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10/11/2009

Retro Stefson déplace des Montaña

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Retro Stefson – Montaña (J’AIME : Passionnément)

Peuplée de seulement 300 00 habitants, l’Islande est une terre musicale fertile. Outre Bjork et Sigur Ros, plusieurs groupes pop rock comme FM Belfast - que l’on retrouvera cette année aux Transmusicales de Rennes - tentent d’étendre leur influence sur le Vieux continent. Y parvenir est tout le bien que l’on souhaite à Retro Stefson, auteur d’un premier album enthousiasmant, « Montaña ».

Formés d’au moins sept membres, ces Islandais proposent une pop enjouée qui pioche aussi bien du côté d’une certaine fougue rock que d’une rigueur toute électronique. Ils ont à leur disposition guitares acoustiques et électriques, synthés, pianos, basse, batteries, boîtes à rythme et sonorités de flûte, d’accordéon et de xylophones et toute une panoplie d’onomatopées à reprendre joyeusement en chœurs.

Des paysages aux influences latines

Extrêmement varié, le résultat étalé sur treize chansons peut s’écouter comme une véritable invitation au voyage. Retro Stefson y affirme un goût pour les sonorités latines qui s’exprime par l’étendue des langues entendues (islandais, italien, espagnol…) et la passion pleine de vie qui habite l’enregistrement explicitement live. « Taelandi » nous emmène dans un bon vieux saloon là où « Elia » tient davantage du paysage bucolique.

« Montaña » peut surtout compter sur quatre pépites qu’on ne se lasse pas d’écouter en boucle. « Medallion » s’appuie sur un entêtant refrain tandis que « Paul is dead » est, lui, construit sur un riff de basse diabolique auquel il est très difficile de résister. Tout comme l’imparable groove de « Papa Paulo (re-edit) ». Quant aux 11 minutes 40 de «  Senseni », elles nous transportent au cœur d’un petit paradis d’abstraction électronique délicieusement répétitif et dansant. Le monde ne devrait pas rester de glace trop longtemps.

KidB

Medallion :

Paul is dead (live) :

Senseni (live) :

14:13 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : retro stefson

03/11/2009

Florence and the Machine à cœur ouvert

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Florence and the Machine – Lungs (J’AIME : Beaucoup)

Dans la famille des chanteuses pop britanniques à la Lily Allen et Kate Nash, je demande Florence Welch. La jeune femme, auteur d’un premier album, « Lungs », sous le nom Florence and the Machine, a suffisamment d’excentricité pour boxer dans la même catégorie que ses deux rivales. Sauf que plus que les mélodies composées au piano, synthé ou guitare, c’est ici la voix qui fait toute la différence.

Si l’album s’appelle « Lungs » (« poumons » en français), c’est d’abord que Florence a un sacré coffre. Son chant nourri à la soul - comme le montre la reprise du « You’ve got the love » de Candi Staton - se joue d’une impressionnante variété de rythmes et de tons, de vocalises éthérées au cri rageur. Au point que la voix de Florence Welch, poussée par des rythmiques percussives, s’épanouit tout au long des treize morceaux sur plusieurs couches superposées.

Amours intenses

Si l’album s’appelle « Lungs », c’est aussi qu’ici tout se joue du côté du cœur. Composé pour une bonne partie au moment d’une rupture, le disque donne à entendre l’amour dans toute son intensité. Les chansons de Florence Welch aux sonorités douces, et par moment très fines, ont une fichu tendance à s’emballer tels les chœurs entraînants de « Rabbit heart (Raise it up) » ou de « Drumming ». Le cœur de « Lungs » bat ainsi souvent très fort.

Et même quand le tempo ralentit, la violence reste là, à l’état brut dans les textes. « I took a knife and cut out her eye / I took it home and watched it wither and die », chante Florence sur le mélancolique « Girl with one eye ». L’amour se déclare ici aussi bien avec des poings (« Kiss with a fist ») qu’un cercueil (« My boy builds coffin »). Car seul et malheureux à en crever (« I’m gonna drink myself to death » sur « Hurricane drunk ») ou amoureux (« And when you kiss me / I’m happy enough to die » sur « I’m not calling you a liar »), l’issue est la même : la mort.

