Avertir le modérateur

04/06/2012

dEus se jette à l'eau

deus-following-sea.jpgRetrouver le goût de l’excitation. Moins d’un an après la sortie de « Keep You Close », qui nous avait laissé assez étrangement indifférent, dEus se résoud à prendre des risques. Le groupe belge star des années 1990 a sorti, par surprise, vendredi un nouvel album « Following Sea ». Rien n’avait filtré, fuité. Restait aux auditeurs de s’approprier seuls ces dix nouvelles chansons. A commencer par « Quatre mains » en ouverture. Soit le premier titre écrit par le chanteur Tom Barman en français (« C’est le cœur qui bat/comme à quatre mains, on joue le refrain/Y a pas d’embarras »). Et le résultat est plutôt réussi. Superposition de riffs accrocheurs, langueur des mélodies, chant profond… On retrouve ici toute l’élégance des Belges au service de contes tantôt noirs tantôt lumineux.

Retrouver un peu d’excitation, c’est aussi pour la bande à Tom Barman se frotter au monde contemporain. Des références à Facebook ou à l’algorithme Google (« I wanna fire up the Google beast algorithm while dreaming of Vietnam on a light blue boat called Regular John thus destroying all evidence from a mediocre night out ») s’inscrivent au cœur de textes, preuve que le groupe a toujours le nez bien dans son époque. Mais heureusement, dEus a l’intelligence ici de ne jamais forcer le « jeunisme ». Et de garder son esprit critique sur la situation en Europe même sur « Crazy About You », la ballade la plus mielleuse et néanmoins touchante du disque : « The sky doesn’t fall/The lightning doesn’t stike/Love goes on/Governements move to the right ».

Car ce vernis contemporain s’inscrit dans un jeu de référence plus large où la mer tient lieu de cap, nourrissant par vagues d’images un album travaillé par les remous et l’appel du large. La richesse de cette palette est l’attrait principal d’un disque tout en contrastes, à l’image du chant de Tom Barman partagé entre phrasé-parlé sec et douces intonations romantiques. dEus nous touche avec l’histoire d’un soldat rongé de remords par les atrocités qu’il a commises (« Hidden Wounds ») ou une tendre histoire d’amour rêveuse façon Sigur Ros (« Nothings ») puis donne la mesure de sa fougue sur le final « One Thing About Waves ». « The lack of laughter is contagious/It spreads the panic within/Only the fool is courageous », chante Tom Barman sur « The Give Up Gene ». Avec lui, louons les fous !

KidB

Quatres mains : 

17:27 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : deus

31/05/2012

Cloud Nothings attaque aux tripes

6d5f6176.jpgOn peut tenir tous les discours que l’on veut sur la vitalité
du rock, sa pertinence ou non en l’an de grâce 2012, on en revient toujours finalement
à une affaire de tripes.
En écoutant « Attack on Memory », troisième album des Américains de Cloud Nothings (jusqu’ici Dylan Baldi seul, aujourd’hui un groupe de quatre), on se dit qu’elles sont clairement sur la table. Pour s’en persuader, on se réécoute en boucle les 8 minutes 54 secondes de « Wasted Days ». Voix éraillée, guitares furibardes, rythmiques puissantes, et cette longue montée en milieu de morceau… on ressent ici toute la frustration  du narrateur éructant « I thought I would be more than this ».

« Attack on Memory », produit par le grand manitou Steve Albini, transpire l’énergie du désespoir.  « No Future/No past » clame le morceau d’ouverture pour donner le ton. « No Sentiment » lui répondra plus tard la sixième plage de l’album au texte programmatique : « We Started a war/Attack on memory/No easy way out/Forget everything/No nostalgia/And no sentiment ».  Avant, on aura eu une nouvelle démonstration de rock débridé sur l’instrumental « Separation », qui coupe le disque en deux.

Cloud Nothings ne fait donc pas dans la joliesse mais plonge sans protection dans les recoins les plus sombres de nos vies. Ennui, solitude, amours brisés, espoirs vains. Sur « Stay Useless » aux contours plus pop, le constat reste implacable : « Nothing I can do will make things change/I’m stuck in here and I’m tired of everywhere/I’m never gonna learn to be alone ». Le tout se conclut logiquement donx sur « Cut You ». L’histoire d’un homme qui apostrophe son ex au sujet de son nouvel ami : « Do you wanna hurt him ? Do you wanna kill him ? Is he gonna work out ? » De cet enfer, on retiendra encore les tous derniers mots : « I need something I can hurt. » Cloud Nothings pourrait bien y arriver. Il vient en tout cas de frapper très fort.

