Avertir le modérateur

18/08/2009

Neil Hannon trouve la bonne méthode

Duckworth.jpg

The Duckworth Lewis Method – The Duckworth Lewis Method (J'AIME : Beaucoup)

Sport et musique ont souvent fait bon ménage. Si le football a inspiré de nombreux hymnes pas toujours recommandables, The Duckworth Lewis Method s'est laissé emporter par une drôle de passion pour le cricket. Le combo formé par Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy, et Thomas Walsh a sorti cet été un album éponyme à la fois mélodique et pince-sans-rire. Un nouveau trésor typiquement britannique.

Pour honorer cette discipline, les deux compères ont ressuscité la pop azimutée des Beatles à coup de douces notes de pianos, de riffs de guitare énergiques et d'harmonies vocales. Neil Hannon restreint ici son goût pour les orchestrations de cordes et de cuivres pour des sonorités plus organiques (choeurs, clapements de main...). D'inspiration retro, le son de The Duckworth Lewis Method rend hommage aux riches productions de la fin des années 1960.

L'excentricité british

Souvent très drôle, cet album de The Duckworth Lewis Method est un très parfait reflet de ce qu'est capable de produire l'excentricité britannique. On y cite de vrais stars du cricket (« Meeting Mr Miandad », l'Australien Shane Warne et sa « balle du siècle ») et, un genou au sol, on envoie son partenaire au septième ciel (« The Sweetest spot »). Cet humour se retrouve aussi bien dans les textes que dans la musique à l'image des voix décalées de « Jiggery Pokery » et ses intonations cabaret.

Capable aussi d'aborder des registres plus touchant (« The Nightwatchman », « Rain Stops Play »...), « The Duckworth Lewis Method » se moque gentiment au passage de l'élite bourgeoise. Le très réussi « The Age of revolution » raconte ainsi la réappropriation du cricket par les peuples colonisés d'Asie. « Always denied entry by the english gentry / Now we're driving Bentley's playing 20/20 ». Neil Hannon et Thomas Walsh font ainsi preuve d'un sacré sens de l'autodérision.

KidB

The Age of revolution :

Meeting Mr Miandad :

26/07/2009

Vampire Weekend : "Coller des éléments d'un même état d'esprit"

Les Américains de Vampire Weekend sont à Belfort pour défendre leur excellent premier album éponyme. Rencontre avec le chanteur Ezra Koenig et le bassiste Chris Baio.

Que pensez-vous des festivals français ?

Ezra Koenig : On en a fait qu'un seul pour l'instant, Solidays hier, et ça c'est très bien passé. On n'avait jamais eu un accueil aussi enthousiaste en France. En plus, c'est la première fois qu'on jouait dans un festival engagé comme cela autour d'une cause. Apparemment, ils ont recueilli pas mal d'argent pour la lutte contre le sida. On était assez fiers.

Comment abordez vous la scène ?

Chris Baio : Il y avait deux pièges à éviter. Il ne fallait qu'on se limite sur l'album en se disant qu'ensuite il faudrait jouer les chansons sur scène. Il ne fallait pas non plus qu'on cherche à rejouer les morceaux à l'identique. Pour nous, le live, c'est quelque chose à part. Nos chansons y sont plus énergiques que sur disque.

Vous décrivez votre musique comme de "l'Upper West Side". Vous pouvez être un peu plus précis ?

E. K. : On ne l'appelle plus comme ça maintenant. Mais c'est un terme qu'on utilisait au début. On aime bien définir notre propre genre. Pour nous, il y a un peu d'ironie dans cette expression, mais c'est surtout qu'on a tous étudié dans une fac de ce quartier new-yorkais. Moi et Chris on a aussi grandi là avec des parents typiques de cette classe un peu bohème, ouverte sur ce qu'il se passe dans le monde. Très loin du cliché des riches conservateurs.

Comment en êtes-vous arrivés à mêler influences africaines et pop anglo-saxonne ?

E. K. : Ce qui nous intéresse, ce n'est pas de chercher les deux choses les plus éloignées et de les associer, ce qui serait complètement vain, mais plutôt de coller des éléments qui nous paraissent tenir d'un même état d'esprit même si ce n'est pas évident au premier abord. Ainsi, les tenues que certains décriront comme typique du milieu blanc bourgeois new-yorkais sont liées à l'histoire coloniale anglo-saxonne et sont fabriquées en Inde. Un peu comme les vêtements de la marque Ralph Lauren. Son travail n'a pas été apprécié à sa juste valeur.