KidB

Drumming Song :

Kiss with a fist :

Rabbit Heart (acoustique) :

29/10/2009

Benjamin Biolay tient bon les cordes

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Benjamin Biolay – La Superbe (J’AIME : A la folie)

Vingt deux chansons. Plus d’une heure trente de musique. Benjamin Biolay livre avec le double album « La Superbe » une œuvre touffue qui synthétise parfaitement les chemins explorés par l’artiste depuis ses débuts en 2001 avec « Rose Kennedy ». On retrouve ici intacts cette maîtrise des cordes qui a fait la marque du chanteur et ce goût des arrangements soignées capables de visiter une multitude de territoires.

Paris, Buenos Aires, Normandie, Lyon. Pop, rock, jazz, rap, électronique. « La Superbe » s’ouvre à tous les horizons, nourrie de voyages, de musiques et de rencontres. Benjamin Biolay s’y fait tour à tour aimant, amer, mélancolique ou colérique entre ballades lumineuses et descentes aux enfers. Sa voix alterne ainsi parlé et chanté, agressivité et douceur, variant à l’envie les débits. De même, tous les niveaux de langages sont passés à la moulinette. On s’y fait niquer sa race avant d’être pris un peu plus tard d’un soufflet vaniteux.

Désenchantement amoureux

Si les mélodies composées à la guitare, au piano ou au synthé ont en partie gagné en légèreté, les textes eux restent très sombres. Avec « La Superbe », Benjamin Biolay se fait d’abord le chantre brillant du désenchantement amoureux. Vanité, jalousie, vice, alcool, violence, perte des illusions, tourments… Les maux se suivent et se ressemblent. Tragiquement. Tous décrits avec une troublante crudité. « Dès vingt heures trente / […] / Je n’ai pas de cœur, je n’ai que ma queue », clame le chanteur sur « Tout ça me tourmente ».

Benjamin Biolay met au passage plusieurs fois dans le mille. Passées les très belles envolées de « La Superbe » en ouverture, « Ton héritage » bouleverse avec sa description des tares de caractères léguées à un enfant. « Night Shop » raconte l’amour comme un soleil qui illumine la nuit. Quant à « Brandt Rhapsodie », chanté à deux voix avec Jeanne Cherhal, il suit un couple des débuts à la séparation à travers les petits messages laissés à la maison. Glaçant. Sur le second disque, « Assez parlé de moi » est une comptine électronique enlevée qui contraste avec et le pesant « Jaloux de tout » et le bien triste « raté » : « Jamais personne ne me rejoint / Personne / ni rien »…

KidB

La Superbe :

Padam / Night shop :

Lyon presqu'île / L'ombre et la lumière :

18:43 Publié dans Chanson, pop | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : benjamin biolay

24/10/2009

Tout sourit à Sourya

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Sourya – Dawdlewalk (J’aime : Passionnément)

S'essayer au lyrisme en matière de rock est un exercice très casse gueule. Beaucoup s'y sont essayés. Peu ont réussi à être pleinement convaincants. Et ce n'est pas les très nombreux détracteurs des Muse et autres Placebo (défendus ici même) qui vont me contredire. Alors quand on tombe sur des titres comme « The Ballad of star gigolo » et encore plus « Numéro 2 », on arrête tout sur le champ. Et on s'empresse de tirer son chapeau à Sourya.

Les Parisiens livrent avec « Dawdlewalk » un premier album rock impressionnant de maîtrise entre ballades joliment mélancoliques et appel de pied vers le dancefloor. Après la dispensable courte introduction « Drinking in your town », Sourya attaque ainsi tambour battant avec « Stockholm 1973 », ses guitares accrocheuses et ses rythmiques électroniques. « Unsuspected » enchaîne pied au plancher à coup de riffs de guitares, doucement d'abord puis en mode accélèré.

Humanoïde et robotique

Contrairement à ce que pourrait laisser son titre « Dawdlewalk », le disque ne lambine pas mais s'amuse à jouer de ruptures de tons et de rythmes histoire d'être bien sûr de gagner sur tous les terrains : l'organique et l'électronique. Un peu à la manière des corps humains et robotiques disséqués sur l'entraînant « Anatomy Domine » et sa mélodie répétitive jouée à l'aide d'un synthé.

La voix tendre, passionnée et délicieusement traînante du chanteur Sourya Voravong fait ensuite le reste. Elle nous embarque dans ses histoires de départs résignés et d'inadaptation au monde. « Little girl you never wish to stay », clame « Numéro 1 ». Disque des débuts, « Dawdlewalk » fait naturellement un sort particulier à l'enfance comme pour tourner une page dans la douleur : « Welcome to the monster that kill the child in me.» On vous l'aura dit, ce disque est une tuerie.