KidB

Wasted Days :

No Sentiment :

Cut You :

15:38 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cloud nothings

24/01/2011

Funeral Party, trompe la mort

Funeral-Party-The-Golden-Age-of-Knowhere_event_main.jpeg

Funeral Party - The Golden Age of Knowhere

Rock’n’roll. Généralement, les enterrements sont rarement associés à l’idée de fête et de déhanchements amusés. Sauf dans l’esprit azimuté de Funeral Party. Le quintet américain amène sur son premier album The Golden Age of Knowhere sa musique foutraque à l’ombre d’un mélange furieusement entraînant de rock et de pop. Toutes guitares dehors donc et avec quelques refrains bien accrocheurs.

Provocateur, le groupe se permet au passage de mettre en son la nouvelle vague de hype qui entoure Los Angeles, ville dont les membres sont originaires. En ouverture, New York City moves to the sound of L.A. pose ainsi le programme à suivre : « It’s all been done before, it will all be done again. » Ne cherchez pas l’originalité donc. Ici, tout est avant tout une question d’énergie, de bonnes vibrations.

Belle vitesse d'execution

Et la principale réussite du groupe est sans doute d’arriver à redonner corps à un certain sentiment d’urgence. Le tout à coup de chant éraillé, de textes repris en chœurs, d’entêtantes lignes de basses ou de synthés et surtout d’une belle vitesse d’exécution. Résultat, de Car Wars à Just Because en passant par Youth & Poverty ou Postcards of persuasion, voilà onze titres qui travaillent autant la tête que les jambes.

Car tout se résume à ça. S’amuser et prendre sa vie à main sans se soucier de ses aînés. Finale, Relics To Ruin ou Where did it go wrong invitent tous à oublier les déceptions amoureuses et autres du passé pour regarder avec confiance vers le futur. Funeral Party transforme les échecs et l’amertume en incitation à la fête. « This is your moment », clame le groupe sur City in Silhouettes. Dépêchez-vous. Pas question de passer à côté.

KidB

14:55 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : funeral party

17/01/2011

Anna Calvi, cet obscur objet du désir

Anna Calvi - Anna Calvi (Official Album Cover) Out January 25.jpg

Anna Calvi - Anna Calvi

Du désir, de l'amour, des pulsions... Le premier album éponyme d'An­na Calvi a les qualités requi­ses pour provoquer de profonds émois. « Je voulais des chansons passionnées », s'exclame la Britannique âgée de 28 ans qui a grandi en écoutant notamment Ravi Shankar, David Bowie, Jeff Buckley ou Nick Cave.

Son disque réunit dix morceaux d'une forte sensualité peaufinés au sous-sol de son appartement pendant près de trois ans. « A un moment, j'ai cru que ma santé mentale était en danger », confie-t-elle. Les thèmes du diable et de l'obscurité ont ainsi gagné leur place sur le disque en cours de conception. « Le processus de fabrication de l'album et son inspiration ont commencé à se mêler. »

Epique et intime

Le premier titre purement instrumental, Rider to the Sea, sert de sas d'entrée dans cet univers marqué à la fois par le rock, la chanson, le classique et le flamenco. Les guitares y tiennent le premier rôle, offrant une vaste palette d'ambiances. « J'aime quand l'instrument sonne comme tout un orchestre, lâche Anna Calvi. La guitare peut donner à entendre quelque chose d'épique ou de très intime. »

Ainsi, le morceau No More Words s'approche du chuchotement amoureux quand Desire tient davantage du cri primal qui vient des tripes. First We Kiss ou The Devil débutent comme de tendres ballades avant de d'être pris dans un tourbillon de sentiments, portés notamment par de fortes vocalises. Le texte s'efface derrière les orchestrations et la puissance de la voix.

Car cette musique, qui ne ressemble à aucune autre, doit beaucoup au chant d'Anna Calvi, beaucoup dans le lâcher prise. La Britannique l'a peaufiné en étudiant longuement ses modèles : Nina Simone et Edith Piaf. Pleine d'émotions, la voix se pose ici avec une belle parcimonie. « La musique est déjà si expressive, je n'avais pas besoin que les mots en disent beaucoup », explique celle qui se dit fascinée par les toiles de Chagall et de Turner et par les films de Wong Kar-waï et de Gus Van Sant. « Des artistes qui font l'effort d'offrir quelque chose de beau. » A son image.

KidB

21:37 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : anna calvi

07/10/2010

Neil Young met son rock à nu

Neil-Young-Le-Noise.jpg

Neil Young - Le Noise 

Sur la route, un vieil homme fait du stop, une guitare à la main. « I’m on this journey. I don’t wanna walk alone. Walk with me », te demande-t-il. Tu le fais monter à tes côtés. Il confesse : « I lost some people I was travelling with. I missed a soul in the old friendship. » Ca faisait longtemps qu’il n’était pas parti ainsi. A l’aventure. Cet homme s’appelle Neil Young et ce voyage lui rappelle sa jeunesse. Ses années passées à Toronto au Canada. Son exil californien.

De gros riffs de guitares secs se font entendre sur l’autoradio. Le temps est lourd, orageux. La chanson parle d’amour. D’un homme et d’une femme qui marchent ensemble et traversent les années main dans la main. Sur la suivante, la voix se fait plus plaintive. Le timbre clair. « Somewhere in the sunshine, you find the dark. Someone’s gonna rescue you ». C’est beau, brut, mélancolique. Neil Young verse une larme. Discrètement. Te demande d’éteindre. Il veut te jouer quelque chose.

Il prend sa guitare acoustique et commence une longue confession. « When I sing about love and war, I don't really know what I'm saying. I've seen a lot of young men go to war
and leave a lot of young brides waiting. I've watched them try to explain it to their kids,
and seen a lot of them failing. They tried to tell them and they tried to explain why daddy won't ever come home again. Daddy won't ever come home again. » Tu verses une larme à ton tour.

Espoirs brisés, planète ravagée

Neil rallume l’autoradio. Les riffs de guitares reprennent. Electrisants. La chanson parle d’un monde en colère. De promesses non tenues, d’espoirs brisés, de luttes, d’enfer et de liberté. Des travailleurs et des pêcheurs. Neil replonge dans ses souvenirs. Te parle de ses déboires avec la drogue. Herbe, amphétamine, valium cocaïne. D’une vie passée à essayer d’alléger ses peines. Une vie à moitié bousillée. « The neon lights and the endless nights. The neon lights and the endless nights. »
 
Il est là. Mis à nu. C’est intense. Il se tait. Reprend sa guitare acoustique. Il chante une planète ravagée. Les bisons tués, lors de la conquête de l’Ouest américain, les rivières asséchées, un ours polaire perdu sur un glacier à la dérive… « Who'll be the one to lead the nations and protect God's creations ? » Il te parle un peu environnement. De la faiblesse des hommes. De leur appétit destructeur. Et t’apprend que tout se tient en quatre simples questions : « When Will I learn how to listen ? When will I learn how to feel ? When will I learn how to give back ? When will I learn how to heal ? »
KidB

13:55 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : neil young

23/09/2010

!!! a le chic chic chic pour faire danser

strange.jpg

!!! - Strange weather isn't it ?

Il est minuit. La fête bat son plein. Les !!! sont à fond, déversant leur groove infernal sur la foule qui en redemande. Encore et encore. Partout, les gens se bougent, portés par de superbes lignes de basse, les guitares enivrantes du groupe, les rythmiques répétitives et la voix chaleureuse du chanteur. Punk funk, maestro.

Un homme est assis seul dans un coin, un écouteur à l’oreille. AM/FM. Il est branché sur la radio. Une femme le rejoint : « Tu n’es encore qu’un garçon. Tu as encore beaucoup à apprendre », lui dit-elle avant de repartir. Lui se décompose. Comme en écho à sa douleur, le groupe chante : « You'll find the heartache is hard to hide / When the blade's so deep in your back / It comes out the other side ».

Transe, rêve, ennui

De l’autre côté de la pièce, un homme est au bar, noyant sa solitude dans l’alcool. Pas loin, une drôle de conversation prend forme : « Je ne vois pas pourquoi les rêves seraient restreints à leur monde. » Le couple s’embrasse, le groove repart encore plus fort. Bientôt suivi par une envolée de cuivres. La piste est chauffée à blanc. « If the kids love it then I would bet it / That the beat goes on. »

A l’entrée, une femme en tailleur s’ennuie ferme. « What’s the harm in getting a little confortable ?, semble ironiser le chanteur. Jump back. There’s time enough for dying later. » Un homme se rapproche, l’invite à danser. Elle refuse. « And please don’t think we’re friends. » Pas loin, la foule est en transe. Le groupe lâche ses dernières forces dans la bataille. « Don’t stop / Come on. » Plus rien n’arrêtera la fête.

KidB

13:34 Publié dans Electro, pop, rock | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : !!!

13/09/2010

Interpol, un cri au coeur de la nuit

Interpol_2010.jpg

Interpol - Interpol

« Dreams of long life / What safety can you find ? » Dès les premières notes, les premiers mots, on entre dans le nouvel album éponyme d’Interpol comme on entrerait dans une forêt la nuit. La peur au ventre. Sans aucune sécurité. La menace rode partout, portée par des guitares tranchantes. Les couches de sons sont empilées, l’atmosphère dense. Les rythmiques dévalent à toute vitesse au premier plan. La voix du chanteur, Paul Banks, est là, posée, débordante d’angoisse.

On avance doucement pour trouver quelques espaces plus clairsemés. Des tempos plus lents, quelques notes de piano. Mais l’ambiance générale reste la même. Lourde. Nous voilà dans cette forêt pris d’un malaise existentiel. «  I only ever lie to make you smile. » Mais peu à peu, un phénomène étrange. Nos yeux se font à l’obscurité. On découvre ça et là quelques douceurs cachées. Des chœurs qui montent vers le ciel. « I want to stay magical. » Lights. Lumière. Nous voilà léger. Presque chantant.

