu un peu la même chose, même si les gens commencent à comprendre que j’ai dix ans de plus. Mes envies, mes goûts changent. Et on le ressent à travers la musique et à travers l’image.

Tu gardes quoi de toutes ces années d’apprentissage ?

Ca a été une très bonne expérience pour moi. Je pense que j’ai été à la meilleure école française. Mes producteurs [Mylène Farmer et Laurent Boutonnat] m’ont quasiment tout appris. Je n’aurais jamais pu produire mes disques si je n’avais pas travaillé avec eux. Mais à l’époque, l’image était déjà créée avant que je les rencontre. «Moi Lolita» était déjà écrite. Ils étaient auteurs-compositeurs. Tout était géré par eux. Maintenant, je n’ai besoin que de faire appel à des producteurs de musique. Là, je choisis les vêtements que je veux porter, les différentes éditions du disque. Mon rôle sur ce disque se rapproche un peu de ce que faisaient mes premiers producteurs. Déterminer une direction, une image. Tout contrôler. Après Institubes est compositeur de l’album.


Fifty-Sixty (David Rubato remix) :


En quoi l’univers de la Factory, de ces années là vous touche ?

Quand Jean Fauque m’a proposé le texte de «Fifty-Sixty», ça m’a attiré parce que j’ai toujours aimé Andy Warhol, la mode, New York. Puis on m’a proposé de faire un album concept autour de ça. Je trouvais intéressant de faire un album différent. Surtout autour de la figure d’Edie Sedgwick qui inspire une partie du disque qui est totalement à l’opposé de moi. Elle est morte à 28 ans. Moi, j’en ai 25. Elle était beaucoup dans la drogue, tout ça. C’était aussi l’occasion de parler de la Factory. De voir que tous ses artistes n’ont rien perdu de leur aura aujourd’hui. On continuera toujours à en parler. C’est quand même fascinant.

J’ai un peu l’impression qu’il y a à la fois la volonté de faire un album très contemporain et hors du temps…

J’ai voulu faire un album moderne. Qu’il marque les années 2010 comme «Lolita» a pu marquer les années 2000. Après il y a pleins de sons des années 1980. On peut mélanger pleins de chose. Mais il faut vivre avec son époque.

Il y a aussi l’esthétique de la pochette avec le noir et blanc…

Moi, j’aime beaucoup le noir et blanc. Les polaroids. J’aime les choses uniques. On ne développe plus les photos comme on n’achète plus de disques. C’est des choses qu’on perd et ça me dérange un peu.

Comment avez-vous abordé les textes ?

Je trouve les textes de Jean-René Etienne, qui dirige le label Institubes, du niveau de ceux de Mylène Farmer, qui est pour moi une référence. Le seul qui pouvait passer après elle pour moi c’était Jean Fauque. C’est le maître de l’écriture poétique. Il n’y a qu’à voir son travail pour Alain Bashung. Jean-René Etienne va bien dans ce style-là. Et je ne voulais pas écrire les textes moi-même. Et je ne voulais pas que les paroles ressemblent à ce qu’un enfant ou un ado aurait pu écrire. Il est important pour moi que dans mes disques il y ait une certaine lignée d’auteurs qui ont une façon d’écrire.

Il y aussi une forme d’humilité…

Je ne me vois pas chanter des choses simples. C’est une façon de se protéger aussi. Je n’aime pas parler de moi, étaler ma vie. Que les choses soient complexes, racontées à travers une histoire, ça m’arrange.

La difficulté c’est de s’y retrouver, de s’y exprimer…

Là forcément il y a quelques mots, quelques phrases de moi. Mais on me retrouve beaucoup moins que sur les autres albums.

Le disque dégage une forme de romantisme

Plus que sur les autres, mais c’est normal j’ai 25 ans. Je suis plus adulte qu’avant. Le côté romance apparaît plus.

Le disque explore aussi des choses plus sombres…

Je ne peux pas faire tout le temps des choses très colorées. Etre souriante. Ca n’existe pas les gens qui sont tout le temps comme ça. Je suis très heureuse, très épanouie mais il y a des jours où je n’ai pas envie. Où je suis plus mélancolique. Ca se ressent plus dans cet album.


Alizée - Limelight :


La Factory, c’est aussi les lumières qui éblouissent et peuvent corrompre. Ce sont des choses dont vous essayez de vous préserver…

Je ne me montre que quand j’ai quelque chose à proposer musicalement. Dès que la promo est terminée, ça n’a aucun intérêt que l’on me voit. Il faut bien faire la part des choses.

Il y a forcément aussi quelque chose de ludique à entrer dans cet univers…

On a d’abord la chance de faire un métier qui est d’abord une passion. Pour moi, tout ce qui artistique est ludique. Pour les prochains albums, je veux continuer à rencontrer des gens qui vont m’apprendre des choses. L’électro, je ne connaissais vraiment pas avant. Du coup, j’apprends, je découvre. C’est passionnant.

Les producteurs vous ont fait découvrir des artistes ?

Pas pour le disque. Ils s’en foutent de ça. Ils ne veulent pas que j’ai une certaine culture musicale. Ils sont juste venus à ma rencontre le temps de ce projet.

Il y a un côté un peu Gainsbourg sur le disque…

C’est un héritage assumé. Le remix de «Fifty-sixty» de David Rubato était très Gainsbourg. J’aurai adoré travaillé avec lui. Ca reste une référence pour beaucoup de gens.

Il avait la même démarche de s’intégrer dans différents univers musicaux…

Et il le faisait bien. Les gens ont suivi. Peu de personnes ont une même démarche aujourd’hui.

Il y a aussi une constante sexy dans sa musique comme dans la votre…

C’est vrai mais ce n’est pas forcément réfléchi. Il y a des choses qui se font naturellement.

Au-delà des chansons, on sent chez vous la volonté de mettre en avant un univers…

C’est ce que je veux. Faire rentrer les gens dans un univers, les faire voyager. Les gens écoutent de la musique pour se détendre, donc c’est important.

Qu’est-ce que vous a apporté votre réussite à l’étranger ?

Une certaine fierté. De pouvoir voyager, rencontrer des gens qui connaissent mes chansons même si elles sont en français et qu’ils ne parlent pas la langue. J’espère que ça va durer. Après c’est que du bonus pour moi. Je ne pense pas à ça en faisant les choses. J’essaie d’abord de me faire plaisir puis mon principal public est ici. En France. Là, je chante une chanson en espagnol, d’autres en anglais, mais c’est plus pour le clin d’œil. Et un concours de circonstances. La femme de Rob est espagnole. Adanowsky, son meilleur ami qui a écrit les paroles, vit au Mexique. Pour l’instant, je n’ai vraiment pas envie de faire un album tout en espagnol ou tout en anglais. Pour ce disque, ça m’a juste amusé de le faire.

 

Alizée - Factory Girl

 

Le disque est très produit. Comment comptez-vous l’adapter pour la scène ?

On veut garder quelque chose de très proche. De très produit, de très électro.

Ta démarche se rapproche plus de celles d’artistes étrangers…

Les gens prennent moins de risques en France. Une des rares qui le fait c’est Vanessa Paradis, collaborant avec Gainsbourg, Lenny Kravitz, M... Il faut toujours avoir le souci de proposer quelque chose de neuf. Après c’est à moi de bosser.

Pas compliqué d'avoir commencé avec un si gros succès ?

Non. One ne pourra pas faire plus gros que «Moi, Lolita». Aussi bien peut-être, mais le marché du disque a beaucoup changé. Aujourd’hui, j’essaie juste de faire les choses bien. Le marketing, tout ça, ce n’est pas mon boulot, c’est celui de la maison de disque. Moi, j’emmène un produit fini avec des chansons, une histoire, mon image. Puis le public a le dernier mot.

L’an passé, Sébastien Tellier a sorti un album un peu dans la même couleur musicale…

Rob a bossé dessus d’ailleurs. Moi, ce n’est pas ce que j’écoute. Dans mon iPod, il y a surtout des choses très populaires : Gorillaz, Madonna, Michael Jackson, Gainsbourg… Mais bon, branché, mainstream… ce sont des choses qui ne veulent plus dire grand-chose. Il y a des gens qui font une musique de qualité et les autres, c’est tout. C’est très français de cataloguer les gens. Château-Marmont, si les gens les connaissaient, ils seraient très connus. Parce qu’ils font de la bonne musique.