Aimeriez-vous jouer en Afrique ?

E. K. : On nous demande ça souvent. Très peu de pays africains ont les infrastructures nécessaires pour accueillir des concerts de rock. On a eu une proposition d'un festival, mais ça ne nous intéresse pas d'aller jouer là-bas pour les expatriés et pouvoir dire : « Voyez, on est au Kenya. » Il y a plus de chances qu'on visite l'Afrique à titre personnel avant qu'on s'y produise avec le groupe.

Dans quel état d'esprit étiez-vous en enregistrant l'album ?

E. K. : Les chansons peuvent avoir l'air un peu légère, mais on a passé énormément de temps à les travailler. L'écriture, elle a été beaucoup plus spontanée.C'était vraiment quatre personnes en train d'échanger dans une pièce. Peut-être que ce processus imprègne un peu les chansons.

C. B. : On s'est juste demandé quel type de musique on voulait faire et quelles influences on pouvait chacun apporter. Un instrument comme la flûte traversière qui pour moi donne une touche années 1950-1960 à notre musique vient juste d'un sample qu'a utilisé Rostam sur son clavier. Notre musique doit beaucoup aux expérimentations comme celle-là.


Votre écriture semble très influencée par la littérature ?

E. K. : Je prends ça comme un compliment. D'habitude, les gens disent que nos paroles ne veulent rien dire. Pour moi, écrire une chanson, c'est bien sûr différent d'une nouvelle parce que l'on ne recherche pas la même chose mais c'est aussi une manière de raconter des histoires de manière plus subtile peut-être, plus imagée.

Comment vivez-vous le succès ?

E. K. :
On a dû mal à évaluer ces choses-là. On ne se rend pas bien compte. Même à New York parce qu'on y est jamais. Après, ça nous fait très plaisir quand on voit en Espagne ou en France, des pays qui ne sont pas anglophones, des gens reprendre nos chansons sur Cape Cod. Ca montre qu'on a dépassé le particularisme local. Et concernant notre succès auprès des filles, on est très content que notre public ne se réduit pas à de jeunes hommes de trente ans. Ca montre que le côté séduisant de notre musique fonctionne bien.

Et la compétition avec MGMT.. qui jouent dimanche aux Eurockéennes ?

E. K. : On est devenus très amis avec eux. On fait plein de festivals ensemble. Même si notre musique est très différente, à la fin de la journée on est un peu pareils. On vient du même milieu universitaire chic new-yorkais même si leur fac libérale est aussi connue pour abriter tous ses hippies. Eux ont le meilleur des deux mondes.

Recueilli par Anne-Sophie Lambell, Vincent Glad et Boris Bastide

08:57 Publié dans Interview, pop | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : vampire weekend

02/07/2009

Nosfell sur les terres enchantées du Lac aux Vélies

lac.gif
Nosfell – Le Lac aux Vélies (J'AIME : A la folie)

Un conte à rêver debout. Inventeur du monde mystérieux de Klokochazia, dont la langue et les personnages habitent ses albums plutôt rock, Nosfell a cherché à aller au bout de sa démarche de griot en créant un spectacle avec orchestre centré autour de l’histoire de Günel. L’occasion d’approfondir l’exploration d’un univers peu explicité sur disque, là où il tient une place plus centrale en concerts grâce à de nombreux intermèdes parlés.

Présenté à la Cité de la musique puis il y a quelques jours à la salle Pleyel, « Le Lac aux Vélies » est désormais disponible sur la forme d’un beau livre-disque illustré par le dessinateur Ludovic Debeurme. Plus que la retranscription de l’intégralité du conte, on retiendra ici les treize morceaux composés ou réarrangés pour l’occasion, la plupart des titres provenant à l’origine de ses deux premiers albums.

Coloration cinématographique

Porté par des arrangements symphoniques de toute beauté, « Le Lac aux Vélies » est sans aucun doute le chef-d’œuvre de Nosfell. Là où les albums doivent composer avec une instrumentation limitée, cordes et cuivres donnent une nouvelle coloration plus cinématographique aux morceaux, retraduits en klokobetz pour ceux qui étaient chantés en anglais ou en français. Ce sont tout à coup une foule de sentiments passionnés qui jaillissent et se répondent, en suivant des thèmes musicaux propres à chacun des personnages.