Dernières branches

Sauf que l’accalmie sera de courte durée. Barricade. La meute est de retour, à nos trousses. Plus intense que jamais. Paul crie. « There’s no more tears to cry. » Nous voilà en danger. Comme mis à nu. Always Malaise (The Man I Am). La voix tremble, la musique vacille. Et se termine sur une batterie que rien n’arrête. Un métronome qui déchire le peu qui nous restait. Un chaos destructeur à partir duquel tout peut se reconstruire. « As heel I heal / I’ll do it again / Over and over and over and over ».

La douceur des notes de piano de nouveau. Les guitares plus claires. La détresse dans la voix. Nue. A l’état brut. « There’s nowhere to stay. » La forêt nous a vaincus, l’être aimée est perdue. On se raccroche aux dernières branches. « Baby who is this guy? /Does he say that he'd like to know you ? » En arrière-plan, l’orage gronde. Et là, le miracle. On devrait être plus bas que terre. A ramasser à la petite cuillère. Mais les cordes nous élèvent. Quelques mots en espagnol. Léger de nouveau, au cœur du malaise. « And it raised me ». Comme une révélation. L’épreuve était dure, elle nous a grandis.

KidB

 

14:14 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : interpol

17/05/2010

Un rock qui nous rend Foals

cucharasonica.com.files.2010.03.foals_.jpg

Foals - Total Life Forever (J'AIME : A la folie)

* Qui ? Cinq Britanniques qui avaient affolé la planète rock en 2008 avec un album fougueux, "Antidotes", produit par David Sitek des TV on the radio. Ils reviennent avec un deuxième essai plus long en bouche, "Total Life Forever".

* Genre ? Pop rock enlevé et inspiré.

* MySpace de l'artiste : Foals.


Total Life Forever :

* Le disque ?

On trouve au coeur de "Total Life Forever" un des plus beaux enchaînements entendus cette année. La tension monte doucement tout au long de "Black Gold". Le morceau s'ouvre tranquillement par une rythmique répétitive et d'entêtants accords de guitare. La mélodie se déroule accompagnée de quelques choeurs. Et d'un coup, la mécanique se bloque sur le riff de guitare répété à l'envie comme si le disque était rayé. La rythmique accélère. Les guitares suivent. La mélodie repart. Transformée. Comme chargée d'électricité. Sur le final, la tension monte encore d'un cran sans exploser. Derrière, nous voilà plongé sous le soleil dans le désert. Comme écrasé par une chaleur de plomb. "Spanish Sahara" s'ouvre par une rythmique toute lente et la voix toute posée et douce du chanteur Yannis Philippakis. La mélodie accélère lentement au fur et à mesure que la chanson avance. Puis l'explosion attendue arrive. La guitare électrique démarre. D'un coup. Suivie d'une deuxième. Toute la tension accumulée se déverse là dans le désert.

Tout l'album fonctionne ainsi. Sur ses incessantes variations de rythme. Foals nous emmène dans de véritables montagnes russes aux structures complexes. Les voix sont ici davantage mise en avant que dans le feuilleté sonore concocté par David Sitek pour "Antidotes". Les cuivres reléguées à la cave. L'explosivité constante du premier disque laisse place ici à une direction plus pop, toujours bercée de quelques touches d'électroniques. Les mélodies sont plus évidentes comme sur le très court "Fugue" et le chant de Yannis Philippakis, plus clair. Invitant l'auditeur à reprendre les refrains du groupe en choeur. Les sons de guitare sont également plus guillerets, portés sur la création d'un groove blanc qui donne par moments sacrément envie de se déhancher. Tout le disque baigne ainsi dans un espace sonique amniotique bercé de lumière, à l'image de la pochette du disque. Entre le ciel, l'eau et la terre. Dans ce véritable paysage, on se sent bien. Au chaud. Tous les sens en éveil. Venez-y.

KidB

Spanish Sahara :

 

* L'anecdote ? Après David Sitek, c'est ici Luke Smith, ancien membre du groupe Clor, qui se colle à la production de "Total Life Forever". L'album a été enregistré en Suède. Un CD bonus propose des boucles et bouts de mélodie qui ont donné naissance au disque.


Miami :

13:45 Publié dans pop, rock | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : foals

11/05/2010

The National : "On aime la crasse attachée aux productions maison"

national.jpg

The National toujours plus haut. Le groupe de rock américain a sorti ce lundi son cinquième album « High Violet », parfait équilibre de tension, mélancolie et malaise. La bande du chanteur Matt Berninger a plébiscité les guitares crades sans rien renier de ses complexes orchestrations. Un sérieux concurrent au titre de disque de l’année. Rencontre.

