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13/12/2009

Top 100 des années 2000 : 71-75

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, next. Pour rappel, seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 71-75.

 

RatatatClassicsXL.jpg71 : Ratatat - Classics (2006)

En l'espace de trois albums, le duo new-yorkais Ratatat a inventé un son bien à lui basé sur un alliage instrumental répétitif de guitares et de mélodies aux synthés. On ne sait pas trop l'expliquer, mais cette musique nous fait l'effet d'une drogue dure à laquelle on revient sans cesse sans jamais se lasser. Ici, les titres "Lex" et "Swisha".

 

Atlas sound - logos.jpg72 : Atlas Sound - Logos (2009)

Psychédélique, vaporeux, euphorique... "Logos", deuxième album solo de Bradford Cox sous l'alias d'Atlas Sound, est un disque de pop électronique bien de son époque. Inventif et chaleureux, le chanteur de Deerhunter s'y révèle une nouvelle fois un compositeur de génie exprimant aussi bien la déprime cotonneuse que la joie d'être sur terre. Signe de qualité, Bradford invite au passage Noah Lennox des défricheurs Animal Collective à chanter avec lui. Ce "Logos" est indiscutablement est un des chefs-d'oeuvre de cette année. Ici, les titres "Sheila" et "Quick Canal".

 

calexico.jpg73 : Calexico -
Feast of wire (2003)

Déjà bien engagés à la fin des années 1990, les Américains de Calexico ont continué pendant la décennie 2010 a porté haut le flambeau de la musique de Tucson, entre pop et rock avec de fortes influentes hispanisantes. "Feast of fire", sorti en 2003, reste peut-être pour l'heure leur plus beau disque à ce jour. On y retrouve en tout cas cette magnifique "Sunken Waltz" et l'immense "Black Heart".

 

Hot_Chip-The_Warning-Frontal.jpg74 : Hot Chip -
The Warning (2006)

En achetant, en 2004, le sympathique album "Coming on strong", on ne se doutait pas que deux ans plus tard Hot Chip deviendrait un de nos combos électro-pop favoris. Le disque qui a tout changé s'appelle "The Warning". Il contient notamment un des grands tubes de cette décennie avec "Over and over" mais pas que. Depuis, les Britanniques ont livré l'aussi réussi "Made in the dark" en attendant l'an prochain l'album "One Life stand". Ici, les titres "Over and over" et "No Fit state".

 

editors_backroom.jpg75 : Editors -
The Back Room (2005)

En 2005, les Britanniques de Editors sortaient avec "The Back Room" un joyau noir de rock new wave. Brut et tout en guitares anguleuses, le disque enchaîne les refrains et les riffs entêtants, porté par la voix profonde du chanteur Tom Smith. Après un deuxième essai un poil décevant, le groupe s'est bien repris cette année avec l'album "In this light and on this evening". Ici, les titres "Fingers in the factories" et "Fall".

20/10/2009

New Moon, Twilight décroche la lune

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Twilight – New Moon (J'AIME : Beaucoup)

Nul doute que le casting était un des plus attendus de l’année. Une bonne partie du gratin de la planète indie rock réunie sur un même disque. On trouve ainsi au générique de la B.O. de « New Moon », le deuxième volet de la franchise Twilight : Thom Yorke, Muse, Grizzly Bear, Editors, The Killers, Lykke Li, Death Cab for Cutie, Black Rebel Motorcycle Club, Bon Iver & St. Vincent… Et dans la version française en bonus, un titre des BB Brunes.

A l’exception de Thom Yorke et de Lykke Li qui s’aventurent sur un terrain électro-pop et de l’instrumental au piano « New Moon (the Meadow) » signé Alexandre Desplat, l’ensemble du disque explore un territoire très rock. Et si « New Moon » assume un certain goût pour la grandiloquence, les habitués du genre mettent un peu en sourdine les hymnes de stade en sourdine. The Killers et The Editors offrent ainsi à leur manière avec « A white demon love song » et « No sound but the wind », deux bluettes mélancoliques.

Noir, c’est noir

Car c’est là une des grandes réussites de « New Moon ». Derrière la diversité des artistes et des styles, on retrouve sur la bande originale un même goût pour une certaine noirceur que ce soit dans la musique ou dans les paroles. Dès la très belle ouverture des Death Cab For Cutie « Meet me on the equinox », on est prévenu : « Understand that everything ends ». Le disque se poursuit ensuite entre insatisfaction, cœurs brisés et grandes déclarations désespérées. Que d’émotions.

« New Moon » offre au passage quelques beaux trésors (Anya Marina, OK Go…). Les textures azimutées de Thom Yorke et son « Hearing Damage » s’incrustent dans nos crânes par la suite apaisés par le superbe enchaînement Bon Iver & St. Vincent -Black Rebel Motorcycle club. Les premiers y vont à deux voix pour conter les tourments de « Rosilyn ». Les seconds font preuve d’une simplicité exemplaire sur le déchirant « Done All Wrong ». Reste le cas Grizzly Bear qui avec « Slow Life » démontre une nouvelle fois sa maîtrise des cathédrales pop lunaires. On est mordu.  

KidB

Meet me on the equinox (Death Cab For Cutie) :

Hearing Damage (Thom Yorke) :

Done all wrong (Black Rebel Motorcycle club) :

Slow Life (Grizzly Bear) :

17/10/2009

Editors, papillons de nuit

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Editors – In this light and on this evening (J'AIME : Passionnément)

Après Bloc Party, Franz Ferdinand et les Yeah Yeah Yeahs, maintenant Editors. Apparu au milieu des années 2000 en plein retour du rock aux guitares frénétiques, le groupe britannique se convertit à son tour aux synthétiseurs et à l’électronique pour son troisième album. « In this light and on this evening » s’inscrit dans un mouvement de fond visant à remettre le groove au premier plan.

Et il faut dire que le résultat est accrocheur. Difficile de résister aux mélodies entêtantes de « Papillon » ou « You don’t know love » qui vous restent des jours dans la tête. Moins enchevêtrés, les instruments ont chacun la place de s’exprimer. Si la guitare est ainsi plus effacée, elle n’en a que plus de force à chacune de ses apparitions. Boîtes à rythme et batterie se partagent de même les rythmiques à tour de rôle.

Un paysage urbain de nuit

La voix grave et profonde de Tom Smith fait ici merveille. Elle donne corps aux tonalités lugubres et inquiétantes du disque, seulement allégées par la présence de quelques chœurs. « In this light and on this evening » est un peu la photographie d’un paysage urbain la nuit (« London’s become the most beautiful thing I see »). Cinématographique, la musique nourrit ainsi tout un tas d’images plutôt sombres, alternant plages agressives et mélancoliques.

De l’absence de dieu à la peur de faire partie des laissés pour compte, l’album n’entrevoit que très peu la lumière. « I don’t want to be left out or get fucked » se lamente le narrateur d’«Eat raw meat=blood drool ». Mais on sent qu’il est sans doute trop tard. « You don’t feel love like you used to / You don’t feel love like you did before », prévient Editors sur « You don’t know love » avant d’ajouter « They took what once was ours » (« The Big Exit »). La partie est déjà perdue.

KidB

Ici, l'interview d'Editors.

Papillon :

You don't know love :

The Big Exit :

11:22 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : editors

12/10/2009

Editors : « Dès qu'un morceau devenait trop joyeux, on faisait un pas en arrière »

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Leur « Back Room » en 2005 nous avait fait l'effet d'un bloc noir très prometteur. Editors revient aujourd'hui avec un troisième album rock « In this lighting and on this evening », qui troque les guitares pour des synthés. Si les Britanniques n'ont pas renoncé à leur ambition de conquérir les stades de la planète, pas question de renoncer à son côté sombre. Rencontre avec Ed Lay (batteur, tout à gauche) et Chris Urbanowicz (guitare/synthé, tout à droite).

Pour ce nouvel album, vous avez développé un plus gros son. Comment en êtes-vous arrivés là ?

Ed Lay : Un peu par ennui et beaucoup grâce à l’envie de faire mieux que le disque précédent. Chris a joué un rôle déterminant dans l’évolution de notre son. Il s’est acheté quelques synthétiseurs et nous est revenu avec une nouvelle manière de composer.

Chris Urbanowicz : Je n’ai acheté qu’un synthétiseur. Ca a suffi à faire le boulot.

Vous avez fait beaucoup d’essais avant de trouver le son que vous vouliez ?

C. U. : On a essayé tout un tas d’instruments et d’idées. Chacun travaille d’abord chez lui de son côté, puis on se retrouve en répétition et on échange. Au départ, chacun suit une direction différente donc ça ne sonne pas très bien. Puis très vite, les choses se mettent en place. On trouve une idée qui nous intéresse et on part de là.

L'utilisation de synthétiseurs vous a poussé vers une écriture plus répétitive ?

C. U. : On s’est plus attaché à suivre un groove qu’à respecter une structure traditionnelle. Les refrains ne viennent pas nécessairement où on les attend. Le groove dicte sa loi sans la contrainte d’aboutir à une chanson pop de trois minutes.

L’électronique ne se retrouve pas que sur les synthés mais aussi dans la rythmique…

E. L. : Dès nos premières démos, on s’est rendu compte qu’avec ce son de synthé, on ne pouvait pas se contenter de garder une batterie et une basse traditionnelle. Il nous fallait être plus imaginatifs. On s’est notamment essayé au sample.

C. U. : Si on ne teste pas de nouvelles choses, on s’ennuie très vite en studio. Enregistrer est ce que j’aime le plus. C’est là que j’ai le plus l’impression de faire vivre cette passion que j’ai pour la musique depuis mes 11 ans. Pour ce disque là, on s’est offert de nouveaux jouets. C’était fun de s’amuser un peu avec.

Les mélodies au synthé sont très entêtantes…

C. U. : Guitare ou synthé, on a toujours conservé les mélodies qui restent coincées dans nos têtes. On a aussi essayé d’utiliser ici certaines percussions comme un riff. Les mélodies ne nous font pas peur. On ne veut pas faire de la musique pop mais de la musique mélodique.

Malgré tout votre attirail électronique, vous avez enregistré le disque dans des conditions proches du live. Vous aviez peur d’y perdre quelque chose ?

E. L. : On voulait que notre musique garde quelque chose d’humain. Conserver notre énergie. Il fallait capturer ce groove mais en sonnant naturel. On ne cherchait pas la perfection. Beaucoup d’albums sont tellement propres et travaillés qu’il est difficile de s’y attacher.

Les textures semblent plus travaillées…

E. L. : On a surtout voulu faire en sorte que chaque instrument ne soit présent que lorsque c’est nécessaire. Il y a beaucoup plus d’espace sur ses chansons. Du coup, les textures ne semblent pas saturées pour rien. La voix de Tom prend aussi plus d’importance que par le passé. Il propose de nouvelles choses.


Eat Raw meet = Blood Drool (live) :

Le nouvel album cultive le goût des contrastes…

E. L. : On voulait explorer de nombreuses pistes mais sans jamais sonner trop doux. Dès qu'un morceau devenait trop joyeux, on faisait un pas en arrière pour salir un peu notre son.

C. U. : On voulait faire un disque agressif. Presqu’effrayant.

La pochette de l’album juxtapose d’ailleurs une même scène de jour et de nuit…

C. U. : Pour moi cette image reflète bien le son de l’album. Jusqu’ici, on utilisait très peu de couleurs. Là, on est resté sur une base sombre mais en y injectant des flashs de couleurs primaires.

Votre musique a quelque chose de très urbain…

E. L. :La ville nous inspire. En tant que groupe, on y passe beaucoup de temps. Surtout la nuit. C’est un environnement très mystérieux et excitant.

C. U. : Il y a toute une imagerie derrière qui est intéressante. On peut s’appuyer dessus pour composer comme un film qui passerait dans nos têtes. C’est plus inspirant que d’écouter ce que font les autres groupes.

Ce disque est plus dansant…

C. U. : Le public a toujours dansé à nos concerts. Ce groove a toujours été là dans notre musique même si d’habitude il est davantage laissé en arrière-plan.

Pour le live, vous avez essayé de réarranger vos anciennes chansons ?

C. U. : On en a essayé une pour une émission de radio mais ça ne marchait pas. On peut ruiner une chanson en la changeant juste pour s’amuser. Et puis ce sera intéressant d’avoir ce contraste entre les synthés et les guitares.

Comment expliquez-vous que beaucoup de groupes indie comme Franz Ferdinand ou Metric se concentrent aujourd’hui sur la recherche de ce groove comme vous ?

C. U. : Je ne sais pas. Je n’écoute pas ce que font les autres. Je m’intéresse plus à traduire les images qui me passent par la tête. De toute façon, on a toujours essayé de rester à l’écart de toutes les scènes. Le dernier disque qui m’ait excité c’est « Micro-Phonies » de Cabaret Voltaire. C’est sorti il y a 25 ans. Il y a beaucoup de musique que j’aime bien mais très peu qui sonne vraiment neuve.

Vous vous intéressez à la musique électronique ?

C. U. : La musique dansante nous a toujours intéressé que ce soit Gary Numan, LCD Soundsystem ou Vitalic. Leur énergie nourrit notre musique.

Les livres et les films nourrissent-ils davantage votre imaginaire ?

E. L. : Oui, c’est certain. On s’intéresse tous les quatre au cinéma. On a beaucoup discuté de « Blade Runner » pour créer l’ambiance de ce disque. Ou de l’imagerie apocalyptique de « Terminator ». Ce sont des choses qui nous parlent.

Le groupe est aujourd’hui dispersé entre l'Europe et l'Amérique. Est-ce que ça a changé votre manière de travailler ?

C. U. : Je ne crois pas que ça ait changé quelque chose à ce niveau là. On suit toujours la même méthode. Chacun travaille de son côté puis on se réunit.

E. L. : C’est vrai que maintenant on doit être plus efficace. On a un peu moins de temps qu’avant. Mais le groupe n’a jamais été aussi créatif que ces six derniers mois.

Chacun apporte du coup des énergies un peu différentes ?

C. U. : Oui, je pense. A commencer par celle du décalage horaire.

Papillon (live) :

Ca fait dix ans que vous jouez ensemble. Qu’est-ce que vous avez gardé de vos débuts ?

C. U. : Mon son de guitare n’a pas tant changé. La voix de Tom a pris de l’ampleur mais elle garde la même profondeur. Et puis comme je l’ai dit. On plébiscite toujours les mélodies.

Jouer en septembre un concert parrainé par l’Union européenne pour sensibiliser le public au changement climatiqye, c’est quelque chose d'important pour vous ?

E. L. : Nos soyons pas hypocrites. On n’est pas le groupe le plus écolo de la planète. On voyage beaucoup en avion avec tout un tas de matériel.

C. U. : Et tu aimes ces vieilles voitures américaines.

E. L. : Et j’aime ces vieilles voitures américaines. Mais bon, c’est bien de se dire qu’un groupe comme nous peut être un petit peu utile.

Recueilli par KidB

13:31 Publié dans Interview, rock | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : editors

 
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