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20/01/2010

Neil Young covers

Rockeur prolifique, lyrique, passionné, Neil Young a bâti une œuvre monumentale entre folk romantique et spasmes électriques. Quelques mois après la sortie du premier volume de ses archives attendues pendant de longues années, le tour de sa discographie en images.


Like a Hurricane (Live) :



Lotta Love (Live) :


Light a candle (Live) :

19:14 Publié dans Covers, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : neil young

24/11/2009

Ténébreux Beak>

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Beak> - Beak> (J’AIME : Passionnément)

Changement de méthode pour Geoff Barrow. Le musicien, sans doute un peu las des longs mois voire années de préparation nécessaires à la sortie d’un album de Portishead, a passé l’accélérateur pour son nouveau projet Beak>. Le groupe, formé avec Billy Fuller et Matt Williams, a enregistré les douze morceaux de son tout premier disque en live dans une seule pièce en l’espace de seulement douze jours.

De telles méthodes de production pourraient faire penser à un disque lo-fi dans l’esprit du punk. C’était mal connaître Geoff Barrow qui préfère explorer ici les influences krautrock et bruitistes déjà très présentes sur le miraculeux « Third » de Portishead, sorti l’an passé. Les rythmiques prennent donc le dessus pour laisser parler un long groove répétitif à base de grosses lignes de basses et de boîtes à rythmes.

L’effroi règne

Des mélodies aux synthés lugubres comme celle du titre « Pill » ajoutent au côté sombre de l’ensemble. Ici, tout est pesant. Il n’y a même plus la voix de Beth Gibbons pour élever l’auditeur mais des sortes de hululement pas si chouettes. L’effroi règne, le danger guette à l’heure des murmures lointains. On pense à la cold wave des années 1980. Les machines ont réduit l’humain à son ultime noirceur.

Mais dans ces profondeurs, il y a beaucoup de lumières et de joyaux entêtants à découvrir à la manière de la légère chaleur du titre « I Know », des joutes aquatiques de « Battery Point » et ses guitares claires ou des bruitages foutraques d’« Iron Acton ». Plus loin, « Blagdon Lake » sort de la torpeur en laissant parler l’électricité là où « The Cornubia » se laisse aller à la douceur des chœurs. Groovy Baby.

KidB

Blangdon Lake :

Iron Acton :

Battery Point :

23:07 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beak>

20/11/2009

PJ Harvey covers

Voilà plus de quinze ans que PJ Harvey éclaire la musique britannique comme un phare cru et délicat. On était passé à côté de son dernier album "A Woman A Man walked by" , sorti juste avant la naissance de ce blog, il était donc temps de rendre hommage à cette grande dame du rock. Pour Polly Jean, ces images et ces quatre vidéo...

KidB

The Piano :

This mess we're in (feat. Thom Yorke) :

A Perfect Day :

Dress :

18:09 Publié dans Covers, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pj harvey

19/11/2009

Muse : « L’excentricité fera toujours partie de notre univers »

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Deux heures avant leur concert à Paris-Bercy mardi dernier, Muse nous reçoit dans ses loges. Loin des rocks stars à l’ancienne, le chanteur Matthew Bellamy, le bassiste Chris Wolstenholme et le batteur Dominic Howard sont devenus parmi les groupes les plus vendeurs de la planète sans faire de compromis sur leur image ou sur leur vie privée. Dix ans après leur premier album «Showbiz», les Britanniques défendent leur petit dernier «The Resistance» dans des salles de plus en plus grandes. Très à l’aise avec leur succès. Rencontre avec un groupe à l'écoute de ses fans.

Comment se passe la tournée ?

Dominic Howard (batteur) : La tournée se passe bien. On joue dans beaucoup de salles du même type mais le show évolue constamment. On essaie d’améliorer les lumières, les visuels. On se nourrit de l’énergie du public. Quand la foule se déchaîne, on a envie de donner plus. Il nous faut mettre en place le meilleur show possible. Là, j’ai totalement revu ma manière de jouer «Undisclosed Desires». C’est une vraie prise de tête.

Matthew Bellamy (chanteur) : Nous essayons de tourner beaucoup. Dans des grandes salles pour que le maximum de personnes puissent venir nous voir. On ne le fait pas tous les jours mais parfois on va à la rencontre de nos fans. Certains sont devenus des amis au fil des ans. Même si on ne les voit pas trop souvent.