Pour l’enregistrement de votre nouvel album « High Violet », qu’est-ce qui a changé ?

Matt Berninger : Il y avait pas mal de nouveautés pour cet enregistrement. Notamment, maintenant on a notre propre studio dans le garage d’Aaron.

Aaron Dessner : Jusqu’ici on préparait tout avant d’enregistrer les morceaux en studio. Les démos devenaient l’album. Là, on a pu passer plus de temps sur la production. Le son est donc plus dur, plus étrange encore que sur les précédents. On a pu expérimenter beaucoup plus, sans aucune limitation. Si quelque chose ne nous plaisait pas, on recommençait. Et on l’a pas mal fait. C’est frustrant mais une bonne chose au final.

M. B. : Heureusement, je ne suis pas capable d’écrire plus de textes. Ca nous oblige à nous limiter. Je n’écris pas aussi vite.

Vous travaillez toujours séparément ?

A. D. : Pour une bonne part, oui.

M. B. : On passe beaucoup de temps ensemble, mais pas pour improviser comme ça. On ne se réunit pas pour jouer et voir ce que ça donne. Chacun travaille un petit arrangement de son côté, une idée. Le partage avec les autres. C’est bien que chacun puisse nourrir d’abord son propre monde avant de mettre les choses en pratique. Les idées en sont plus variées.

Chacun peut voir si elles tiennent d’abord la route…

M. B. : Par le passé, quand on commençait à jouer ensemble, on jugeait les choses de manière négative trop vite. Un tas de choses n’avaient pas le temps de se développer. Elles étaient déjà à la poubelle.

Comment avoir le recul ?

A. D. : On ne perd pas notre temps sur des choses qui ne sont pas inspirées. On sait éliminer ce qui ne va pas assez vite quand même. On revoit constamment notre approche de chaque chanson. Les chansons sur le disque sont le résultat d’un peu de créativité et de beaucoup de travail.

M. B. : Le plus dur, c’est quand tu sens qu’un morceau a du potentiel, mais tu ne trouves pas la bonne alchimie. A ce moment là, on ne veut jamais s’arrêter. Ou on le met pas sur le disque.

A. D. : La fin du morceau « Afraid of Everyone » vient des sessions de « Boxer ». On savait qu’on tenait quelque chose mais on avait pas réussi à l’utiliser.

M. B. : Sur « High Violet », il y a un titre dont on a enregistré 116 versions différentes. Parfois la différence ne tient qu’à un détail. Mais plus on faisait des prises, moins le résultat était probant. A un moment, on s’est arrêtés. On est reparti des toutes premières prises et on a fini la chanson. C’est comme ça qu’on travaille. On tourne en rond à en devenir fou puis on trouve. Un détail et le morceau est gâché. Ca nous arrive tout le temps. On a aussi mis du temps à finaliser la tracklist. On est même retourné deux heures en studio après avoir commencé à masteriser le disque.

Sur « High Violet », les textures sont très travaillées avec de nombreuses couches de son…

A. D. : Ce sont exactement le genre de choses qui ne peuvent exister dans un vrai gros studio. On ne veut pas faire perdre tout ce temps à un ingénieur. Au départ, on a empilé les sons pour voir ce que cela donne puis c’est devenu une des lignes de direction de l’album. On s’est dit : « Suivons cette voie bizarre ». « Boxer » avait un son plus fort, avec la batterie poussée très en avant. C’est moins le cas ici. L’instrumentation est plus floue. On ne discerne pas bien tous les sons. C’est voulu.

M. B. : A un moment, on s’est dit que c’était ce qu’on voulait.


Afraid of everyone :

 

Les textes aussi semblent explorer cette zone de flou, mais dans les sentiments…

M. B. : J’écris toujours mes textes en écoutant de la musique, que ce soit celle du groupe ou d’autres musiciens. Cette fois-ci, je me suis soucié des textes qu’une fois les chansons presque terminées. Avant je me suis concentré sur les mélodies uniquement en m’appuyant sur des mots qui ne voulaient rien dire. Au final, ca a été une bonne chose même si le processus fut difficile. Il fallait déconstruire certaines chansons pour placer les paroles sans casser ce qu’on avait fait. Surtout, beaucoup de ces mots qui n’avaient aucun sens se sont révélés plus fort que tout ce que j’ai pu écrire par la suite. On les a donc gardés sur le disque. Comme « Terrible love that I’m walking with spiders ».

Le ton s’accorde bien à la musique…

M. B. : Les textes sont, au final, plutôt sombres, sinistres. C’est en partie lié à la musique. Ce qui est étrange, c’est qu’au départ, on voulait tous faire un disque plus fun. Moins mélodramatique. Moins à propos d’un homme qui chante ses problèmes. C’est plutôt raté, mais en un sens le disque est quand même plus fun, en terme de rythmes, tempos, mélodies.

On ne se change pas aussi facilement…

M. B. : Une fois qu’on compose les chansons, on essaie de parvenir au meilleur résultat possible en laissant de côté les grandes idées qu’on pouvait avoir au départ. On est à l’aise avec ces grands sujets pleins d’émotion.

D’où est venu le titre du disque ?

M. B. : Je voulais un titre avec « High ». Comme High Noon ou High Society. Puis violet m’est venu dans un avion. J’avais ce petit livre religieux écrit en violet sur cette flamme violette qui emporte les âmes et tout un tas de trucs étrange comme ça. Je savais que je tenais un bon titre. Maintenant, j’ai dix interprétations pour l’expliquer. Mais ça n’a pas un sens bien précis. Ca évoque juste beaucoup d’images avec deux mots.

Votre écriture fonctionne beaucoup comme cela…

M. B. : C’est dur de trouver la combinaison de mots qui dit peu tout en vous faisant penser à un tas de choses. Pour moi, c’est la clé. De petites étincelles qui déclenchent des choses dans votre cerveau.

Quels sont les auteurs qui vous ont influencé ?

M. B. :Je ne passe pas mes journées à lire des livres, de A à Z. Je m’attarde beaucoup sur les mots, des expressions. J’ai beaucoup d’ouvrages ouverts sans que je les lise. J’en garde de toutes petites choses. Après, j’ai été très marqué par Joan Didion, Grace Paley. Cette dernière est celle qui m’a le plus influencé. J’ai toujours avec moi son recueil de nouvelles « Enormous Changes at the last minute » (« Enormes changements de dernière minute » en français). J’ai volé tout un tas de choses chez tout un tas de gens. Jonathan Ames pour le dernier album. Je n’étudie pas les auteurs. Je suis comme un peintre qui déambulerait dans une galerie d’art. Je n’enregistre que des petits bouts qui m’intéressent. Ca fait d’ailleurs très longtemps que je n’ai pas terminé un nouveau livre. La télé, le cinéma m’inspirent aussi. Je vole tout ce que je peux.

Vous écrivez aussi un scénario ?

M. B. : Oui avec mon frère. Depuis des années. C’est très très bien. Il m’en veut un peu d’en avoir parler. C’est un film policier. On verra si The National est libre pour participer sur la BO.

La pochette symbolise un peu la même chose avec ce fond gris et ces couleurs vives…

M. B. : Cette image est en fait une sculpture en papier d’un artiste new-yorkais. Au milieu du mixage, on cherchait des idées pour la pochette. Quand j’ai vu cette œuvre, elle collait au disque en plusieurs façons. Elle est très fouillis. On ne distingue pas vraiment les mots écrits. Comme un bruit un peu fou. Une bonne partie du disque touche à ces états émotionnels intenses, comme la paranoia.

Il y aussi plus de chœurs sur le disque…

A. D. : C’est un autre apport du studio. On a pu expérimenter avec les voix, multiplier les couches comme pour les autres instruments. C’était une esthétique qui nous intéressait.

M. B. : Avec toutes ces voix, les chansons sont plus universelles. Elles symbolisent moins la confession d’un seul homme. Ici, on touche à des choses plus larges.

A. D. : Puis comme le studio était à la maison, beaucoup d’amis apparaissent sur le disque. Des membres de Clogs, Sufjan Stevens chante sur « Afraid of everyone », Richard Parry d’Arcade Fire est présent sur plusieurs morceaux. Ca a très bien marché. Beaucoup de musiciens vivent dans notre quartier à Brooklyn. Les loyers sont encore abordables.

Et il y a également plus de tensions que sur « Boxer »…

M. B. : Sur « Boxer », je voulais éviter de laisser échapper la tension. Peut-être pour des raisons stupides. Je ne voulais pas devenir le cliché du groupe avec le chanteur qui crie. « Abel », « Mr November » étaient devenues les chansons qui nous représentaient le plus. Sur « High Violet », on se lâche de nouveau, mais ça passe plus par les instruments que par les voix.

A. D. : On voulait jouer plus fort. Un très gros son même pour les passages les plus tendres.

M. B. : On voulait souffler notre public. Tuer cette tension rentrée qui a si bien marché sur « Boxer ».

A. D. : Matt a dit très tôt qu’il voulait que l’on sonne comme un pneu qui glisse sur la route, qui crisse. On a davantage joué sur les distorsions. Ce genre de choses. Au départ, j’étais un peu nerveux, car j’aime les sons très clairs. Les orchestrations autour des guitares restent plus lisibles. On a utilisé des cors et de la clarinette basse plus que la trompette ou le violoncelle car ils transmettent des sonorités plus sombres qui s’accordaient bien avec les guitares.

 

Anyone's Ghost :

 

Vous avez testé les chansons live ?

M. B. : On vient juste de faire nos premiers concerts [l’interview a été réalisée il y a plusieurs semaines]. Tout n’est pas parfait mais les nouveaux morceaux sonnent bien.

A. D. : On a tout donné avec une semaine de répétition non-stop. Tout le monde en est sorti épuisés mais ça en valait la peine. Heureusement, l’album est très fun à jouer.

M. B. : Je trouve que certaines chansons sonnent encore mieux que sur le disque. On aurait peut-être dû encore attendre un peu avant de l’enregistrer.

En mai, vous jouez avec Pavement à Paris…

A. D. : On devait jouer le même soir à Paris. Pour nous, ça avait du sens de combiner les deux. On est de gros fans du groupe. A part les Pixies, c’est vraiment notre référence du début des années 1990.

M. B. : Les Pixies, REM, Pavement. Dès qu’on a eu la possibilité de jouer avec eux, on a sauté dessus. J’espère qu’ils nous aiment bien. On ne les a jamais rencontrés.

Vous vous êtes connu en Ohio ?

M. B. : J’ai fait mes études avec Scott. Aaron et Bryce connaissaient le frère de Scott.

A. D. : On s’est tous installés à New-York pour le travail. Le groupe est venu ensuite. Un peu par hasard. On s’est retrouvé un week-end pour jouer, s’amuser. Avec Bryan et Bryce, je faisais partie avant d’un mauvais groupe qui se prenait très au sérieux. On avait échoué et on s’était séparé. Mais on avait l’habitude de jouer ensemble. Scott et Matt avaient un groupe à la fac, puis avaient tout arrêté.

M.B. : Moi, j’ai vécu cinq années à New-York avant la création de The National.

A. D. : Tout le monde était très étonné du résultat de cette première session. A quel point on était bon.

M. B. : Sauf qu’on ne savait ni qu’on allait former un groupe, ni quel type de chanson jouer. On venait de deux horizons musicaux très différents. Les premiers morceaux que l’on a écrits avaient un côté très americana, presque folk. On a mis des années à trouver notre propre son.

Vous travailliez encore jusqu’à « Alligator »…

A. D. : Matt a quitté son travail juste avant sa sortie. Comme à peu près le reste du groupe. Ca fait cinq ans. C’est bizarre.

M. B. : On a utilisé toutes mes économies pour partir en tournée.

A. D. : On sentait à ce moment là qu’on était à un tournant. On venait de signer chez Beggars et on était très fier du « Cherry Tree » EP. On aime bien nos deux premiers disques, mais ils étaient plus imparfaits. Le label français Talitres nous a quand même donné confiance en sortant nos premiers disques. Nos premiers fans étaient à Paris.

M. B. : C’est ici que l’on s’est rendu compte que l’on pourrait vivre de notre musique. Si les gens nous aiment à Paris, on pensait qu’on nous aimerait ailleurs. Pour la première fois, on ne jouait pas principalement devant nos amis.

Vous avez commencé votre carrière au début des années 2000 à un moment où New-York revenait à la mode…

M. B. : On a vu l’émergence de toute cette scène rock. On aurait aimé en faire partie. Notre premier album est sorti en même temps que celui des Strokes. Ca nous a rendus un peu jaloux. Mais ça nous a aussi motivés pour la suite. The Strokes méritent ce qui leur est arrivé. Pour nous, ça a été plus lent.

A. D. : Les journalistes aiment avoir un angle pour écrire leur papier, mais selon moi, ce n’est pas nouveau qu’il y ait de bons groupes à Brooklyn. En plus, une partie ne correspondent pas vraiment à l’esthétique mise en avant. Pour notre part, on a un pied dedans, un pied dehors. Parce que ça fait un moment qu’on est là maintenant.

M. B. : Je ne pense pas non plus que tous ces groupes soient liés par un son. Mais c’est vrai que New-York est le parfait endroit pour un musicien. Il y a plein de salles pour se produire, de studio. C’est un lieu créatif très sain.

Avec My Brightest Diamond, Sufjan Stevens, vous commencez à former une petite communauté…

A. D. : Il y a toujours du passage à Brooklyn. C’est donc facile de rencontrer d’autres musiciens que l’on apprécie, de travailler avec eux. La compilation caritative Dark was the night n’a été possible que parce qu’on connaissait tous ces gens[Antony & the Johnson, Sufjan Stevens, Grizzly Bear, Beirut...], tous ceux à qui on voulait demander une chanson. Il y a aujourd’hui tout un tas de gens qui ne font pas la même musique, mais qui s’apprécient. Ca devient une sorte de petite communauté en effet. Tous les artistes étaient contents de faire cette compilation.

Votre public s’agrandit d’album en album…

M. B. : C’est très important pour nous. On est aussi très reconnaissant que de nombreuses personnes nous soient fidèles au fil des ans. On a de la chance. C’est bien d’être de plus en plus populaire mais il ne faut pas courir après le succès. On n’a aucun intérêt à suivre les sons à la mode. Il nous suffit d’être nous-mêmes satisfaits de ce qu’on fait. Le public suivra. Pour chaque album, on a suivi la direction que l’on voulait sans essayer d’être The Strokes. Même si ce serait super d’être dans leur peau pour une journée. Etre the National aujourd’hui est une position très confortable.


Bloodbuzz Ohio :

 

Vos disques ont fait partie de nombreuses listes des meilleurs albums des années 2000…

A. D. : C’est touchant de voir que les gens n’ont pas oublié un disque comme « Alligator ». Quelque chose s’est passé. Mais l’important pour nous, c’est qu’on a le sentiment d’avancer, de progresser de disque en disque. De proposer toujours quelque chose de nouveau, même si on sonne comme The National. L’un n’est pas forcément meilleur que le précédent, mais différent. Pour « High Violet », on aurait pu se payer un super studio, mais ce n’est pas ce qu’on voulait. On aime la crasse attachée à tout ce qui est fait à la maison. Et le disque n’en est pas moins épique.

M. B. : On a vraiment beaucoup de chance.

A. D. : Nos fans respectent notre musique. Ils ne nous suivent pas pour être à la mode. Les tournées sont de plus en plus confortables. C’est presqu’un rêve pour nous.

M. B. : On a tous très peur que ça s’arrête. On a vu la chose arriver à tant de gens. L’attention du public pour un groupe est très courte. On privilégie d’abord la nouveauté. Nous on a déjà un peu de bouteille et un public de plus en plus important avec chaque disque. C’est quelque chose de très rare. Nous en avons conscience et ne le prenons pas du tout pour acquis. On se donne énormément de mal pour surprendre nos fans.

A. D. : On a eu beaucoup de mal à finir ce disque. Après six mois, on arrivait plus à rien. Plus on approchait de la fin, plus c’était difficile. On était tous frustrés, fatigués. A en perdre la raison. On se disputait en disant : « Moi, je ne sors pas ce disque s’il n’est pas meilleur que "Sergent Pepper’s" des Beatles ».

M. B. : On ne peut pas se contenter de faire un bon disque. Il faut se sortir les tripes. Le résultat doit obligatoirement être brillant.

Recueilli par KidB

17:27 Publié dans Interview, rock | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : the national

25/01/2010

Tindersticks soulève des montagnes

tindersticks-falling.jpg

Tindersticks - Falling Down a Mountain (J'AIME : Passionnément)

* Qui ? Trésors de la scène folk rock des années 1990, les Britanniques de Tindersticks passaient en 2008 de six membres à trois après un hiatus de plusieurs années pour l'album "The Hungry Saw". Ils reviennent aujourd'hui avec "Falling Down a Mountain", un huitième disque studio ouvert à de plus larges influences.

* Genre ? Folk rock élégant

* MySpace de l'artiste : Tindersticks

Keep You Beautiful :

* Alors ce disque ?

Tindersticks fait partie de ses groupes dont on attend chaque nouvelle livraison avec respect plus qu’avec passion. A tort. Pour "Falling Down a Mountain", son huitième album studio, le groupe folk-rock, réduit à un trio depuis 2007, s’est laissé aller à explorer de nouvelles directions. On découvre ainsi les Britanniques adeptes de free-jazz sur le premier titre éponyme, de doo-wop sur l’intrigant "Harmony Around My Table" ou de grandes orchestrations sur l’instrumental final "Piano Music".

Mais que les fans de la première heure se rassurent, Tindersticks n’en a pas oublié ses fondamentaux en route. La voix profonde du chanteur Stuart Staples fait toujours merveille sur une poignée de ballades tendres ou sombres à pleurer ("Keep You Beautiful", "Factory Girls"…). Le tout mis en musique, comme à leur habitude, avec une élégance rarement égalée.

Chaleureux, le disque met le cap sur l'ouest américain avec les titres "She Rode Me Down" porté par de beaux sons de flûte, "Black Smoke" ou "No Place So Alone". Généreux, il met en avant de nombreux chœurs qui viennent soutenir la voix de Stuart Staples et accueille le très beau timbre de la chanteuse canadienne Mary Margaret O'Hara. Le morceau s'appelle "Peanuts". Et comme le reste de l'album, il ne vaut pas des cacahuètes.

KidB

Factory Girls :

* Anecdote ? Plusieurs des musiciens qui accompagnent le groupe sur ce nouveau disque ont également aidé à la composition des bandes originales des deux derniers films de la Française Claire Denis, "35 Rhums" et "White Material". Tindersticks avait déjà collaboré avec la cinéaste pour "Nénette et Boni" et "Trouble Every Day".

Falling Down a Mountain :

13:30 Publié dans Folk, rock | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tindersticks

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu