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04/05/2009

Exson Valdes, marée montante

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Exson Valdes – Near the edge of something beautiful (J'AIME : Beaucoup)

Pour leur deuxième album intitulé « Near the edge of something beautiful », les Parisiens d'Exson Valdes, formés il y a près de dix ans, accueillent l'auditeur comme un ami. Sur le très beau titre d'ouverture « A day like today », la voix chaleureuse de Simon Beaudoux, soutenu par ses compagnons chuchotant sur le refrain, glisse sur des lignes claires de guitares et des claquements de mains. « Don't trust anything the say / They're not gonna let you play », nous prévient-il. « Things just never go our way ».

Cette fois, la chance des Parisiens pourrait toutefois bien tourner. Car leur musique, qui oscille entre Girls in Hawai et Grandaddy flirtant par moments avec le Muse des débuts (les excès de grandiloquence en moins), aligne ici les pépites pop se jouant aussi bien de guitares acoustiques, qu'électriques ainsi que d'efficaces mélodies aux claviers. Terre de contrastes, « Near the edge of something beautiful » alterne ainsi les plages planantes et les montées échevelées, parfois sur le même titre comme « I Know » et son final haletant.

Ombres et lumières

Avec son nom inspiré de celui d'un pétrolier qui s'échoua en 1989 sur la côte de l'Alaska, Exson Valdes sait broyer du noir. Les textes semblent exorciser beaucoup de frustrations, de doutes et d'échecs. « I've always kept it all inside, but lately I've been crying out loud », chante Simon sur le morceau « Life in Pieces ». Le sentiment de ne pas être à sa place est aussi au cœur des titres « Last Year » ou « Old & Weak ». « Wrong choices cannot be undone / Easy steps not taken / I didn't want to fall ».

Mais si la musique d'Exson Valdes laisse une large place aux instrumentations teintées d'une léger voile de mélancolie, ce sont les éclats de lumière qui ressortent ici à l'image de la pochette de l'album ou du morceau « Sunlight ». « Lali », notamment, et son entêtant refrain « We're keeping it automatic » apporte une touche de légèreté bienvenue. Sur « Everything I see », c'est à l'inverse une énergie presque colérique qui emporte l'amertume. « I'll come back when I mean it / Regrets for me now remain far enough ». Ce navire là n'est pas prêt de couler.

Kid B

Lali :

Last Year (Live) :

15:49 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exson valdes

28/04/2009

Golden Silvers, chœurs d'or

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Golden Silvers – True Romance (J'AIME : Beaucoup)

A l’écoute de « True Romance », le premier album de Golden Silvers, c’est cinquante années de pop anglo-saxonne qui défilent dans nos oreilles. Depuis les crooners à la Burt Bacharach, en passant par les Beatles, les Beach Boys, les Rolling Stones, les Clash, les Smiths, Blur et plus récemment Coldplay ou Calvin Harris, le disque intègre toutes sortes d’influences à la manière d’un grand patchwork de gimmicks aussi bien passés que modernes.

Les jeunes britanniques démontrent notamment une vraie passion pour les harmonies vocales. Elles habillent une grande majorité des onze titres de l’album que ceux-ci s’appuient sur des mélodies au piano, un beat disco ou des boucles de synthés. Ce sont elles qui donnent une cohérence à un disque adepte du grand écart. Jusqu’à l’intérieur d’un même morceau où peuvent se superposer piano et textures électroniques.

La joliesse malmenée

Ce qui étonne ici, c’est la capacité du groupe à redonner une vraie fraicheur à des genres que l’on croyait éculés. Et à s’en tirer avec les honneurs malgré une certaine grandiloquence très premier degré qui en a perdu plus d’un au fin fond de la mièvrerie. Multipliant les ballades romantiques, « True Romance » s’en sort aussi par une écriture variée. Les chansons alternent des narrations intégrant de drôles de personnages tels une fée briseuse de cœurs (« Lily, the lover ») ou un Venus au cœur brisé (« Please Venus ») et une évocation plus directe de sentiments qui s’évaporent (« The Seed », « Fade to black »).

Mais les titres les plus passionnants de l’album restent avant tout ceux qui arrivent à malmener par la musique une certaine joliesse dans laquelle le groupe a tendance à s’enfermer. « Shakes » et sa rythmique froide, « Queen of the 21st Century » et son refrain virevoltant, « Arrows of Eros » et son beat disco et ses chœurs façon « Sympathy for the Devil » creusent d’intéressants contrastes entre harmonies, retenue et épanchement. Surtout Golden Silvers tient avec « True n°9 Blues (True Romance) » et son débit entraînant un véritable tube qui laisse à penser qu’à l’avenir le groupe devrait pouvoir dépasser le statut de belle curiosité.

Kid B

True n°9 Blues (True Romance) :

14:28 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : golden silvers

21/04/2009

Au Revoir Simone, nuit de rêve

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Au Revoir Simone – Still night, still light (J'AIME : Passionnément)

Il y a des artistes dont on tombe amoureux à la première écoute. Une petite musique qui s’impose à vous comme la plus simple des évidences. Une alchimie rêvée qui s’agrippe à votre esprit pour ne plus le lâcher. La pop d’Au Revoir Simone me fait ce drôle d’effet là. Pour ne rien gâcher les trois Américaines ont toujours eu une science pointue des titres. Après l’E.P. « Verses of comfort, assurance and salvation » et leur premier album « The Bird of music », voici aujourd’hui leur deuxième essai au long très joliment intitulé « Still Night, still Light ».

Un programme que le trio semble appliquer à la lettre tant le disque alterne d’un côté de langoureuses ballades éthérées et de l’autre des morceaux dopés par des rythmiques presque dansantes déployées à toute vitesse. Quelque soit le résultat final, l’instrumentation, elle, ne varie guère. Les douze titres de l’album sont composés à partir de la superposition de boucles répétitives réalisées sur de vieux synthétiseurs et de boites à rythme. Une omniprésence des machines qui ne présage en rien de la douceur des mélodies, encore allégées par les tendres harmonies vocales des trois jeunes femmes.

De poignantes tranches de vie

Les thématiques chères au groupe, elle, non plus n’ont pas changé. Comme sur leurs disques précédents, joie et mélancolie vont main dans la main, si bien qu’on ne sait pas toujours à l’écoute des morceaux s’il faut se réjouir ou bien pleurer. Quand sur le titre « Knight of wands », le refrain répète à l’infini « Oh Joy, I can see you / It’s all I want », c’est sur un ton distancé, presque froid. A l’inverse, c’est avec tendresse que les trois chanteuses envoient un mot de rupture à un compagnon un peu trop amoureux (« The Last One »).

« Still night, still light » regorge ainsi de grandes déclarations («I could’ve never imagined that kiss / love is this » sur « We are Here ») et de petits récits poignants depuis la rencontre passionnée de deux amants qui filent vers leur première nuit ensemble (« Trace a line ») à la lente érosion d’une relation racontée par le défilement des saisons (« Organized scenery »). L’album recèle surtout avec « All or Nothing » et son refrain tout en envolées un morceau incroyablement entêtant, parfaite expression d’une fragile euphorie amoureuse comme hantée par la douleur. Beau à vous fendre le cœur.

Kid B

16:18 Publié dans pop | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : au revoir simone

18/04/2009

Doherty par la face tendre

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Peter Doherty – Grace/Wastelands (J'AIME : Beaucoup)

Docteur Doherty et Mister Pete. Depuis l’éclosion des Libertines, fers de lance du retour à la mode des guitares au début des années 2000, le Britannique n’a eu cesse de présenter un double visage. D’un côté, le rockeur poète et pêchu, leader des BabyShambles ; de l’autre, l’artiste drogué et ingérable, star de la presse tabloïd à son corps défendant

Avec « Grace/Wastelands », brillant premier album signé de son propre nom et de son vrai prénom Peter, Doherty ouvre une autre facette de sa personnalité. Le voilà, troubadour de l’amour. Des arrangements de corde et de discrètes notes de piano côtoient ainsi les guitares qui mettent largement en sourdine la rage électricité.

Une poignante fragilité

« Grace/Wastelands » est moins un album solo qu’un disque bien accompagné. Aidé d’une partie des BabyShambles et surtout de Graham Coxon, le guitariste de Blur, Pete Doherty livre douze compositions intimes qui ressuscitent le romantisme des feu Libertines. On y croise entre autres « Arcadie, la terre des poètes, un jeune soldat allemand promis à la mort (« 1939 Returning ») et deux amis qui se sont faits la promesse de cramer la vie par les deux bouts avant leurs 25 ans (« New Love Grows on Trees »).

Surtout, Pete Doherty excelle ici dans ses portraits féminins. « A Little Death Around The Eyes », « Salome » et « Lady, Don’t Fall Backwards » distillent une douceur et une fragilité toute poignante. Dans la même veine, « Sheepskin Tearaway », interprété en duo avec la chanteuse Dot Allison, atteint des sommets de tendresse autour de l’histoire d’une junkie tombée amoureuse. Ce rocker a du cœur.

KidB

14:38 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pete doherty

15/04/2009

Empire of the Sun, l'empire en mieux

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Empire of the sun - Walking on a dream (J'AIME : Passionnément)

Il y a des disques totalement addictifs, dont la simple écoute provque l'envie subite d'agiter bêtement les bras ou de filer sous la douche chantonner quelques refrains. « Walking on a dream » du duo australien Empire of the sun fait certainement partie de cette catégorie. Il faut dire que le combo formé par Luke Steele, tête pensante de The Sleepy Jackson, et Nick Littlemore de Pnau, s'est fait plaisir question mélodies grandiloquentes. Leur pop électronique dopée aux guitares et aux claviers années 1980 ne dit jamais non à un petit rab de guimauve comme sur la kitchissime ballade « Without You » qui vient clore l'album.

Si l'on frôle plusieurs fois l'indigestion, ce goût du premier degré donne une sacré touche de fraicheur à un univers psychédélique haut en couleurs. Comme l'affiche clairement la pochette du disque, Empire of the sun puise son inspiration dans la science-fiction. On croise ainsi au détour des dix morceaux une étoile d'où naissent un milliard de saisons (« Standing on the Shore »), un sumo triste perdu au milieu d'un décor hollywoodien (« Delta Bay ») ou un tigre accompagnant un clone (« Tiger by my side »).

Une folle personnalité

Les personnages amoureux jouent, par ailleurs, une bonne partie des premiers rôles. Car les yeux tournés vers l'espace, Empire of the sun n'en reste pas moins sensible aux plaisirs terrestres. La quête ultime ici, c'est celle du grand frisson. Ce sentiment d'euphorie qui donne l'impression d'avoir le monde à ses pieds. « We are the people that rule the world », proclame ainsi Luke Steele sur le bien nommé « We are the people ».

Deux voix au timbre et au débit comme venus d'ailleurs donnent corps à cet étrange cinéma. Elles affirment un peu plus la personnalité hors norme d'un projet qui se permet toutes les plus folles facéties. « Walking on a dream » fait ainsi se côtoyer « Country », morceau instrumental aux tonalités bucoliques dont le motif rappelle celui du générique de la série « Twin Peaks », et « Swordfish Hotkiss Night », étonnante relecture d'un R'n'B façon Justin Timberlake. Au final, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse.

Kid B

14/04/2009

Telepathe, esprit malin

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Telepathe - Dance Mother (J'AIME : A la folie)

Beauté noire. Là où des producteurs comme Timbaland ou Pharell Williams ont donné il y a quelques années un sacré coup de fouet au R’n’B, David Sitek, tête pensante des TV on the radio, est entrain de donner ses lettres de noblesses à la pop défricheuse. Après le coup de maître Foals l’an passé, le voilà aux manettes de l’incroyable millefeuille sonore créé par le duo New Yorkais Telepathe.

Sur leur premier album intitulé « Dance Mother », Busy Gangnes & Melissa Livaudais empilent voix, lignes de synthés, basses, percussions et boites à rythme pour un résultat terriblement excitant. D’inventives textures de claviers accompagnées de rythmiques souvent répétitives dessinent un univers froid auxquelles viennent se frotter les voix éthérées et entremêlées des deux chanteuses.

Charme vénéneux

Cette habilité à insuffler par le chant des lignes mélodiques au milieu d’un univers électronique touffu et sombre rappelle dans ses meilleurs moments les expérimentations du « Kid A » de Radiohead. C’est notamment le cas sur les sept minutes du morceau « Trilogy », qui commence comme le conte enfantin de jeunes amoureux en fuite pour se terminer en doux susurrement sanglant au fond d’un puits après une folle course meurtrière.

Si la violence est un thème omniprésent tout au long du disque – « Je veux te voir dans d’atroces souffrances » peut-on entendre sur le titre « Michael » ­- celle-ci est souvent mise à distance par la légèreté d’un phrasé traînant. « So Fine » proclame ainsi la très belle chanson d’ouverture où le rêve et la mort cohabitent dans un même cœur. En l’espace de neuf morceaux, « Dance Mother » se déploie comme le plus séduisant des cauchemars.

Kid B

 
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