Comment vous adaptez-vous aux grandes salles ?

M. B. : Dans ces grandes salles, il faut donner beaucoup plus d’énergie. Bien penser à tout : les lumières, les vidéos, l’équipe. Ca peut être quelque chose de très gratifiant. On n’a pas juste affaire à un groupe mais à tout un travail d’équipe. C’est un process très collaboratif. Mêmes les gens assis au fond de la salle doivent pouvoir s’amuser et retirer quelque chose de cette expérience artistique. J’aime ce challenge. Ce n’est plus seulement que de la musique.

Chris Wolstenholme (Bassiste) : On essaie de séparer les choses. Là, notre tournée se concentre sur des grandes salles donc le show a été pensé en conséquence. En septembre, par contre, on avait joué dans des espaces plus petits. C’était sympa de renouer un petit peu avec ça mais rien ne bat un grand stade. Tu peux mettre en place les lumières et toute la production que tu souhaites.

Surtout que votre musique se prête bien aux stades…

C. W. : En septembre, certaines chansons comme «United States of Eurasia» ne marchaient pas très bien dans les petites salles. Alors que tout fonctionne dans une grande salle, aussi bien les titres les plus épiques que les chansons les plus douces. Avec la lumière, les visuels, c’est une expérience plus totale. Sans doute la meilleure disposition pour voir le groupe.

D. H. : On aime monter un show énorme et spectaculaire. C’est fun. C’est le genre de concerts qu’on aimerait voir nous en tant que spectateur. Il n’y a pas la même énergie. Au fil du temps, on s’est rendu compte que plus les salles étaient grandes et plus on a eu le sentiment que notre musique fonctionnait bien. Après, on ne sait pas ce que nous réserve le futur. On est aussi content de faire de grands stades parce qu’il n’y a pas tant de groupes de notre génération qui le font à part peut-être Coldplay et Radiohead. Après, c’est Bon Jovi, les Rolling Stones, Bruce Springsteen. Mêmes les pop stars délaissent les stades depuis Madonna. C’est excitant parce que c’est un vrai challenge. Il serait plus facile d’aller dans une petite salle jouer pour un millier de personnes [le groupe sera au Stade de France le 12 juin 2010].

The Uprising (Live) :

 

En composant, vous avez déjà la tournée en tête derrière ?

M. B. : La taille des salles dans lesquelles on joue peut avoir une influence sur la manière dont on écrit les chansons. On ne le faisait pas trop au début mais maintenant j’utilise beaucoup plus le « nous » que le « je ». En jouant dans des grandes salles, on se rend compte qu’on ne parle pas tout seul. On parle d’une même voix avec le public. Surtout que souvent il chante avec nous.

C. W. : Quand on a commencé l’enregistrement de «The Resistance», on n’avait pas cette idée en tête mais très vite quand les morceaux se sont mis en place, on a réalisé que certains marcheraient bien dans de grandes salles. On s’est dit : autant les faire aussi épiques que possible. Après, c’est difficile de savoir quelles chansons on aurait écrit si on avait joué que dans des petites salles. Mais je pense que, oui, ça a certainement eu une influence sur nous. Pour être apprécié par le plus grand nombre, il faut faire une musique facilement accessible. Tous les groupes qui sont arrivés à ce niveau ont des chansons qui peuvent aussi bien être appréciées par un gamin de 5 ans qu’une personne de 90 ans.

Vous voulez être accessible, mais l’album contient aussi une symphonie en trois parties…

C. W. : Même avec la symphonie, tant qu’il y a une belle mélodie. C’est tout ce qui compte. Tu peux écrire la musique la plus travaillée qu’il soit, s’il n’y a pas une mélodie que les gens peuvent reprendre ou qui leur reste dans la tête, ils ne vont pas l’aimer de la même façon.

D. H. : Sur scène, on fait très attention à la réaction du public. On écoute ce que les gens nous disent à la sortie des concerts. Et on lit très attentivement ce qui s’écrit sur le Message Board de notre site. C’est important d’avoir ce retour. Et nos fans sont très actifs sur Internet. Ils ont ainsi une influence directe sur nos concerts. On a commencé à jouer «MK Ultra», une chanson de notre dernier album, parce qu’ils la réclamaient. La set list a évolué pour leur faire plaisir. Au début de la tournée, on est à l’affût de toutes les réactions.

Ce lien direct avec vos fans, c’est quelque chose d’important…

C. W. : C’est grâce à eux que l’on est arrivé à un tel niveau. Il faut maintenir une relation proche avec nos fans, que ce soit avec la chasse au trésor que l’on a organisé un juillet [pour avoir accès à un titre en avant-première] ou grâce à twitter. On s’y est vraiment mis cette année. Internet facilite les choses et je pense que les gens l’apprécient. Ado, j’aurais adoré que Kurt Cobain me twitte quelque chose. Ca aurait été géant. Mais on n’avait pas ça à l’époque. Longtemps, il y avait ce fossé entre les artistes et le public. Les premiers étaient placés sur un piédestal. C’est moins le cas aujourd’hui et je pense que c’est une bonne chose. Nous ne sommes pas des dieux, juste des gens qui font de la musique.

D. H. : Les groupes sont aujourd’hui plus proches de leurs fans, c’est vrai. Avec Twitter, on peut échanger directement, avoir une conversation. La seule étape qui reste derrière, c’est de donner son numéro de téléphone. Moi, ça me plaît. La manière dont les gens communiquent, écoutent la musique évolue constamment. C’est excitant. Quand on a sorti notre premier disque il y a dix ans, on n’avait pas de site Internet et ce n’était pas très important.

M. B. : C’est sympa de pouvoir envoyer des photos à nos fans. Avec Internet les gens peuvent voir un peu plus qui nous sommes vraiment, la vraie vie d’un musicien en tournée. Ils se rendent compte que nous sommes des gens normaux.

Vous-même vous restez fans de groupes ?

D. H. : Aujourd’hui, je ne suis plus fan d’autres groupes mais ado j’adorais Nirvana, Primus, les Pixies. A 13-14 ans, on était à fond derrière certaines formations. On avait tous leurs disques, les tee-shirts. Si on avait eu accès à cette technologie à l’époque, je pense que j’aurais été aussi à fond. Ce qui est bien, c’est qu’en tant qu’artiste, tu peux ajuster à quel degré tu veux t’impliquer.

Votre succès ne vous fait pas peur ?

D. H. : Si on nous avait dit il y a 15 ans qu’on jouerait dans des salles aussi grandes, on aurait probablement répondu : « Non, mais ça va pas. Jamais. » Maintenant, on ne reviendrait pas en arrière. Très tôt, on a cru en nos chances d’y arriver mais pas à ce point là. On pensait qu’on était bon mais avec le recul je me rends compte que ce n’est pas ça. On a surtout toujours cru qu’on allait y arriver. On a su être ambitieux. Notre son a beaucoup évolué au fil des ans. On a été influencé par des choses auxquelles on ne s’intéressait pas plus jeune comme les compositions au piano. On essaie de trouver notre propre son. On tient quelque chose aujourd’hui, mais il faut continuer à avancer.

C. W. : Nous, on veut simplement que les gens apprécient notre musique. Le pied, c’est de monter sur scène et de voir le public se lâcher. C’est ce qu’on adore. On ne veut pas être respecté pour autre chose. La presse people, ce n’est pas pour nous. Il faut le dire, ce qui y sont, c’est en partie de leur faute. On sait les bars où vont être les paparazzis. On ne fait pas de grandes déclarations fracassantes sur la drogue. Les gens ne savent rien de notre vie privée mais il n’y a pas grand-chose à dire. A la maison, je joue simplement avec mes enfants. Si on mettait nos vies dans un magazine, les gens trouveraient ça ennuyeux. On n’est pas dans un groupe pour faire la une du « Sun ».

M. B. : Moi non plus, je n’avais pas du tout imaginé quelque chose comme ça. Quand j’étais ado, le groupe à la mode, c’était Nirvana, qui jouait dans des salles de taille moyenne. Mon rêve le plus fou, c’était d’arriver à ce niveau là. C’est une vraie surprise pour moi de se produire dans des salles plus beaucoup plus grandes. Je ne m’y attendais pas du tout. Notre musique l’exige maintenant tout comme la forte demande qu’ont les fans de nous voir. Dans des petites salles, les tickets se vendent en un rien de temps puis se retrouvent sur eBay à des prix démesurés. Après l’ambiance dans les concerts s’en ressent. Il nous fallait voir plus grand.

C. W. : Après c’est vrai que parfois notre niveau de succès peut faire un peu peur. Mais on a eu la chance. Tout s’est construit petit à petit. Je crains les groupes dont le premier album marche du tonnerre. Si le deuxième fait moins bien, on a l’impression que l’on est sur une pente descendante avant même d’avoir vraiment commencé. Qu’on ne pourra plus faire aussi bien que ce qui est attendu de nous. Ca met une grosse pression. Avec Muse, on a toujours l’impression d’être sur une pente ascendante. Mais c’est dur de se faire une idée précise aujourd’hui. Le succès d’un groupe ne se mesure plus au volume de disques vendus. Même si nous ça va plutôt bien de ce côté là. «The Resistance» a déjà fait mieux que le précédent dans un marché qui lui a rétréci. Il y a vingt ans, on en aurait peut-être vendu 50 millions d’exemplaires. Mais pour nous, le succès se mesure à l’affluence de nos shows pas aux ventes de disque. Tant que les gens continuent de vouloir nous écouter sur scène, c’est parfait.

Vous avez depuis vos débuts un rapport privilégié avec la France…

C. W. : La France a toujours été un pays un peu particulier pour nous. On a été apprécié dès nos tous débuts. Quand notre premier album est sorti, on était un tout petit groupe un peu partout sauf ici. Les fans français ont accroché tout de suite. Bercy était la première grande salle dans laquelle nous nous sommes produits avec les Red Hot Chili Peppers et Foo Fighters il y a dix ans. Le public français est fou. Avec les Britanniques, il saute et crie plus que tous les autres à nos concerts. On sait quand on est ici. Il suffit de regarder la réaction du public.

D. H. : On aime venir ici. Il y a dix ans, ça a marché tout de suite en France. C’est une drôle d’histoire d’amour qui continue. On a tellement aimé le succès qu’on a eu à Paris qu’on a commencé à tourner dans de plus petites villes. Cet effort est récompensé aujourd’hui. Le public a sans doute apprécié ça et est resté avec nous. On a grandi ensemble.

Et maintenant Matthew chante même en français…

C. W. : On peut se rendre compte que l’accent de Matthew en français est vraiment très mauvais. C’est quelque chose à laquelle il tenait. Moi, je trouvais ça plutôt drôle. Dominic vit dans le sud de la France. On traîne beaucoup ici.

Vous parliez d’Internet tout à l’heure mais votre musique intègre aussi aujourd’hui de nouvelles technologies…

D. H. : On a toujours été fans des nouvelles technologies. Surtout en studio. On essaie de se tenir au courant des derniers softwares. Certains producteurs trouvent qu’une chanson sonne bien quand ils ont reproduit cette chaleur que l’on trouvait dans les années 1960. Mais parfois, ça sonne comme de la merde. Nous on veut rester à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui, constamment explorer de nouveaux sons. Surtout que les possibilités deviennent gigantesques avec les machines de nos jours. Le plus dur, c’est de composer de la bonne musique avec tout ça. Sur notre dernier album, j’ai l’impression qu’on s’en est bien sortis. On a appris à utiliser un tas de technologies qu’on n’avait pas par le passé.

M. B. : Au-delà de l’électronique, je crois qu’on est tous intéressés dans le groupe par différents types de musique. Et, je ne crois pas qu’un artiste doive créer quelque chose de complètement coupé du reste. De totalement original. J’aime avoir l’honnêteté d’intégrer ce que j’aime dans la musique.

 

Undisclosed Desires (Live) :

«Undisclosed Desires» sur votre dernier album est produit comme un titre R’n’B…

D. H. : Avec « Undisclosed desires », on s’est essayé à un autre type de production à l’aide de samples. Maintenant, il faut essayer de rendre ça en live. Au départ, j’ai essayé de jouer ça sur ma batterie mais c’était l’horreur. Je suis donc passé à un petit kit électronique pour rester dans l’esprit de ce qu’on avait composé en studio.

Plus ça va et plus votre musique paraît excentrique…

M. B. : Ca fait partie de notre univers. Et ça en fera toujours partie je pense. Il y aura toujours chez nous des éléments qui sortent de la réalité. Après la question n’est pas d’aller plus loin mais de refaire la même chose, différemment. J’aime que notre musique soit un mélange de petites choses de la vie de tous les jours et de fantaisie. Les deux vont bien ensemble. Elles recoupent l’expérience humaine. Je n’aime pas trop les musiques qui ne sont que dans la fantaisie ou au contraire que dans le quotidien le plus banal. Notre musique doit être l’expression de ce que nous sommes en tant qu’individu, en tant que groupe et en tant qu’humain. Les chansons intègrent des éléments de ma vie personnelle mais aussi mes espoirs et mes peurs concernant la manière dont marche le monde. Les concerts sont une expérience plus enrichissante et honnête quand on peut montrer toutes ces différentes facettes de nous-mêmes.

Recueilli par Kid B et Ben C

09:38 Publié dans Interview, rock | Lien permanent | Commentaires (68) | Tags : muse

13/11/2009

Julian Casablancas, un très bon coup

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Julian Casablancas – Phrazes for the young (J’AIME : A la folie)

A la toute première écoute de « Phrazes for the young », l’album solo du chanteur Julian Casablancas, on a un peu l’impression d’avoir à faire à une monstrueuse affaire discount : les Strokes pour le prix d’un. Là où ses acolytes se sont tous lancés dans des expériences bien différenciées du son du groupe new-yorkais, star des années 2000, lui semble parfaitement assumer l’héritage.

« Phrazes for the young » évolue donc au sein d’un territoire rock défini par un alliage jubilatoire de guitares agressives et de synthés accrocheurs, sur fond ici de boîtes à rythmes. Une formule dont la réussite tient aussi à ce mélange de détachement cool et de blessure à vif affecté par la voix de Julian Casablancas. Avec en plus ce supplément d’âme qui fait parfois défaut aux Strokes.

Cathartique et devastateur

Car le chanteur semble ici vider ses tripes dans huit morceaux aux allures cathartiques. Julian Casablancas y aborde ouvertement ses problèmes avec l’alcool et l’embourgeoisement de New York sur la belle et lancinante ballade « Ludlow St. ». « Out of the blue », placé en ouverture, peut se lire comme une terrible confession sur la dégradation de ses relations avec ses proches : «Those who helped me along the way /I smacked them as I thanked them / Yes I know I'm going to hell in a leather jacket. »

Perdant un peu en puissance de feu par rapport aux Strokes, Casablancas compense très largement par un surcroit d’inventivité dans l’instrumentation (l'arpège en ouverture de « The Tourist ») comme au niveau des structures (les ponts de « Glass »). « 4 Chords of the Apocalypse » est une merveille à l’ancienne qui rappelle les grandes heures de John Lennon. « River of Brakelights » et son refrain accéléré est un des titres les plus devastateurs entendus cette année. Quant à « 11th Dimension » et sa mélodie au synthé, il n’a pas fini de nous faire danser tout l’hiver. Avec ça, elle va être belle la jeunesse.

KidB

11th Dimension :

River of brakelights :

4 Chords of the apocalypse :

 

10/11/2009

Retro Stefson déplace des Montaña

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Retro Stefson – Montaña (J’AIME : Passionnément)

Peuplée de seulement 300 00 habitants, l’Islande est une terre musicale fertile. Outre Bjork et Sigur Ros, plusieurs groupes pop rock comme FM Belfast - que l’on retrouvera cette année aux Transmusicales de Rennes - tentent d’étendre leur influence sur le Vieux continent. Y parvenir est tout le bien que l’on souhaite à Retro Stefson, auteur d’un premier album enthousiasmant, « Montaña ».

Formés d’au moins sept membres, ces Islandais proposent une pop enjouée qui pioche aussi bien du côté d’une certaine fougue rock que d’une rigueur toute électronique. Ils ont à leur disposition guitares acoustiques et électriques, synthés, pianos, basse, batteries, boîtes à rythme et sonorités de flûte, d’accordéon et de xylophones et toute une panoplie d’onomatopées à reprendre joyeusement en chœurs.

Des paysages aux influences latines

Extrêmement varié, le résultat étalé sur treize chansons peut s’écouter comme une véritable invitation au voyage. Retro Stefson y affirme un goût pour les sonorités latines qui s’exprime par l’étendue des langues entendues (islandais, italien, espagnol…) et la passion pleine de vie qui habite l’enregistrement explicitement live. « Taelandi » nous emmène dans un bon vieux saloon là où « Elia » tient davantage du paysage bucolique.

« Montaña » peut surtout compter sur quatre pépites qu’on ne se lasse pas d’écouter en boucle. « Medallion » s’appuie sur un entêtant refrain tandis que « Paul is dead » est, lui, construit sur un riff de basse diabolique auquel il est très difficile de résister. Tout comme l’imparable groove de « Papa Paulo (re-edit) ». Quant aux 11 minutes 40 de «  Senseni », elles nous transportent au cœur d’un petit paradis d’abstraction électronique délicieusement répétitif et dansant. Le monde ne devrait pas rester de glace trop longtemps.

KidB

Medallion :

Paul is dead (live) :

Senseni (live) :

14:13 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : retro stefson

09/11/2009

Cymbals eat guitars décroche la timbale

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Cymbals eat guitars – Why there are mountains (J’AIME : Beaucoup)

Les Américains de Cymbals eat guitars me font penser à ses personnages de Woody Allen tout nerveux du fait d’avoir passé leur enfance dans une maison située juste en dessous de montagnes russes. Leur premier album rock « Why there are moutains » manie en tout cas avec dextérité les contrastes de puissance et de vitesse. Tout au long des neuf titres, le calme ne fait qu’annoncer la tempête.

La formation redonne vie à un certain pan du rock américain du début des années 1990 : foutraque, rageur, mélodique. Les guitares se déchaînent mais savent aussi dessiner des paysages plus atmosphériques. Des touches d’électroniques, quelques notes de pianos, des arrangements de cordes ou bien des cuivres finissent d’habiller pour le reste les chansons qui s’étirent facilement ici sur six ou sept minutes.

Fougue chaotique

Comme l’instrumentation, la voix du chanteur et leader Joseph D’Agostino explore toute une variété de tons. Le chant se fait ainsi tour à tour parlé, poignant et criard sur le bucolique « Cold Spring ». Sur le titre « Share », on se croirait à l’opposé chez des voisins de Sigur Ros, adeptes des vocalises et autres chœurs mystérieux. Sauf que le morceau finira bien entendu en longue dévalée de guitares entraînantes.

Au final, Cymbals eat guitars séduit avec ses constructions alambiquées et sa fougue chaotique pleine de rage. Dès l’ouverture, « … And The Hazy Sea » nous ballote dans un tourbillon électrique avant que « Some Trees [merrit moon] » nous entraîne sur les traces de Pavement. Plus posé « What Dogs See » et son atmosphère lancinante nous plonge avec délice au fond de l’eau. Et « Like Blood Does », en conclusion, de s’ouvrir sur quelques notes lentes et majestueuses pour se finir sur une explosion de sons saturés. La recette est aussi immuable que terriblement efficace.

KidB

Wind Phoenix :

What dogs see :

...And the Hazy sea :

23:22 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cymbals eat guitars

03/11/2009

Florence and the Machine à cœur ouvert

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Florence and the Machine – Lungs (J’AIME : Beaucoup)

Dans la famille des chanteuses pop britanniques à la Lily Allen et Kate Nash, je demande Florence Welch. La jeune femme, auteur d’un premier album, « Lungs », sous le nom Florence and the Machine, a suffisamment d’excentricité pour boxer dans la même catégorie que ses deux rivales. Sauf que plus que les mélodies composées au piano, synthé ou guitare, c’est ici la voix qui fait toute la différence.

Si l’album s’appelle « Lungs » (« poumons » en français), c’est d’abord que Florence a un sacré coffre. Son chant nourri à la soul - comme le montre la reprise du « You’ve got the love » de Candi Staton - se joue d’une impressionnante variété de rythmes et de tons, de vocalises éthérées au cri rageur. Au point que la voix de Florence Welch, poussée par des rythmiques percussives, s’épanouit tout au long des treize morceaux sur plusieurs couches superposées.

Amours intenses

Si l’album s’appelle « Lungs », c’est aussi qu’ici tout se joue du côté du cœur. Composé pour une bonne partie au moment d’une rupture, le disque donne à entendre l’amour dans toute son intensité. Les chansons de Florence Welch aux sonorités douces, et par moment très fines, ont une fichu tendance à s’emballer tels les chœurs entraînants de « Rabbit heart (Raise it up) » ou de « Drumming ». Le cœur de « Lungs » bat ainsi souvent très fort.

Et même quand le tempo ralentit, la violence reste là, à l’état brut dans les textes. « I took a knife and cut out her eye / I took it home and watched it wither and die », chante Florence sur le mélancolique « Girl with one eye ». L’amour se déclare ici aussi bien avec des poings (« Kiss with a fist ») qu’un cercueil (« My boy builds coffin »). Car seul et malheureux à en crever (« I’m gonna drink myself to death » sur « Hurricane drunk ») ou amoureux (« And when you kiss me / I’m happy enough to die » sur « I’m not calling you a liar »), l’issue est la même : la mort.

KidB

Drumming Song :

Kiss with a fist :

Rabbit Heart (acoustique) :

02/11/2009

Blk Jks, humains après tout

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Blk Jks – After Robots (J’AIME : A la folie)

Depuis quelques années, les groupes de rock anglo-saxons vont chercher l’inspiration du côté des musiques africaines. Il était donc normal qu’à un moment l’échange se fasse en sens inverse. Après le succès retentissant de DJ Mujava et de son « Township Funk », l’Afrique du Sud tente aujourd’hui une deuxième percée en Occident avec le groupe Blk Jks (« prononcez Black Jacks ») et leur album « After Robots ».

Et dès la première des neuf chansons du disque, on est emporté par une vague d’énergie. Percussions, cuivres jazz, chœurs et impressionnants solos de guitares façon années 1970 revigorent sur « Molalatladi » un dogme rock qui semble aujourd’hui un peu émoussé. La musique des Blk Jks ne manque ni de souffle ni d’entrain, portée par le chant habité à plusieurs voix du quatuor.

Mélodique et abrasif

« After Robots » cultive les atmosphères psychédéliques où les instrumentations peuvent divaguer longuement. La musique prend ainsi le dessus sur les voix explorant des territoires à la fois mélodiques et abrasifs. Les Blk Jks n’ont pas peur de la dissonance ou des mélanges incongrus. Seules comptent ici l’inventivité et l’expressivité des sentiments.

Après les robots, les Sud-Africains prédisent donc un retour à l’humain sous toutes ses formes. A la fois violent ­(« If we all survive », clame le rageur « Taxidermy »), rêveur (l’intro lunaire de « Kwa Nqingetje ») et mélancolique (superbe « Standby »). Porté par la magie de guitares planantes (« Lakeside ») ou heavy, Blk Jks donne à entendre un rock qui aurait retrouvé toute son âme. Rien que ça.

KidB

Lakeside :

Molatlatadi :

Standby (live) :

15:17 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : blk jks

01/11/2009

Turzi, le b.a.-ba électro rock

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Turzi – B (J’AIME : Beaucoup)

Les Français de Turzi aiment brouiller les pistes, même si, chez eux, tout semble très cadré en apparence. Ainsi, après un premier album « A », voici la suite, logiquement intitulée « B ». Sauf que les dix nouvelles chansons, sur lesquelles Bobby Gillepsie de Primal Scream et Brigitte Fontaine font une apparition, viennent un peu casser l’image kraut rock psyché qui colle désespérément à la peau du groupe.

« B » explore ainsi un territoire musical qui va de l’électronique au rock en passant par des sonorités orientales. Certes on retrouve un certain goût pour la répétition mais celui-ci prend ici moins les devants que la débauche d’énergie. A l’heure où les boites à rythmes prennent d’assaut la scène rock, Turzi s’appuie encore beaucoup sur des sons de batterie pour mener la charge à un rythme soutenu.

Riffs rock et fibre technoïde

Synthés et guitares sont ensuite d’attaque. Se drapant même dans des sonorités heavy metal sur un morceau comme « Bombay ». « Beijing », « Baltimore », « Bangkok » ou « Baden Baden » canalisent à coup de riffs et autres accords le moteur rock du disque. Tandis que « Buenos Aires », « Brasilia » ou « Bogota » laissent davantage parler la fibre purement technoïde. Le chant, intermittent, souvent, parlé est, lui, filtré par les machines.

Voyage intense à travers la planète en dix étapes, « B » pioche logiquement dans des sonorités plus exotiques. D’Inde notamment. Le gros rock qui tâche de « Bombay » s’accompagne de motifs orientalisant tout comme « Bethléem » avec ses sons lancinants proches d’un sitar et son chant balbutiant façon mantra. En clôture, les dix minutes de « Bamako » composées avec Areski et Brigitte Fontaine déverse d’entêtantes percussions. Un mot d’ordre : « Nous sommes des mutants. »

KidB

Lire une intéressante interview de Turzi : Ici.

Baltimore (live)

Buenos Aires (Live) :

Bombay (live) :

14:30 Publié dans Electro, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turzi

 
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