KidB

Anatomy Domine

Unsuspected (Live) :

Numero 2 (teaser) :

15:15 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : sourya

22/10/2009

Atlas Sound envoie le bon son

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Atlas Sound – Logos (J’AIME : A la folie)

Notre rockeur neurasthénique préféré, Bradford Cox, revient nous donner des nouvelles. D’excellentes nouvelles même sous la forme d’un deuxième album solo signé Atlas Sound. Le chanteur des géniaux Deerhunter livre avec « Logos » un disque porté par une énergie puisée dans le rock et l’électronique. A l’image du travail de ses deux invités Noah Lennox, le Panda Bear d’Animal Collective, et Laetitia Sadier de Stereolab.

C’est d’ailleurs en tournant avec Animal Collective que Bradford Cox s’est initié au sample. L’influence du combo américain se fait ici largement ressentir sur les textures complexes et liquides de « Logos » et, de manière plus éparse, sur quelques rythmiques portées sur le groove (fabuleux « Quick Canal »). Mais Bradford Cox reste plus aérien que ses comparses. Des titres comme « The Light that failed » ou « My Halo » sont avant tout de petites merveilles de pop éthérée et évanescente.

Des mélodies solaires

Le son d’Atlas Sound n’est, d’ailleurs, pas si éloignée de celui de Deerhunter. On retrouve ici l’enchevêtrement de guitares légères et accrocheuses qui a fait la marque du groupe originaire d’Atlanta. Un titre comme « The Orchid » aurait parfaitement eu sa place sur l’album « Microcastle ». « Logos » se fait ici solaire avec ses sonorités claires et cette voix plaintive aux intonations rêveuses. La joie communicative d’un « Sheila » nous envoie ainsi directement au septième ciel.

Pourtant, les thèmes abordés par Bradford Cox ont beaucoup plus à voir avec la nuit. « A dark night / We were never », clame le chanteur sur « The Light that failed » en ouverture. Par la suite, la fleur de « The Orchid » se meurt tout comme l’homme confronté au criminel qui lui demande pourquoi vit-il ainsi. Sur « Kid Climax » l’enfant se détache toujours un plus en grandissant. Cruel quand « No one wants to die alone » (« Sheila »). Allez, nous on t’aime, Brad.

KidB

Sheila :

Walkabout (featuring Panda Bear) :

Quick Canal (featuring Laetitia Sadier) :

16/10/2009

The Flaming Lips ravive la flamme

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The Flaming Lips – Embryonic (J'AIME : Passionnément)

Fer de lance du rock psychédélique dans les années 1990, The Flaming Lips semble aujourd’hui ne plus faire événement alors même que le genre n’a jamais été aussi prisé. Un comble pour ces amateurs de phénomènes paranormaux. Heureusement, la relève est là pour afficher son soutien (MGMT fait une apparition sur le titre « Worm Mountain »). Avec raison. « Embryonic » démontre une fois de plus que la bande à Wayne Coyne n’a rien perdu de sa créativité.

Fourre-tout de dix-huit morceaux long d’une heure dix, « Embryonic » explore deux directions opposées avec d’un côté des ballades pop sucrées et éthérées et de l’autre des morceaux rock tout en groove et en dissonances. Les premiers plébiscitent les harmonies vocales et de douces nappes de synthés. Les seconds donnent l’assaut à coup de guitares électriques et de roulements de batterie. Le groupe passe ainsi de l’un à l’autre ou fait de drôles de mélanges en toute liberté comme s’il laissait ses semis s’épanouir en terreau sauvage.

Les petits hommes verts

 « Pleasure and pain both get you high », clame le titre « Powerless ». La formule vaudrait presque ici valeur de manifeste. Disque à deux facettes, « Embryonic » adresse la question de la cohabitation du bien et du mal. Avec un net avantage pour ce dernier. « People are evil, it’s true / but on the other side / They can be gentle too / If they decide / But they don’t always decide » (« If »). Au fil des morceaux, un homme tire sur le soleil sans raison, l’aigle attaque le moineau, la feuille tombe et se meurt. Mais tout ceci est dans l’ordre des choses.

Sans verser dans un écologisme à la mode, « Embryonic » fait le tour de la nature de l’homme. Le ramène à sa place. Il est dans ces chansons comme dans la vie. Au cœur de la planète, des animaux, avec ses instincts pas toujours moraux. Le vrai ennemi est ici l’égo qui pense l’homme est bon et supérieur aux autres et ne peut s’épanouir que dans la destruction de ce qui l’entoure (« Ego’s last stand »). «Yes, yes, yes, killing the ego », conclut « Watching the planets ». Pour notre bien à tous, brûlons donc les dogmes. « There are no answers to find ».