S’étalant sur de longues minutes, les titres des albums gagnent ainsi en souffle et en finesse. La voix de Nosfell vient s’ajouter comme une texture sonore sans trop pousser les effets de boucles. Les intonations douces règnent sur une bonne partie des plages. En contraste avec l’énergie des chœurs masculins et féminins qui donnent une puissance supplémentaire aux morceaux et une nouvelle vie aux personnages. La terre de Klokochazia n’a jamais paru si habitée.


KidB

Jaun Sev Zul :

The Wise Left hand :

 

08:24 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nosfell

29/06/2009

Gossip fait grand bruit

Gossip.jpeg

Gossip – Music for men (J'AIME : Passionnément)

« Music for men », quatrième album studio du combo américain Gossip, ne figurera peut-être pas dans tous les palmarès des meilleurs disques de l’année, mais il mériterait au moins d’être récompensé pour son artwork. La pochette du successeur de « Standing in the way of control » est en tout cas une des plus réussies que l’on ait vu depuis janvier, parfait reflet d’une œuvre qui tente d’insuffler un peu d’altérité dans un univers pop mainstream plutôt conservateur. Car Gossip a décidé cette fois d’avancer masqué, à l’image du titre « Music For Men » à prendre avec beaucoup d’ironie.

Côté musique, la formule n’a pas beaucoup changé mais la production de Rick Rubin révolutionne le son de Gossip en douceur. La voix de l’icône Beth Ditto est toujours là au premier plan, se jouant allégrement d’effets de vocalises, mais derrière l’instrumentation se fait plus minimaliste et compacte. La basse s’accompagne sur plusieurs morceaux de mélodies aux synthés et de riffs de guitares. Rick Rubin a également choisi de soigner les rythmiques, des percussions et boite à rythme renforçant par moments la batterie métronomique d’Hannah. Malgré deux-trois titres bruts de décoffrage, « Music For Men » tend vers une pop électronique énergique, propice à la danse.

Déchirements intimes

Moins abrasif, ce nouvel album reste toutefois fidèle au message de révolte porté par « Standing in the way of the world ». Beth Ditto prône ici une nouvelle fois la nécessité de rester soi-même contre tous les conservatismes de la société. « I make the right mistakes / and I say what I mean », chante-t-elle sur « Spare me from the mold » là où en ouverture « Dimestore Diamond » fait l’éloge d’une pauvre femme de la rue. Avec un certain sens de la provocation, Beth Ditto place le refrain « Men in love / With each other » sur un titre pop traitant d’une relation amoureuse naissante que l’on pourrait croire écrite du point de vue d’une femme.

Mais plutôt que de s’en prendre au monde entier, « Music for Men » se concentre essentiellement sur la sphère intime. L’amour occupe une très large portion de l’album, un peu pour le meilleur (« Heavy Cross », « Vertical Rhythm ») et beaucoup pour le pire. « Love is for leaving / O is for on time / V is for the voicies warning me I’ll lose my mind / E is for the ending. The unhappy ending of the four letter word » (« Four letter word ») résume bien l’esprit général de « Long Love Distance » et surtout de l’enchaînement « For Keeps », « 2012 » et « Love and let love » qui développent toutes une même vision désabusée des relations. Il n’est pas toujours facile de concilier l’appel de la liberté et la nécessité de rester proches de ceux que l’on aime. Il n’est pas toujours facile d’être une rock star.

KidB

Heavy Cross :

Pop Goes the World :

16:24 Publié dans Electro, pop, rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gossip

24/06/2009

Grizzly Bear, ours bien léchés

grizzly-bear-veckatimest-cover.jpg
Grizzly Bear – Veckatimest (J'AIME : A la folie)

Dans la lignée d’Animal Collective, les Américains de Grizzly Bear prennent la pop par la main pour la sortir des sentiers battus et rebattus. Avec leur troisième album « Veckatimest », les voilà qui nous emmènent dans un paysage à la fois aérien et bucolique où se niche une musique complexe et majestueuse. Une impression y règne sans partage : l’enchantement.

Pour comprendre le ravissement provoqué par le disque, on conseillera de se plonger dans le petit bijou qu’est le morceau « Two Weeks », placé en deuxième position. Mélodie au synthé, omniprésence des chœurs, mélancolie sucrée… peu de chansons ont approché de si près ces dernières décennies la magie que peut procurer un album comme « Pet Sounds » des Beach Boys.

Aux chœurs du mystère

Grizzly Bear aurait sans doute pu répéter la formule à l’infini, mais a préféré explorer une foule de territoires de la rythmique jazz de « Southern Point » en ouverture à l’utilisation d’une chorale sur « Cheerleader » ou « Foreground » en passant par les arrangements de cordes de « Ready, Able ». Guitares, voix, batterie… Chaque élément sonore paraît comme suspendu, prêt à s’effacer un instant pour laisser la place à l’autre et revenir plus fort quelques secondes plus tard.

A l’image du titre de l’album « Veckatimest », la musique des Grizzly Bear cultive avec bonheur le mystère et l’étrangeté. Si les relations amoureuses sont au cœur d’une bonne partie des textes, ceux-ci s’attachent davantage à des impressions fugaces qu’à de vraies narrations. Evanescents, les douze morceaux pleins de lumière ne se laissent pas saisir complètement malgré la répétition des écoutes. Il y a toujours ici quelque chose qui nous échappe. Une raison de plus pour ne pas s’arrêter de leur courir après.

KidB

Two Weeks :

Foreground :

17:34 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grizzly bear

03/06/2009

Passion Pit, l’art et la Manners

PassionPitManners23.jpg

Passion Pit – Manners (J'AIME : A la folie)

Il en va de « feel good » albums comme de « feel good » movies. Certains disques pop provoquent un vrai sentiment d’euphorie, comme si leur existence avait d’abord pour but d’apporter un peu de joie dans ce monde. « Manners », premier essai transformé du buzz américain 2009 Passion Pit, rayonne avec cette intensité. « Make Light » promeut le morceau d’ouverture, convoquant tous les esprits chagrins à se tourner vers la lumière.

Pour sortir des ténèbres, le quintet a puisé sa recette dans certaine des formules à la mode ces derniers mois. Les rythmiques trouvent l’inspiration du côté de l’électronique pour booster des mélodies largement composées aux claviers. Entraînante, la musique de Passion Pit s’embarrasse peu de redondance voire même parfois de refrains. Elle s’appuie en douceur sur l’omniprésence de chœurs et le ton de voix aigu à l’énergie presque enfantine du chanteur Michael Angelakos.

Féérie organique

Teinté de psychédélisme, l’univers des Américains dessine un monde où l’homme semble interconnecter à la nature. Si les machines sont au premier plan, « Manners » baigne dans une féerie parfaitement organique. On croise au détour des onze morceaux un environnement peuplé d’animaux (« Moth’s Wings ») et de paysages bucoliques coincés entre le bleu de l’eau (Swimming in the flood ») et celui de ciel.

Machine à réveiller les pieds et les cœurs en berne, ce premier album cache paradoxalement derrière son feuillage vert un éventail de frustrations et de cicatrices plus ou moins refermées. Et si la mort et la solitude rôdent autour de plusieurs titres comme « Eyes as candles », « Folds in your hands » ou « Seaweed song », la vie n’est jamais très loin prête à toute emporter dans un éternel recommencement. « Feel it rain ! We’re alive », résume avec justesse le morceau « Folds in your hands ».

Kid B

Sleepyhead :

The Reeling :

16:52 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : passion pit

26/05/2009

Un phoenix de génie pop

wolfgang-amadeus-phoenix-album-cover.jpg

Phoenix – Wolfgang Amadeus Phoenix (J'AIME : A la folie)

On reconnaît les très grands albums à leur capacité à squatter nos oreilles pendant des mois et des mois sans qu’on s’en lasse ne serait-ce qu’une seconde ainsi qu’à dévoiler de nouveaux trésors cachés à chaque écoute. « Wolfgang Amadeus Phoenix », quatrième album des Versaillais de Phoenix, est à mes yeux un des rares disques publiés ces derniers mois – avec le « 808’s & Heartbreak » de Kanye West et « Merriweather Post Pavilion » d’Animal Collective – à entrer sans discussion dans cette catégorie.