Recueilli par KidB

10:32 Publié dans Electro, Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (459) | Tags : alizée

12/03/2010

Gorillaz : "Rhum, sodomies et abordages. Rien à jeter là-dedans"

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A l'occasion de la sortie de "Plastic Beach", troisième album de Gorillaz - le groupe créé par Damon Albarn et Jamie Hewlett, interview de Murdoc, son bassiste et leader bien virtuel.
     

Après la dernière tournée, les membres de groupe sont-ils allés en cure de désintox ?

Rehab ? No ! No ! No ! En fait, après le concert à New York en 2006, j’ai décidé que j’avais besoin d’un break. Pour moi, la porte s’est refermée sur Gorillaz ce soir-là. J’étais écœuré par le goût et l’odeur que dégageait le groupe. J’avais besoin d’un long week-end loin de tout. Et je me suis débrouillé pour qu’il dure trois ans.

Je pense que je voulais juste purger mon âme de tout ce qui concerne Gorillaz. L’album « Demon Days » a été comme un long tunnel pour nous tous. Je crois qu’aucun autre groupe n’a réellement expérimenté les singeries ennuyeuses que nous avons traversées. Exorcismes, tentatives d’assassinats, la Grande Faucheuse, collaborations avec Madonna, îles flottantes, Black Clouds… et cet idiot de 2D.

Noodle a disparu et nous n’avons plus de ses nouvelles depuis qu’elle a été descendu dans le clip de « El Manana ». Tout comme Russel qui avait déjà connu quelques problèmes de santé mentale par la passé et ce n’est pas la première fois qu’il déserte. 2D, lui, est toujours dans les parages. Je n’arrive pas à me débarrasser de cette glue, il est pire que l’herpes.

 

Quand avez-vous ressenti le besoin de retourner en studio ?

C’était aux alentours de mai 2007.J’ai commencé à penser qu’il était temps d’assembler de nouveaux morceaux de Gorillaz. Mes poches étaient vides, j’avais une inflammation du foie mais ma tête et mon cœur étaient pleins de grands projets et de plans complexes  pour une nouvelle charge de Gorillaz. Le box office est rempli de pacotille.

« Demon Days » a été bien rentable et j’ai tout investi dans des stupides compagnies de téléphones portables et sur des projets de construction de pyramides. J’ai acheté un lot de pyramides à Gizeh, en Egypte à un certain Bernard Madoff. Les contrats n’étaient pas pires que le parchemin sur lequel ils étaient imprimés. Mais Madoff s’est tiré avec l’argent.

Je me suis aussi lancé sur le marché de la vente d’armes. C’était sympa ! J’ai battu en retraite quand j’ai rencontré certains… clients non satisfaits. Un groupe de pirates baptisés Les Nuages Noirs étaient mécontents parce que je leur avais vendu de la camelote. J’essayais juste d’apporter ma contribution pour construire la paix mondiale en leur donnant des armes qui ne fonctionnaient pas. Mais ils sont après moi maintenant. Tout ce que je pouvais faire était de fuir, et vite. J’ai tout essayé pour vendre nos studios, Kong. Mais même en le mettant en vente sur www.immensestudiohantéhorsdusageaumilieudenullepart.com, je n’ai pas trouvé preneur. Alors j’y ai mis le feu et j’ai touché l’assurance. Mouahahaha. Parfois, il faut brûler le passé pour construire un nouveau futur. Des cendres des studios Kong, Plastic Beach a surgi tel un gros cygne dégeu.

 

Quels genres musicaux vouliez-vous explorer dans cet album ?

Mmm… Subcore, bluegrime, electrowazzle, grindgrass, paper folk… Bon, je plaisante (Ma blague rend en français ?). Tu devrais écouter les chansons, mec. Elles te mèneront dans la bonne direction. Il n’y a jamais de plan prédéfini quand nous commençons un album de Gorillaz. Je veux dire, à part accomplir notre complète domination sur le monde.

 

Pourquoi être allé dans un endroit aussi reculé que Plastic Beach pour enregistrer l’album ?

Parce que les Nuages Noirs en ont toujours après moi. Je devais vraiment me cacher dans un endroit isolé. Quelque part où même Google ne pouvait pas me trouver. J’ai laissé derrière moi une piste semée d’embûche, un vrai bordel. Et Plastic Beach est le point le plus éloigné de tout. Parfait !

 

Ca vous a plu de transformer Lou Reed en un personnage de cartoon ?

Oui. Il n’y avait pas grand-chose à faire pour être honnête. J’ai grandi en écoutant Lou Reed et le Velvet Underground. Bon grandir, c’est peut-être pas le bon mot mais quand j’étais jeune quoi. J’adore ses albums solos « Magic Loss », « The Blue Mask » et « Transformer » bien sûr. Produit par Daviiiiiiid Booowwwieeeeee.

 

Vous avez piraté des radios et des sites internet pour faire la promotion de l’album. Ça vous plaît de vivre comme un pirate ?

Ouh ! Ah ! Bien sûr, j’ai toujours aimé ça. Rhum, sodomie et abordages ! Rien à jeter là dedans.

 

Après les « D-Sides » et les « G-Sides », il y aura-t-il un « J-Sides » ?

Non imbécile, i, C-Sides (seasides [le bord de mer en anglais]. Note à moi-même : ce gag ne marchera qu’en anglais). De nombreuses chansons enregistrées ces derniers mois ne sont pas sur l’album. Elles verront le jour à un moment ou à un autre.

 

« Plastic Beach » est-il votre dernier album ?

Disons que oui. Ne venait pas chialer après ça. Mais comme Destiny’s Child, je suis un « survivor ». Ce n’est pas le chapitre final des aventures de Murdoc Nicalls… J’aborde chaque enregistrement comme mon dernier… et mon premier.

 

Qu’allez-vous faire maintenant ?

Je pourrais bosser comme vendeur de fringues ou dans une mercerie. Ou peut-être dans un magasin de chapeau. Je dirais : « Quelle est votre taille, monsieur ? – Sept et un quart. – Bien, je crois que nous avons ça. » Je pourrais faire ce genre de choses.

 

Et un film d’animation ?

Oh, on nous a déjà proposé ça à l’époque de « Demon Days » mais avec ces gens-là, on ne fait rien d’autre que de parler. J’aime être le capitaine de mon propre bateau : Gorillaz, Navire de Sa Majesté. Et ça ne serait pas le cas avec un film. Mais quand « Plastic Beach » nous aura ramené pas mal d’argent, peut-être achèterai-je mon propre studio de cinéma. Ah ouais ! Ce sera un film de Grand Moghol ! Oublie le magasin de chapeau, c’est mon nouvel objectif de carrière maintenant !

 

Récemment, plusieurs groupes se sont séparés après un concert à Paris. Comment abordez-vous le fait de devoir jouer à Paris ?

Ouhouhou, j’ai peur… Non, sans rire, JE suis Gorilazz. Et même si j’ai très mauvais caractère, je ne peux pas me séparer de moi-même.

 

Que pensez-vous de la reformation récente de plusieurs groupes des années 1990 : Pixies, Pavement, Rage Against the Machine, Blur…

Ce que j’en pense ? Pas grand-chose. Même mon énorme cerveau a ses limites. Et si je pense aux « groupes des années 1990 », il n’y a plus assez de place pour le reste de mes activités mentales.

 

Au-delà des genres musicaux explorés et de vos nombreux invités, quelle est la vraie nature de Gorillaz ?

Oh mon Dien (en français dans le texte). C’est un peu trop métaphysique pour quelqu’un qui vient de commencer sa journée avec un rhum-cassis. Disons que notre vraie nature est… le mouvement. Nous sommes comme la mer qui s’étend autour de notre paradis de plastique : en mutation permanente, inexorables et inéluctables. Nous sommes i-n-é-lu-c-t-a-b-l-e-s.

Recueilli par KidB, ChapB et MajU

14:10 Publié dans Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (153) | Tags : gorillaz

 
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