KidB

I can be a frog (feat. Karen O) :

Worm Mountain (feat. MGMT) :

Watching the planets :

11:24 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the flaming lips

08/10/2009

François & The Atlas Mountains - Open plaine

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François and the Atlas Mountains – Plaine inondable (J'AIME : Beaucoup)

Il y a d’abord ce nom, intrigant. François and the Atlas Mountains. Ou la juxtaposition d’un prénom bien de chez nous et d’un imaginaire partagé entre le monde anglo-saxon et un ailleurs plus exotique. Renseignements pris, ce François a, en réalité, quitté La Rochelle pour rejoindre Bristol en Grande-Bretagne. Un port plus en phase avec les aspirations pop qui peuplent sa « Plaine inondable ».

Cette identité « polyphonique » colle parfaitement bien à la musique du bonhomme. Mêlant dans une même chanson mots français et anglais, François laisse vagabonder sa pop vers de grands espaces où s’expriment avec langueur de douces mélodies de piano, une guitare acoustique, une trompette, quelques claviers, un mélodica et de tendres arrangements de cordes. Les notes de pochette mentionnent aussi la participation plus inattendue d’une porte de garage.

Une pop teintée de classique

Plus que la mélodie, c’est ici la musicalité qui compte. François semble prononcer certains mots moins pour leur donner du sens que pour garder une certaine fluidité. Chaque note coule de façon limpide, cordes et piano ajoutant une dimension classique à l’ensemble. Sensuelle, la musique l’est d’abord par la présence de voix féminines sur plusieurs titres comme le chœur polyphonique basque qui accompagne « Nights = Days ».

S’il est beaucoup question d’eau tout au long du disque, de « Be Water (Je suis de l’eau) » à « Years of rain », « Plaine inondable » nous emmène surtout vers les rivages de rêves hantés par des amitiés et des amours passés. Des fantômes avec qui il faut essayer de faire la paix. « Dear friends, les jours qu’on mène en valent la peine », clame « Friends » en ouverture. Mais attention d’outrages en « otages », les mots que l’en perd en chemin savent aussi se transformer en maux. « Je regrette tout », seront ceux de la fin.

KidB

Be Water (je suis de l'eau) :

05/10/2009

Tout est Hockey

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Hockey – Mind Chaos (J'AIME : Beaucoup)

Après avoir écumé les festivals européens tout l’été ­– en France, on les a notamment vus à Solidays et aux Eurockéennes -, les Américains de Hockey profitent de l’automne pour tenter de faire fructifier leur succès. Les revoilà, cette fois-ci dans les bacs, avec « Mind Chaos », un premier album de pop rock réussi qui pourrait bien accroître un peu plus la popularité du groupe.

On retrouve sur disque l’énergie positive dégagée par la formation sur scène. Dès le morceau d’ouverture « Too Fake », la basse est mixée très en avant. Car ici, c’est le groove qui prime. « When I was young I always wanted to be black », chantera plus tard Benjamin Grubin sur un des titres de l’album. Batterie et beats électroniques se partagent le reste des rythmiques comme guitares et synthés travaillent de concert aux mélodies.

Un cocktail survitaminé

Véritables montagnes russes, les compositions de Hockey font preuve d’un intéressant éclectisme dans lequel ne cesse de se réinventer le chant de Benjamin Grubin. Les déambulations nocturnes de « 3 AM Spanish » et ses guitares syncopées rappellent les Clash quand « Four HolyPhotos » et son harmonica marche sur les traces de Bob Dylan. Quant à « Preacher », il s’ouvre sur quelques notes de piano telle une ballade gospel pour finir sur un déchaînement électrique.

A la manière des Britanniques de The Kooks, Hockey met surtout une bonne dose de pop dans son cocktail rock survitaminé. Les morceaux « Too Fake », « Learn to lose » ou « Song Away » bénéficient de refrains entêtants à reprendre en chœurs là où la musique pousse, elle, davantage à sauter sur place. Des pieds à la tête, Hockey a tout pour servir de base à un exercice physique complet.

KidB

Too Fake :

Song Away :

Learn to lose :

11:49 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hockey

02/10/2009

The XX, parfaits de A à Z

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The XX – The XX (J'AIME : A la folie)

La force tranquille. A l’heure où une bonne partie de la scène indie a décidé d’aller se vautrer sur le dancefloor pour la plus grande joie de nos guibolles, arrivent les Britanniques de The XX qui prennent tout le monde à contre-pied. Sérieux candidat au titre de meilleure révélation 2009, le quatuor londonien frappe un très grand coup avec son premier album éponyme totalement addictif, fusion élégante de pop, de rock et d’électronique qui ne dépasserait jamais les 70 km/h.

Etrangement calmes et sereines, les compositions de The XX ont l’esprit des productions de Danger Mouse. Simples en apparence, elles s’appuient sur un travail poussé sur les textures, chaque instrument étant utilisé avec économie mais toujours à bon escient. Les voix sont ainsi mixées très en avant, soutenues par des rythmiques électroniques pendant que synthés et guitares déploient leurs mélodies sous formes de motifs répétitifs jouées plus ou moins rapidement.

Voyage au bout de la nuit

Le chant posé et entremêlé d’Oliver Sim et de Romy Madley Croft donne un charme vénéneux à l’ensemble. Leurs voix dégagent une fragilité qui colle parfaitement à l’univers mélancolique du groupe. Inutile d’aller chercher une once de sexe dans les onze titres de The XX, chez eux la séduction passe à l’inverse par une opacité pleine de mystères qui souffle plus le froid que le chaud. La musique des Londoniens évoque d’ailleurs la nuit. Une nuit où deux ex-amants viendraient se retrouver entre tendresse et désolation.

Car les morceaux de The XX explorent de manière touchante des sentiments complexes comme la difficulté d’aimer l’autre, de trouver le bon rythme. « Do I have to keep up the pace / To keep you satisfied », s’interroge Romy sur « Crystalised ». Les bouleversants « Infinity » et « Heart skipped a beat » prennent le point de vue de personnages qui ont du mal à accepter la séparation avec l’être cher. Ils confessent : « Sometimes I still need you. » Alors autant ne pas de griller les étapes. « We can give it time / So much time », proclame « Stars » à l’heure du premier rendez-vous. Ouais. Nous, on coucherait bien avec The XX dès le premier soir.

KidB

Crystalised :

Infinity :

Heart skipped a beat :

17:35 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the xx

30/09/2009

Sexy Girls

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Girls – Album (J'AIME : Passionnément)

La sunshine pop californienne revisitée en mode shoegaze et lo-fi. A l’écoute du premier long de Girls, joliment intitulé « Album », on ne s'étonne pas d’apprendre que le groupe est originaire de San Francisco. Le duo formé de Christopher Owens et de Chet JR White a dans ses gènes le goût des lignes de guitares claires qui s’écoulent comme des vagues et des chœurs légèrement sucrés.

Mais si les compositions de Girls respirent le soleil, la surf musique et la mer, les nuages gris ne sont jamais très loin, tel l’orage chargé d’électricité placé au milieu de la chanson « Summertime ». Fièrement non enregistré en studio comme l’indique les crédits, « Album » a le charme de ces débuts imparfaits débordant d’une énergie encore mal contrôlée. Le disque porte en lui les restes d’une éthique punk qui vient salir, de manière salutaire, la joliesse des mélodies.

Un imaginaire peuplé de filles

Cette tension sans cesse palpable entre aspirations romantiques et une réalité beaucoup moins envieuse se retrouve jusque dans l’interprétation tantôt rêveuse tantôt plaintive de Christopher Owens. La voix accrocheuse du chanteur avec ses intonations de crooners a quelque chose d’à la fois très masculin et fragile. Même recouverte par des reverbs de guitares, elle reste un des principaux atouts de séduction d’« Album ».

Groupe de garçons, Girls n’a bien sûr que les filles à la bouche. Le génialissime « Lust for Life » placé en ouverture épouse ainsi le point de vue d’une femme à la recherche d’un petit ami. De « Laura » à « Lauren Marie », les nombreuses filles qui peuplent l’imaginaire du duo sont ici des promesses de bonheur très difficiles à conquérir. Mais quelque soient les obstacles, « Album » nous dit qu’il ne faut jamais renoncer. « I don’t want to cry my all life through / I want to do some laughing to / So come on come on come on and dance with me » Nous revoilà amoureux. Together. Forever.

KidB

Lust for life :

Morning Light :

Hellhole Ratrace :

16:33 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : girls

 
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