Leur précédent disque « It’s Never Been Like That » laissait déjà entrevoir tout le potentiel pop d’une formation que l’on avait trop rapidement confiné à la scène électronique. Aujourd’hui, Phoenix irradie de partout. Prenez les singles « Lisztomania » et « 1901 » placés en ouverture du nouvel album. Rythmiques et boucles de synthés entêtantes, riffs de guitares accrocheurs, vitesse et classe d’exécution... Une seule écoute et on est prêt à leur attribuer sans attendre les sept mois à venir le titre de pop songs de l’année.

Euphorie et légère mélancolie

Et puisque les quatre garçons sont intelligents, une fois la démonstration achevée, les voilà déjà partis sur de nouveaux terrains de jeux. « Fences » tout en groove prend de légères tournures soul. Avant « Love Like a Sunset », peut-être le sommet de « Wolfgang Amadeus Phoenix ». Gravi en deux temps, il nous emmène d’une petite mélodie électronique à une longue montée instrumentale faite de distorsions et de saturations qui prend lentement possession de nos cerveaux et de nos pieds. Puis le soleil se couche tout en douceur à l’horizon. L’orage est passé.

Un peu plus homogène, la face B de l’album poursuit dans ce que Phoenix sait faire de mieux : la pop song romantique mais jamais mièvre, dopée à l’aide d’un groove électronique. « Lasso » déboule à cent à l’heure avant une déambulation tout en accélération et décélération dans les rues de « Rome », autre pépite du disque. Ces variations de tempo font aussi le sel de « Countdown » et « Girlfriend », deux titres qui marient avec grâce euphorie et léger voile de mélancolie à l’image du reste de l’album. Dernier titre et dernier petit chef-d’œuvre, « Armistice » nous plonge dans la chambre d’un couple et leurs petits compromis. La musique, elle, tourbillonne des kilomètres au-dessus de la mêlée. « For lovers in a rush / For lovers always ». Ce Phoenix s’aime à la folie.

Kid B

1901 :

Lisztomania :

22:08 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : phoenix

14/05/2009

Toy Fight, du sacré cinéma

peplum_cover.jpg

Toy Fight – Peplum (J'AIME : Passionnément)

La pop française peut maintenant se projeter de beaux films. Les Versaillais de Phoenix viennent de réaliser leur rêve américain en jouant en direct pendant l'émission culte « Saturday Night Live ». Les Parisiens de Toy Fight, eux, ont signé sur le prestigieux label allemand City Slang, qui abrite notamment Herman Dune, Calexico, Lambchop, The Notwist, Menomena, Get Well Soon, Yo La Tengo ou Arcade Fire. Une collaboration prestigieuse bien méritée à l'écoute de leur deuxième album « Peplum ».

Avec ses seize pépites pop aux qualités très cinématographiques, le disque tient plus de la bande son idéale d'un film comme « Juno » que d'un « Spartacus ». La musique de Toy Fight, portée par une sainte alliance de guitares acoustiques et de claviers, n'aurait d'ailleurs pas dépareillé au côté des Kinks, de Belle & Sebastian ou de Kimya Dawson. On retrouve ici ce même goût de sonorités ensoleillées teintées d'un très léger voile de mélancolie et des narrations intimistes pleines d'ironie.

Tantôt fougueux, tantôt bossa

Les compositions des Parisiens se détachent surtout par le supplément d'âme de leurs instrumentations. Arrangements de cordes, cuivres, flûte, mandoline, banjo et glockenspiel viennent enrichir les mélodies tantôt fougueuses (« Trucmuche (The punch line) » ; « Your own fireworks »), tantôt bossa (« Lisa's box » ; « Golden Make up »). Mais l'ensemble ne dessine en rien un univers précieux. Chez Toy Fight, on est plutôt du genre à reprendre en choeurs une comptine autour du feu, en sifflant et en tapant dans les mains.

Partisan de mettre en avant un esprit ludique, le quintet s'amuse au passage à livrer trois petites compositions personnelles d'une trentaine de secondes qui rythment le disque ainsi qu'à reprendre deux fois le même morceau presque d'affilée en variant simplement les arrangements (« The if song » et « High Noon »). Sans compter les nombreux bruitages enregistrées sur le vif en studio. Aussi frondeur que sophistiqué, « Peplum » propose d'oublier sa solitude et ses soucis du quotidien en se replongeant dans son coffre à jouets.

Kid B

Minute song (extrait) :

The Hidden second (tiré du premier album Anagram dances) :

17:14 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toy fight

09/05/2009

Sa Magnificence Ribbons

ribbonsroyals.jpg
Ribbons – Royals (J'AIME : Passionnément)

Otez vos chaussures et rentrez sans faire de bruit. Surtout n’oubliez pas de laisser vos soucis derrière la porte. Le multi-instrumentiste Jherek Bischoff vous accueille sous l’identité de Ribbons dans son douillet bric-à-brac mêlant influences classique, pop et électronique. S’y croisent les expérimentations psychédéliques d’Animal Collective et les vocalises de Sigur Ros.

Majestueux, l’album " Royals " prend son temps pour faire naître chez l’auditeur un tas d’images organiques où se mêlent sonorités aquatiques et aériennes. La musique de Ribbons se propage ainsi comme une onde de choc où la finesse d’une instrumentation à la base plutôt rock (guitare et batterie mâtinées d’arrangements de cordes) exerce un vrai pouvoir de sidération.

Intimes confidences

On traverse " Royals " comme dans un rêve rempli de fantômes évanescents. Jherek Bischoff y délaisse les structures traditionnelles de la pop song pour une approche plus évolutive des compositions. Tout semble tenir là avec peine, prêt à disparaître à la moindre seconde. Une fragilité accentuée par la voix poignante de l’artiste, toujours ici dans le registre de la confidence.

Se dégage des neuf morceaux de l’album une forme de lyrisme cotonneux, à l’exception peut-être du plus terrien " Children’s song ". Ethérée, la musique de Ribbons est obsédée par tout ce qui touche à la parole et à la transmission. Ce qui compte ici, c’est de laisser une trace de son passage. " Speak of me ", réclame le narrateur de " The Last and the Least Likely ". " Please don’t tell me / That’s all I was to you ", supplie celui du titre de clôture " All I was ". De notre côté, on n’est pas près d’oublier une telle réussite.

KidB

12:26 Publié dans Electro, pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ribbons

06/05/2009

Jeremy Jay, pop charms

jeremy-jay.jpg

Jeremy Jay – Slow Dance (J'AIME : Passionnément)

Pour son deuxième album, « Slow Dance », Jeremy Jay sort l’arme de séduction massive. Tel un serpent, sa pop dessine de lents mouvements sinueux qui ensorcèlent l’auditeur jusqu’à ne plus le lâcher. Le chanté-parlé de l’Américain marque une certaine froideur, vite abolie par une interprétation charmeuse se permettant toutes les excentricités, tels ses petits cris qui accompagnent le morceau éponyme. Yeah !

L’instrumentation, elle, se veut aussi chaleureuse qu’accrocheuse. Si les guitares acoustiques sont toujours très présentes, elles cèdent le pas à des basses bien rondes ainsi qu’à des nappes de synthés utilisées comme d’entêtantes ponctuations mélodiques. Sur le morceau « Will you dance with me », ce sont mêmes quelques notes de piano qui accompagnent le pont tel une douce respiration.

Délires psychédéliques

L’Américain privilégie les motifs répétés à l’envie plutôt que les grandes ruptures de rythme. Une volonté encore plus affirmée dans les textes des dix titres qui composent l’album. « Slow Dance 2 » se contente ainsi de quelques variations de six petits mots. Le mouvement et en tout premier lieu la danse sont les principales préoccupations d’un univers où la musique joue les premiers rôles. « you got the rhythm / Yeah ! play that beat », s’enthousiasme Jeremy Jay sur « In this lonely town ».

Le masque du jeu et de la fantaisie est ici omniprésent, prenant aussi bien la forme de délires psychédéliques (« Sometimes we gallop through the forest / Giddy up horsey giddy-up » sur « Gallop » ; Love ice skating / Shaving the ice » sur « Winter Wonder ») que d’une incroyable assurance que rien ne semble pouvoir ébranler. « You are from another world / With moves like that / You know how to swing it / Lights are on you », chante Jeremy Jay sur « Slow Dance ». Un compliment qui, à la vue de la réussite du disque, pourrait tout aussi bien s’adresser à lui-même.

Kid B

Lite Beam (slow rez version) :

Gallop :

16:56 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jeremy jay

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu