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06/01/2013

Top album 2012 : 6-10

 

Cloud-Nothings-Attack-on-Memory.jpg6 : Cloud Nothings
- Attack on Memory


La formule est basique, mais d'une efficacité redoutable. Le rock rentre dedans de Cloud Nothings est chanté avec une telle verve et joué avec une telle ferveur qu'il dévaste tout sur son passage. Ici, tout semble inspiré, mélodique, sincère, avec l'aide de la production resserrée de Steve Albini. Une boule nerveuse sans futur ni passé qui prend à la gorge. Entendre Dylan Baldi s'époumoner : "I Tought I Would Be More Than This" (à peu près "Je pense que j'aurais fait mieux que ça") sur le génial Wasted Days suffit à nous refiler quelques frissons. Joué comme ça, il n'y a pas de doute, le rock est bien en vie.

 

Grizzly-Bear-Shields.jpg7 : Grizzly Bear
- Shields


Crée au début des années 2000 comme le projet solo d'Ed Droste, Grizzly Bear s'est imposé au fil de la dernière décennie comme un des groupes américains les plus passionnants du moment. Surtout, le quatuor n'a eu de cesse d'élargir son univers musical d'une folk électronique dense à une pop enlevée se jouant de structures mélodiques complexes. L'idée maîtresse du groupe a été de mettre en place des instrumentations riches sans que celles-ci n'occupent toute la bande sonore. Chez Grizzly Bear, ce sont d'abord les voix qui prennent les devants, aériennes, sensuelles, sinueuses. Elles nous guident sans ciller vers de délicieux sommets.


Breton_Other-Peoples-Problems.jpg8 : Breton
- Other people's Problems

Arrangements de cordes, gimmicks électroniques, énergie rock... Les Anglais de Breton proposent sur leur premier album Other People's Problems un panorama saisissant de l'indie pop contemporaine. Ils passent ainsi d'une atmosphère mélancolique à un morceau dansant avec naturel et maturité. Bref, ces enfants rock du Mike Skinner de The Streets ont du talent à revendre. Et un univers cinématographique d'une richesse proprement jubilatoire.


Hot Chip.jpg9 : Hot Chip
- In Our Heads

Si une chanson nous a totalement obsédée cette année, c'est bien Flutes de Hot Chip, son chant traînant et mélancolique, ses rythmiques entraînantes. Car si la musique des Britanniques est généralement rangée du côté de l'électronique, c'est en se tenant à une distance respectable du dancefloor. Et tant mieux, tant le groupe a une capacité à surprendre, émouvoir, envoûter sans jamais céder à aucune facilité. In Our Heads se fait une place de choix dans nos têtes. Aucune raison de l'y déloger.


Animal.jpg10 : Animal collective
- Centipede Hz


Les détracteurs de Centipede Hz, le tout nouvel album d'Animal Collective, ont comparé le disque à une empilement sans fin de fenêtres ouvertes sur YouTube. Pourtant, le maelstrom sonore des Américains n'a rien d'indigeste. L'accumulation de couches donne au contraire une énergie folle à cette pop psychédélique où s'entrechoquent les voix et les rythmiques jusqu'à la transe. Moins fluide que son prédécesseur, Merriweather Post Pavilion, Centipede HZ reste une montagne russe dans laquelle on aime à être secoué avec plaisir.

30/09/2012

A juste titre #06 : Rosie Oh

Animal-Collective-Centipede-Hz-e1340167815339.jpgAnimal Collective :
Rosie Oh (2012)

C'est peu dire que l'on guettait le nouvel album d'Animal Collective avec une attente un peu fébrile. Et une nouvelle fois, le groupe américain tient toutes ses promesses. Après les ondes pop de Merriweather Post Pavilion, Centipede Hz compile les couches de son et les voix avec créativité, gourmandise et une énergie communicative.

Parmi cette collection de onze pépites pop mutantes, Rosie Oh tire son épingle du jeu. Là où la musique d'Animal Collective semble généralement destinée à faire vriller nos cerveaux ou animer nos pieds, ce morceau glisse sur une douce pente émotionnelle, comme né d'une crise existentielle. Il y est question de chemins solitaires, d'une main tendue repoussée, des choses qui nous pèsent. Le refrain, "I'd like to embrace it all", tient presque lieu de catharsis. Véritablement poignant.

Bonne écoute,

KidB

08/04/2011

A l'avant-garde de la pop, le son d'aujourd'hui

Animal-Collective.jpg

Le bon son du moment. Dans son dernier numéro, le magazine Vox Pop essayait de décrypter ce qui caractérisait la pop en 2011. Bilan de The XX à James Blake en passant par The National ou Deerhunter : une certaine lenteur, de la grisaille, un trouble entre deux eaux. Pour prendre un peu de recul par rapport à la production de ces derniers mois, je dirais que cette mouvance qui émerge très clairement en ce début d’année, n’est qu’une des deux branches d’un mouvement plus large. A côté, de cette veine plutôt sombre, on trouve aussi une mouvance pleine de vitalité menée tambour battant par Animal Collective (Atlas Sound, Foals, Braids, Sin Fang…) autour d’un psychédélisme païen renouvelé. Entre ces deux formes d’avant-gardes, bien sûr, tout un entre-deux de formations aux styles intermédiaires.

Car plus que ces deux archétypes en apparence opposés, il est intéressant d’étudier les quelques points qui relient l’ensemble, dressant une carte de tendances plus longues qui dessinent la pop d’aujourd’hui.

D’abord, c’est un peu la tarte à la crème, mais la donnée qui marque le plus profondément l’époque est sans aucun doute le mélange de plus en plus poussé d’organique et d’électronique. Finie la domination du classique chant-basse-guitare-batterie. De plus en plus de formations intègrent désormais les synthés bien sûr, mais aussi, de manière très appuyée, les boîtes à rythme. Les outils de production sont de plus en plus abordables et de nombreux groupes développent leur propre studio, offrant des mix de plus en plus sophistiqués et encourageant l’expérimentation.

Tous en boucle

En découle une esthétique très marquée par le hip-hop, qui était déjà à l’origine un terrain de rencontre entre musique noire et musique blanche. S’il y a trois ans, Noel Gallagher d’Oasis pouvait encore critiquer le festival de Glastonbury pour avoir invité Jay-Z, aujourd’hui, nombreux sont les cerveaux pop qui clament leur amour du rap ou du jazz. Peu étonnant qu’un membre des Britanniques de Foals lâche sur le Net des mix house et rap quand Jamie XX s’impose comme un des beats makers les plus intéressants du moment, reprenant en intégralité le dernier album de la gloire soul Gil Scott Heron. Ratatat et MGMT s’acoquinent de leur côté avec Kid Cudi (ou l’inverse) quand Memory Tapes remixe Gucci Mane et Animal Collective lâche son flow sur des boucles. Ces dernières se retrouvent désormais chez des artistes aussi divers que Le Prince Miiaou en France ou James Blake en Angleterre.

Résultat, les rythmiques jouent à égalité avec la mélodie. Elles reviennent au premier plan de l’esthétique pop s’appuyant sur une belle sophistication. Jeu de batterie traditionnel, percussions et froideur des boîtes à rythmes se marient, parfois sur le même morceau. Vampire Weekend avait ainsi remis au goût du jour auprès d’un certain public les rythmiques africaines. Depuis si These New Puritans est sans doute avec Portishead une des formations qui a poussé ce jeu de syncopage le plus loin avec l’album Hidden, de Zola Jesus à The XX, en passant par Radiohead, Salem, Fever Ray, Esben & The Witch ou Memory Tapes, les rythmiques industrielles s’imposent comme un beau terrain d’exploration pop.

Combinaisons en tout genre

La faute aussi à bouleversement du travail sur la structure même des morceaux. De nombreux artistes s’éloignent ces jours-ci un peu des classiques couplets-refrains pour offrir des paysages plus vallonnés et plus complexes travaillés par la répétition ou la brisure. La conquête d'espaces est la nouvelle frontière, explorant une profondeur de champ digne de la 3D au cinéma. Le psychédélisme est ainsi de retour à la mode. MGMT s’offre Siberian Breaks, une longue plage de plus de dix minutes sur son deuxième album Congratulations. Animal Collective manie la terre, le feu et l'eau. Même sur un temps beaucoup plus limité, un groupe comme Sourya en France démarre sa chanson Anatomy Domine comme une sorte de touchante ballade au synthé avant de basculer au milieu vers une transe électronique et robotique. Une diversité encore plus symptomatique à l’échelle d’un album complet.

Freak folk, witch house, glo-fi… les combinaisons se multiplient aujourd’hui à l’infini donnant naissance à une série de sous-genres. Emerge ainsi une esthétique du collage, chaque formation allant piocher des choses qui l’intéressent dans une culture musicale de plus en plus débridée. James Blake réconcilie soul, pop et dubstep. Salem mêle des éléments hip-hop et shoegaze à de l’électronique. The Roots intègre du folk à son rap. Francesco Tristano marie classique et électronique. Les étiquettes ont perdu tout sens (où classer Jamie T ?, 808's & Heartbreak de Kanye West, c'est encore du rap ?). D’où le choix d’un terme générique, pop, qui décrit aujourd’hui des musiques en apparence aussi diverses que Hot Chip, Kanye West et les Magic Numbers.

Machine soul

Cette démultiplication des collages débouche inévitablement sur une esthétique du contraste. Et si l’intrusion des éléments électronique apporte une touche de froideur, celle-ci est contrebalancée par un recours accru aux chœurs. La voix est redevenue un instrument à part entière, et plus simplement le véhicule des textes. Radiohead a été un des groupes pionniers de cette mouvance au début des années 2000 et joue plus que jamais sur The King of Limbs de la collision d’un son froid et décharné au chant lyrique de Thom Yorke. Chez Chew Lips, les inclinations presque soul de la chanteuse Tigs contrebalancent une production qui donne la part belle aux machines. D’Animal Collective à Au Revoir Simone en passant par The Bewitched Hands ou Crysral Fighters, les voix s’entremêlent, se répondent, chantent de concert. L'émotion chez James Blake, The XX ou Zola Jesus passe aussi par là. L'expression d'une certaine fragilité dans un environnement en apparence dur. Preuve que même si l’heure est à la prise de pouvoir des machines, l’humain reste inévitablement l’âme même de la musique.

KidB

ANIMAL COLLECTIVE : My Girls // THE XX : Heart Skipped a Beat // JAMES BLAKE : Limit To Your Love // MEMORY TAPES : Green Night // SALEM : Release da Boar // KID CUDI (MGMT & RATATAT) : Pursuit of Happiness // THE ROOTS : Dear God 2.0 // CRYSTAL FIGHTERS : Solar System // ZOLA JESUS : Night // THESE NEW PURITANS : We Want War // VAMPIRE WEEKEND : Cape Cod Kwassa Kwassa // JAMIE T : Earth, Wind & Fire // FRANCESCO TRISTANO : Idiosynkrasia // CHEW LIPS : Karen // SOURYA : Anatomy Domine // AU REVOIR SIMONE : All Or Nothing // MGMT : Siberian Breaks // KANYE WEST : Amazing

26/06/2010

Un clip, un jour #168

Animal Collective - Guys Eyes

Les Américains d'Animal Collective célèbrent l'été en nous remettant un peu en bouche leur succulent "Merriweather Post Pavilion" sorti en début d'année dernière. Skate et surf sont ainsi au menu de la vidéo vintage réalisée pour le clip du morceau "Guys Eyes".

Une imagerie qui semble trancher avec celle de leur film psychédélique "Oddsac" qui doit sortir en DVD cet été. Au moins aux Etats-Unis. En bonus, la bande-annonce.

Kidb

09/01/2010

Un clip, un jour #76

Animal Collective - Brother Sport

Les Américains d'Animal Collective donnent enfin une vidéo à "Brother Sport", sans doute le titre le plus abouti et entraînant de leur dernier album "Merriweather Post Pavilion". Le réalisateur Jack Kubizne reste parfaitement fidèle ici au psychédélisme ludique et organique d'un des groupes les plus inventifs des dix dernières années.

KidB

30/12/2009

Top 100 des années 2000 : 16-20

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, les titans. Pour rappel, seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 16-20.

KidB

animal.jpg16 : Animal Collective -
Merriweather Post Pavilion (2009)

Dès janvier dernier, on savait qu'on tenait là un des plus beaux disques de l'année. "Merriweather Post Pavilion" des Animal Collective ou onze chansons de pop électronique survitaminées et toujours aussi azimutées. Le psychédélisme bat son plein dans cet album liquide, ouvert sur la nature et les atmosphères organiques. Ici, les titres "My Girls" et "Bluish".

 

white-chalk-cover.jpg17 : PJ Harvey -
White Chalk (2007)

Après avoir démarré la décennie sur les chapeaux de roue avec le très réussi "Stories from the city, Stories from the sea", PJ Harvey a livré avec parcimonie quelques albums studio ou autres remarqués dont ce magnifique "White Chalk" où elle laisse pour la première fois la place principale aux sentiments en adoptant le piano. Un nouveau registre aussi troublant que bouleversant. Ici, les titres "The Piano" et "To Talk to you".

 

room-on-fire.jpg18 : The Strokes -
Room on fire (2003)

Si comme tout le monde on a été séduit par le premier album des Strokes "Is This it" et ses influences très Velvet Underground, c'est leur deuxième essai "Room on fire" qui est laissé le plus longtemps sur notre platine. Injustement éreinté par le groupe lui même, le disque contient de belles pépites pop rock alliant guitares et synthés. Outre le tube "The end has no end", on appréciera "Reptilia" et "Meet me in the bathroom".

 

8680-a-ghost-is-born1.jpg19 : Wilco -
A Ghost is born (2004)

Avec l'album "A Ghost is born", les Américains de Wilco étaient devenus pour nous en 2004 de véritables héros du rock américain sachant allier, à la manière de Neil Young, douceur folk et envolées de guitares électriques. Si à nos yeux, aucun de leurs disques n'a atteint à nouveau de tels sommets, "A Ghost is born" lui n'a pas pris une ride. Ici, les titres "At least that's what you said" et "Hell is chrome".

 

favourite_worst.jpg20 : Arctic Monkeys -
Favourite worst nightmare (2007)

Après un premier album phénomène, les Arctic Monkeys ont prouvé qu'ils avaient de sacrées ressources avec ce "Favourite Worst Nightmare". Plus pop, ce deuxième disque confirmait les talents de songwriter d'Alex Turner et la forme énergique du combo capable de passer d'un rock endiablé à une ballade à pleurer. Ici, les titres "Fluorescent Adolescent" et "505".

19/12/2009

Top 100 des années 2000 : 41-45

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, les choses sérieuses commencent. Pour rappel, seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 41-45.

KidB

 

AnimalCollective-Feels.jpg41 : Animal Collective -
Feels (2005)

Les Américains d'Animal Collective ont connu un succès croissant depuis leurs premiers albums sortis à l'aube des années 2000. Au milieu de la décennie, leur folk rock chamanique à base de samples et de percussions vient croquer des territoires de plus en plus pop et abordables. Et le résultat sublime s'appelle "Feels". Ici, les titres "Grass" et "Loch raven".

 

 

Beth Gibbons.jpg42 : Beth Gibbons -
Out of Season (2002)

Portishead en berne depuis la fin des années 1990, la chanteuse Beth Gibbons sort en 2002 un superbe album de folk pleins de ballades savoureuses et lumineuses. Sur de simples arrangements de guitare ou de piano, l'artiste y pose sa voix caressante et légèrement cassée. Pour tous les hivers un peu froid des cinquante prochaines années. Ici, les titres "Mysteries" et "Show".

 

Maison de mon rêve.jpg43 : Cocorosie -
La Maison de mon rêve (2004)

C'est en 2004 que le folk bricolo rigolo et émouvant des Cocorosie a explosé à la face du monde avec le brillant premier album "La Maison de mon rêve". Baignée d'enfance, le disque nous ramenait à des émotions simples et profondes. Au point d'écouter en boucle certains titres comme "Good Friday" présenté ici avec l'inaugural "Terrible Angels".

 

Bleu petrole.jpeg44 : Alain Bashung -
Bleu Pétrole (2008)

Après être aller très loin dans les expérimentations pop, Alain Bashung a conclu, sans le savoir à l'époque, sa longue carrière avec un album plus accessible, marqué par de fortes influences folk rock. Sa voix profonde y faisait toujours merveille. Comme deux diamants bruts, le superbe "Comme un légo" et  "Tant de nuits".

 

upthebracket_13539406.jpg45 : The Libertines -
Up The Bracket (2002)

Jeunes, fringants, romantiques... The Libertines ont tapé un sacré coup de pied dans la fourmillère rock au début des années 2000 inspirant des milliers de jeunes adolescents à prendre les guitares pour prendre un peu l'air et lutter contre la morosité. Notamment influencé par The Clash, leur premier album "Up The Bracket" alternait les pépites enragées et plus décontract'. "If you lose your faith in love and music, the end won't be long. " On y reste fidèle depuis. Ici, les titres "Good old days" et "Time for Heroes".

22/10/2009

Atlas Sound envoie le bon son

atlassoundlogos.jpg

Atlas Sound – Logos (J’AIME : A la folie)

Notre rockeur neurasthénique préféré, Bradford Cox, revient nous donner des nouvelles. D’excellentes nouvelles même sous la forme d’un deuxième album solo signé Atlas Sound. Le chanteur des géniaux Deerhunter livre avec « Logos » un disque porté par une énergie puisée dans le rock et l’électronique. A l’image du travail de ses deux invités Noah Lennox, le Panda Bear d’Animal Collective, et Laetitia Sadier de Stereolab.

C’est d’ailleurs en tournant avec Animal Collective que Bradford Cox s’est initié au sample. L’influence du combo américain se fait ici largement ressentir sur les textures complexes et liquides de « Logos » et, de manière plus éparse, sur quelques rythmiques portées sur le groove (fabuleux « Quick Canal »). Mais Bradford Cox reste plus aérien que ses comparses. Des titres comme « The Light that failed » ou « My Halo » sont avant tout de petites merveilles de pop éthérée et évanescente.

Des mélodies solaires

Le son d’Atlas Sound n’est, d’ailleurs, pas si éloignée de celui de Deerhunter. On retrouve ici l’enchevêtrement de guitares légères et accrocheuses qui a fait la marque du groupe originaire d’Atlanta. Un titre comme « The Orchid » aurait parfaitement eu sa place sur l’album « Microcastle ». « Logos » se fait ici solaire avec ses sonorités claires et cette voix plaintive aux intonations rêveuses. La joie communicative d’un « Sheila » nous envoie ainsi directement au septième ciel.

Pourtant, les thèmes abordés par Bradford Cox ont beaucoup plus à voir avec la nuit. « A dark night / We were never », clame le chanteur sur « The Light that failed » en ouverture. Par la suite, la fleur de « The Orchid » se meurt tout comme l’homme confronté au criminel qui lui demande pourquoi vit-il ainsi. Sur « Kid Climax » l’enfant se détache toujours un plus en grandissant. Cruel quand « No one wants to die alone » (« Sheila »). Allez, nous on t’aime, Brad.

KidB

Sheila :

Walkabout (featuring Panda Bear) :

Quick Canal (featuring Laetitia Sadier) :

14/07/2009

Animal Collective : "L'impression de revivre nos 16 ans"

animal.jpg

Avec l'album «Merriweather Post Pavilion», premier chef d'oeuvre musical de l'année 2009, Animal Collective poursuit ses expérimentations pop en délaissant les guitares pour un mille-feuille électronique. Rencontre avec les deux têtes pensantes du groupe new-yorkais, Avey Tare et Geologist.

Vous avez l’habitude de jouer vos nouveaux morceaux live avant

de les enregistrer. Comment la dernière tournée a-t-elle influencé le

disque?

Avey Tare
: Ce nouveau disque est certainement le plus électronique qu’on ait fait. On voulait produire une musique qui soit organique. Il y a pas mal de variations de rythmes pour rendre l’ensemble plus vivant. Montrer qu’il y a des musiciens derrière les machines. Pour le disque, on a passé beaucoup de temps à créer nos propres samples qu’on allait ensuite réutiliser dans les morceaux.

Geologist: On voulait surtout se concentrer sur des boucles et des motifs répétitifs. Dès la composition, on a créé un tas de couches de sons avec l’idée de faire le tri plus tard, au moment du mixage. On s’est beaucoup concentré sur l’environnement. On voulait une musique qui rappelle la nature, comme si on se trouvait en extérieur.

Votre musique a quelque chose d’euphorique…


Geologist: Les chansons nous viennent comme ça. Il y a quelque chose de très émotionnel dans tout ça, d’explosif.

Avey Tare: En travaillant sur ce disque, j’avais l’impression de revivre mes 16 ans. Comme quand on était au lycée, on
essayait d'expérimenter les choses pour la première fois.


Comment gérez-vous la notoriété?

Geologist: Ça devient plus difficile de travailler tranquillement dans notre coin. Un jour, pendant l’enregistrement du dernier album, on n’était pas content de notre cymbale. On a donc pris la voiture pour aller en acheter une dans un magasin à Memphis. A notre arrivée, on sentait les gens un peu bizarres puis on a compris. Ils nous avaient reconnus et avaient appelé leurs amis. On discute un peu. On leur explique qu’on est en studio et qu’on travaille sur notre nouvel album. Le lendemain, on a un coup de fil des animateurs du site musical Pitchfork qui nous demandent de confirmer l’info. Nous, on veut juste pouvoir travailler tranquillement.

Comment imaginez-vous la tournée à venir?


Avey Tare: On va jouer des vieux titres et des nouveaux. A 50/50. On vient de composer quelques titres mais on ne va pas les jouer. C’est d'ailleurs la première fois que nos morceaux ne seront pas testés sur scène. On les réserve pour un projet DVD. Ce sera un disque visuel composé de plusieurs vignettes juxtaposées. L’idée est de créer un paysage avec un ami cinéaste en faisant collaborer le son et l’image. Les deux devront aller parfaitement ensemble.

Vous commencez à accepter que vos titres puissent être achetés sous forme de singles sur Internet...


Geologist: Je n’aime pas trop l’idée que les gens ne vont écouter qu’un single ou qu’ils vont pouvoir avoir l’album sous format digital avant sa sortie sur disque. Mais l’important c’est que chacun prenne ses responsabilités. Pour nous, ça va totalement à l’encontre de notre démarche. Après, si nos fans veulent télécharger notre musique ou n'en acheter qu’une partie, c’est leur choix. Ce ne sera pas quelque chose que j’aurai encouragé.

Recueilli par KidB

My Girls :

Bluish :

 
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