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20/04/2009

Dites oui à Delano

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The Delano Orchestra – Will anyone else leave me ? (J'AIME : Beaucoup)

A l’écoute du folk majestueux de The Delano Orchestra, ce sont plutôt des références américaines qui nous viennent en tête : Sparklehorse, Bright Eyes, Lambchop, Arcade Fire, Sufjan Stevens… Pourtant la formation qui se cache derrière les douze morceaux de l’album « Will anyone else leave me ? » est bien de chez nous. De Clermont-Ferrand. Un pedigree qui commence à prendre de la valeur avec l’éclosion de nombreux groupes talentueux biberonnés à la guitare acoustique et à l’ukulélé (St Augustine, Cocoon, Leopold Skin…).

Déjà auteur d’un premier album remarqué intitulé « A Little girl, a little boy & all the snails they have drawn », The Delano Orchestra place ici la barre encore plus haut. Les fines orchestrations arrangées par le chanteur A. Delano dévoilent des trésors de beautés entre douceur acoustique, fureur électrique, l’élégance des cordes et la puissance des cuivres. Une palette très étendue qui permet au groupe de se jouer avec brio des contrastes de tons et des ruptures de rythmes.

De l’ombre à la lumière

Très marqué par la nuit – « Now the night is coming » clame « Something is gone » le morceau d’ouverture -, « Will anyone else leave me ? » exprime avec force les sentiments de mélancolie et à de désolation. La perte et l’enfermement sont deux des thèmes largement ressassés sur l’album, des huit minutes fiévreuses de « The Escape » à la douce complainte « Gone ». Un univers sombre qui sied parfaitement au chant très effacé, proche du murmure, d’A. Delano.

Et si la tristesse est omniprésente dans les textes, elle est heureusement transfigurée par la beauté de la musique. Tendrement cathartiques, les compositions de The Delano Orchestra tirent sans cesse l’ensemble vers la lumière comme sur la ballade « How To care » partagée à deux voix ou l’enjoué « Everything is done ». « Make the most of lights / Straight through this endless night » résume parfaitement le refrain d’ « Endless Night ». Ces nuits sont plus belles que bien des jours.

Kid B

15:24 Publié dans Folk, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : the delano orchestra

18/04/2009

Doherty par la face tendre

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Peter Doherty – Grace/Wastelands (J'AIME : Beaucoup)

Docteur Doherty et Mister Pete. Depuis l’éclosion des Libertines, fers de lance du retour à la mode des guitares au début des années 2000, le Britannique n’a eu cesse de présenter un double visage. D’un côté, le rockeur poète et pêchu, leader des BabyShambles ; de l’autre, l’artiste drogué et ingérable, star de la presse tabloïd à son corps défendant

Avec « Grace/Wastelands », brillant premier album signé de son propre nom et de son vrai prénom Peter, Doherty ouvre une autre facette de sa personnalité. Le voilà, troubadour de l’amour. Des arrangements de corde et de discrètes notes de piano côtoient ainsi les guitares qui mettent largement en sourdine la rage électricité.

Une poignante fragilité

« Grace/Wastelands » est moins un album solo qu’un disque bien accompagné. Aidé d’une partie des BabyShambles et surtout de Graham Coxon, le guitariste de Blur, Pete Doherty livre douze compositions intimes qui ressuscitent le romantisme des feu Libertines. On y croise entre autres « Arcadie, la terre des poètes, un jeune soldat allemand promis à la mort (« 1939 Returning ») et deux amis qui se sont faits la promesse de cramer la vie par les deux bouts avant leurs 25 ans (« New Love Grows on Trees »).

Surtout, Pete Doherty excelle ici dans ses portraits féminins. « A Little Death Around The Eyes », « Salome » et « Lady, Don’t Fall Backwards » distillent une douceur et une fragilité toute poignante. Dans la même veine, « Sheepskin Tearaway », interprété en duo avec la chanteuse Dot Allison, atteint des sommets de tendresse autour de l’histoire d’une junkie tombée amoureuse. Ce rocker a du cœur.

KidB

14:38 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pete doherty

16/04/2009

Harlem Désirs

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Harlem Shakes – Technicolor Health (J'AIME : Passionnément)

Oooh, oooh. Naaa, naaa. Po, po, po. Tooo Tooo, too too too too too. La pop a toujours su se passer des grands discours. Quelques onomatopées repris en chœurs par cinq jeunes artistes originaires de Brooklyn suffisent à faire de « Technicolor Health », le premier album des Harlem Shakes, un des disques les plus excitants que l’on ait entendu depuis le début de l’année. Ajoutez à ça quelques refrains bien malins (« We’ve got time to waste some time » sur le titre « TFO », « If we’re sleeping, we’re sleeping together » sur « Winter Water »), et il ne reste plus qu’à prier pour que les dix morceaux, disponibles pour l’heure en import, traversent au plus vite l’Atlantique.

Car le combo ne manque pas d’atouts dans sa poche. Voix nasillarde rappelant Clap Your Hands Say Yeah, fougue proche d’un Passion Pitt, sens de la mélodie digne d’un Vampire Weekend, collaboration du saxophoniste et trompettiste qui accompagnent TV on the radio ou Beirut… Harlem Shakes semble piocher dans ce qui se fait de mieux à New York aujourd’hui pour créer une musique originale et inventive.

Eros thérapie

Pas le temps de s’ennuyer une seule seconde à l’écoute de ce « Technicolor Health ». Un morceau commencera par une batterie très binaire accompagnée d’une ligne claire de guitare avant de très vite bifurquer sur quelques notes de clavier, une envolée de cuivres et la rythmique martiale d’une boite à rythme. Les accalmies ici n’annoncent que les tempêtes à venir sur des titres qui semblent chacun avoir une dizaine de vie en l’espace de quatre petites minutes.

Par cette terrible énergie communicative, on sent qu’Harlem Shakes espère conjurer les années de galère traversées pour en arriver là. « This will be a better year », proclame le morceau « Strictly Game » quand le titre d’ouverture nous prédit « Nothing but change ». Arrivé à la chanson éponyme placée en toute fin d’album, le chanteur remercie une fille de lui avoir rendu sa santé technicolor. Mixture d’amour et de pop, « Technicolor Health » est sans doute le meilleur des remèdes.

Kid B

Strictly Game :

Sunlight :

15:53 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : harlem shakes

13/04/2009

Papy Young fait de la résistance

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Neil Young - Fork in the road (J'AIME : Bien)

En voiture, cher lecteur. Fan de Neil Young devant l’éternel, je me devais d’ouvrir ce blog par la chronique du nouveau disque de mon héros. Voici donc « Fork in the road », trente-troisième livraison studio du Loner. Si on attendait plutôt le guitare hero du côté d’un coffret d’archives sans cesse repoussé, on ne fera pas la fine bouche après l’écoute de cet album concept entièrement dédié à la voiture électrique.

Déjà, le disque contient une des plus belles chansons que le Canadien ait composées cette dernière décennie. Le titre s’appelle « Light a candle ». Joué à la guitare acoustique, accompagnée d’une pedal steel, il y est question d’allumer la lumière pour éclairer la voie à suivre. Et ne pas céder aux ténèbres. Douce et poignante, la chanson tranche avec la majorité des dix autres titres de l’album, eux pour le coup beaucoup plus enlevés.

La promesse d'une nouvelle énergie

Sur « Fork in the road », Neil Young et ses musiciens accordent avec talent voiture et guitare électrique. On retrouve sur les premières notes de « Just singing a song », la puissance lyrique qui a fait la renommée du chanteur. Lignes claires, éraillées ou riffs lourds en mode boogie… l’instrument est exploré ici sous toutes ses facettes, véhicule à la fois de beaucoup d’entrain (« Get Behind the Wheel », « Hit the road »), d’un peu de colère (« Cough up the bucks ») et par moment d’une certaine mélancolie (« Get off the road »).

Car le disque est autant le recueil d’une Amérique désenchantée (guerre qui n’en finit pas, conservatisme d’une industrie automobile en crise…) que celui d’un avenir plein de promesse porté par l’avènement de nouvelles énergies. Les nombreux chœurs présents sur le disque montrent la voie d’un élan collectif, parfois traité avec un vrai sens de la dérision. Si à écouter Neil le monde est bien à un carrefour, « Fork in the road » est un très bon tournant.

Kid B

22:58 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : neil young

 
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