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12/10/2012

Radiohead à Bercy : oui, merci !

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Il a beaucoup été dit qu’aller voir Radiohead en concert, c’était un peu comme se rendre à la messe. La foule de fidèles s’y pressait religieusement écouter ses idoles, dans le calme qui sied à l’écoute d’une parole divine bien connue de tous. Pourtant, aller voir Radiohead en concert en 2012 ressemble davantage à une visite de musée. Non pas celle des statues de cire de Grévin figées à jamais dans l’immobilisme. Plutôt celle du musée Beaubourg, disons. En regardant le groupe jouer ce 11 octobre à Bercy, les références qui nous venaient en tête étaient les travaux de Gerhard Richter ou de Yayoi Kusama récemment exposés à Paris plus que n’importe quel autre groupe de pop rock contemporain.

Les concerts de Radiohead donnent ainsi une vision très juste de c’est qu’est devenue la bande à Thom Yorke aujourd’hui. Une entité artistique complète qui d’album en album n’a eu de cesse d’élargir sa palette comme un peintre qui explorerait une nouvelle couleur avec chaque toile. Le concert donne alors une vision complète de la toile. Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder la très belle scénographie mise en place par le groupe. Les écrans, comme suspendus dans les airs, décortiquent chaque détail de la performance, chaque chanson étant en plus donc associée à une série de couleurs changeantes suivant l’humeur du morceau.

Il s’agit donc ensuite pour le groupe d’explorer consciencieusement chaque aspect de cette palette musicale, avec un sens savant de l’équilibre. Les 24 titres joués ce soir-là alternent morceaux anciens et plus récents – de Street Spirit à SuperCollider –, classiques (Paranoid Android, Lucky…) et pépites obscures (la face B Meeting in the aisle, Staircase…), moments d’émotions et de transe, piochant dans quasiment tous les albums de leur discographie (seul Pablo Honey sera complètement ignoré). Bonus, Thom Yorke offrira même une belle reprise d’Unravel de Björk en introduction d’Everything In Its Right Place lors du deuxième rappel, un drapeau Free Tibet couvrant son clavier.

Lotus Flower, Airbag, Bloom, Kid A… les premières minutes du long set de 2h20 nous plongent de plein pied dans l’obsession grandissante de Radiohead pour les rythmiques. Un deuxième batteur vient épauler Phil Selway quand ce n’est pas Johnny Greenwood qui tâte lui aussi de la baguette. Et ce, sans compter l’ajout de beats électroniques. On se demande presque quand Radiohead virera complètement dans la batucada. Les machines sont très présentes jusqu’au vocoder transformant la voix de Thom Yorke en une étrange parole mutante. Les anciens morceaux de la période Kid A-Hail To The Thief sont retravaillés, comme passés à la moulinette d’un ogre déconstructeur signé sur le label Warp. C’est ici qu’on pense aux dernières toiles de Richter dans lesquelles il décompose des détails de ses tableaux abstraits par ordinateur pour les recoller ensuite avec une infini variété. La puissance mélodique du groupe est mise en sourdine par les vrilles électroniques et les beats lourds que viennent seulement attenuer les riffs rageurs de Bodysnatchers.

Meeting in the aisle sert de transition vers des plages plus douces. Nude, Pyramid Song, Reckoner… Radiohead nous offre une pause lente, romantique, sensuelle et radieuse. Manière d’amadouer le public avec une effacité renversante et prouver que si le groupe évolue vers toujours plus de sophistications, il n’en oublie jamais les vertus de la simplicité. Notre cœur conquis, les Anglais attaquent ensuite le sprint final qui ira de There There à Paranoid Android. Accélérations, lâcher prise… la musique s’emballe et nous avec, l’écoute posée des débuts faisant peu à peu place à un déversement de sueur. On retrouve la puissance des rythmiques du début au service d’un son plus rock.

Peu bavard comme à son habitude, Thom Yorke sautille, danse, bouge bizarrement dans tous les sens. Bref, semble heureux d’être là et d’assurer le spectacle comme d’ailleurs tous ses comparses. A la fin du set, le groupe applaudit longuement le public qui le lui rend bien. Deux rappels suivront, dont on retiendra les jouissifs Street Spirit et Lucky donc, dans des versions proches de celles des albums, mais aussi un très beau Give Up The Ghost dénudé en simple guitares-voix. La note finale sera, elle, dansante, d’un puissant Everything In Its Right Place – Jonny Greenwood se jouant de la saturation des amplis avec sa guitare une fois que tous les autres ont quitté la scène – à l’azimuté Idioteque. « I've seen too much / I haven't seen enough ». Comme Thom Yorke, nous voilà à danser bêtement. Heureux. La messe est dite.

Set list : Lotus Flower / Airbag / Bloom / Kid A / Myxomatosis / Bodysnatchers / The Gloaming / Seperator / Meeting in the Aisle / Nude / Pyramid Song / Reckoner / There There / The National Anthem / Feral / Paranoid Android // Give up the Ghost / Supercollider /Lucky / Morning Mr. Magpie / Street Spirit (Fade Out) // Staircase / Everything is its Right Place (avec intro Unravel de Björk) / Idioteque

KidB

12:01 Publié dans Live Report | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : radiohead

30/12/2011

Top albums 2011 : 6-10


BaxterDury-2011-HappySoup.jpg6 : Baxter Dury - 
Happy Soup

En mettant à l'honneur les femmes dans ces textes et en leur offrant une place de choix sur le disque, Baxter Dury a trouvé le parfait équilibre entre le charme glacé de son flow parlé et une légèreté toute chaleureuse. On était déjà fan de son précédant Floorshow, le fils de Ian finit de nous convaincre en jeune crooner des temps modernes désabusé sur Happy Soup. Les arrangements sont sophistiqués et brillants à souhait. Grande classe.


TheWeeknd_HouseOfBalloons.jpg7 : The Weeknd - 
House of Balloons

Lente, sensuelle, majestueuse... La pop du Canadien Abel Tesfaye, alias The Weeknd, a marqué notre année 2011 le temps de trois mixtapes offertes gratuitement sur Internet. De cette production généreuse, c'est surtout le premier album, House of Balloons, qui a occupé notre iPod. Avec sa production léchée proche du meilleur hip-hop/R'n'B, le disque déborde d'amour et de bons sentiments, mais au meilleur sens du terme. The Weeknd réalise ici un miracle : réhabiliter à nos oreilles la vraie musique de lovers.  


still-corners-creatures-of-an-hour-e1318250985500.jpg8 : Still Corners -
Creatures of an hour

En 2010 (et encore cette année d'ailleurs), on avait fait du Teen Dream de Beach House notre album de chevet. En 2011, Creatures of an hour de Still Corners a bercé nos rêves dream pop d'une légère touche de psychédélisme. Tessa Murray pose sa voix envoutante sur les orchestrations sophistiquées de son comparse Greg Hughes. L'ensemble dégage un sentiment de douceur bien chaleureux. Parfait pour écouter sous la couette. 

 

d9455f2b70ecf89c46a8d9aaccdb7872_w350.jpg9 : Radiohead : The King of Limbs

Toute ces années, Radiohead avait miraculeusement réussi à déjouer les énormes attentes qui entouraient chacun de leurs nouveaux disques. Puis vint The King of Limbs, album plus ramassé (huit petits morceaux) qui nous apportait une bonne nouvelle : le groupe anglais, tout simplement humain, a le bon goût de suivre ses intuitions (le dubstep, la prise de pouvoir des rythmiques sur les mélodies...) plutôt que de céder au rock de stade option Coldplay. Quelques mois plus tard, le disque reste passionnant à écouter de bout en bout. 


 daniel_darc_pochette-600x600.jpg10 : Daniel Darc -
La taille de mon âme

Depuis la mort d'Alain Bashung, le titre de grand commandeur de la chanson française est vacant. Parmi les principaux prétendants au titre, Daniel Darc est sans doute celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu en 2011 avec La Taille de mon âme. Ce grand disque de pop épuré touche par la mise à nue de son interprète qui livre en morceaux et variations parlées ses cicatrices et ses humeurs. Une sincérité par moments bouleversante.

08/04/2011

A l'avant-garde de la pop, le son d'aujourd'hui

Animal-Collective.jpg

Le bon son du moment. Dans son dernier numéro, le magazine Vox Pop essayait de décrypter ce qui caractérisait la pop en 2011. Bilan de The XX à James Blake en passant par The National ou Deerhunter : une certaine lenteur, de la grisaille, un trouble entre deux eaux. Pour prendre un peu de recul par rapport à la production de ces derniers mois, je dirais que cette mouvance qui émerge très clairement en ce début d’année, n’est qu’une des deux branches d’un mouvement plus large. A côté, de cette veine plutôt sombre, on trouve aussi une mouvance pleine de vitalité menée tambour battant par Animal Collective (Atlas Sound, Foals, Braids, Sin Fang…) autour d’un psychédélisme païen renouvelé. Entre ces deux formes d’avant-gardes, bien sûr, tout un entre-deux de formations aux styles intermédiaires.

Car plus que ces deux archétypes en apparence opposés, il est intéressant d’étudier les quelques points qui relient l’ensemble, dressant une carte de tendances plus longues qui dessinent la pop d’aujourd’hui.

D’abord, c’est un peu la tarte à la crème, mais la donnée qui marque le plus profondément l’époque est sans aucun doute le mélange de plus en plus poussé d’organique et d’électronique. Finie la domination du classique chant-basse-guitare-batterie. De plus en plus de formations intègrent désormais les synthés bien sûr, mais aussi, de manière très appuyée, les boîtes à rythme. Les outils de production sont de plus en plus abordables et de nombreux groupes développent leur propre studio, offrant des mix de plus en plus sophistiqués et encourageant l’expérimentation.

Tous en boucle

En découle une esthétique très marquée par le hip-hop, qui était déjà à l’origine un terrain de rencontre entre musique noire et musique blanche. S’il y a trois ans, Noel Gallagher d’Oasis pouvait encore critiquer le festival de Glastonbury pour avoir invité Jay-Z, aujourd’hui, nombreux sont les cerveaux pop qui clament leur amour du rap ou du jazz. Peu étonnant qu’un membre des Britanniques de Foals lâche sur le Net des mix house et rap quand Jamie XX s’impose comme un des beats makers les plus intéressants du moment, reprenant en intégralité le dernier album de la gloire soul Gil Scott Heron. Ratatat et MGMT s’acoquinent de leur côté avec Kid Cudi (ou l’inverse) quand Memory Tapes remixe Gucci Mane et Animal Collective lâche son flow sur des boucles. Ces dernières se retrouvent désormais chez des artistes aussi divers que Le Prince Miiaou en France ou James Blake en Angleterre.

Résultat, les rythmiques jouent à égalité avec la mélodie. Elles reviennent au premier plan de l’esthétique pop s’appuyant sur une belle sophistication. Jeu de batterie traditionnel, percussions et froideur des boîtes à rythmes se marient, parfois sur le même morceau. Vampire Weekend avait ainsi remis au goût du jour auprès d’un certain public les rythmiques africaines. Depuis si These New Puritans est sans doute avec Portishead une des formations qui a poussé ce jeu de syncopage le plus loin avec l’album Hidden, de Zola Jesus à The XX, en passant par Radiohead, Salem, Fever Ray, Esben & The Witch ou Memory Tapes, les rythmiques industrielles s’imposent comme un beau terrain d’exploration pop.

Combinaisons en tout genre

La faute aussi à bouleversement du travail sur la structure même des morceaux. De nombreux artistes s’éloignent ces jours-ci un peu des classiques couplets-refrains pour offrir des paysages plus vallonnés et plus complexes travaillés par la répétition ou la brisure. La conquête d'espaces est la nouvelle frontière, explorant une profondeur de champ digne de la 3D au cinéma. Le psychédélisme est ainsi de retour à la mode. MGMT s’offre Siberian Breaks, une longue plage de plus de dix minutes sur son deuxième album Congratulations. Animal Collective manie la terre, le feu et l'eau. Même sur un temps beaucoup plus limité, un groupe comme Sourya en France démarre sa chanson Anatomy Domine comme une sorte de touchante ballade au synthé avant de basculer au milieu vers une transe électronique et robotique. Une diversité encore plus symptomatique à l’échelle d’un album complet.

Freak folk, witch house, glo-fi… les combinaisons se multiplient aujourd’hui à l’infini donnant naissance à une série de sous-genres. Emerge ainsi une esthétique du collage, chaque formation allant piocher des choses qui l’intéressent dans une culture musicale de plus en plus débridée. James Blake réconcilie soul, pop et dubstep. Salem mêle des éléments hip-hop et shoegaze à de l’électronique. The Roots intègre du folk à son rap. Francesco Tristano marie classique et électronique. Les étiquettes ont perdu tout sens (où classer Jamie T ?, 808's & Heartbreak de Kanye West, c'est encore du rap ?). D’où le choix d’un terme générique, pop, qui décrit aujourd’hui des musiques en apparence aussi diverses que Hot Chip, Kanye West et les Magic Numbers.

Machine soul

Cette démultiplication des collages débouche inévitablement sur une esthétique du contraste. Et si l’intrusion des éléments électronique apporte une touche de froideur, celle-ci est contrebalancée par un recours accru aux chœurs. La voix est redevenue un instrument à part entière, et plus simplement le véhicule des textes. Radiohead a été un des groupes pionniers de cette mouvance au début des années 2000 et joue plus que jamais sur The King of Limbs de la collision d’un son froid et décharné au chant lyrique de Thom Yorke. Chez Chew Lips, les inclinations presque soul de la chanteuse Tigs contrebalancent une production qui donne la part belle aux machines. D’Animal Collective à Au Revoir Simone en passant par The Bewitched Hands ou Crysral Fighters, les voix s’entremêlent, se répondent, chantent de concert. L'émotion chez James Blake, The XX ou Zola Jesus passe aussi par là. L'expression d'une certaine fragilité dans un environnement en apparence dur. Preuve que même si l’heure est à la prise de pouvoir des machines, l’humain reste inévitablement l’âme même de la musique.

KidB

ANIMAL COLLECTIVE : My Girls // THE XX : Heart Skipped a Beat // JAMES BLAKE : Limit To Your Love // MEMORY TAPES : Green Night // SALEM : Release da Boar // KID CUDI (MGMT & RATATAT) : Pursuit of Happiness // THE ROOTS : Dear God 2.0 // CRYSTAL FIGHTERS : Solar System // ZOLA JESUS : Night // THESE NEW PURITANS : We Want War // VAMPIRE WEEKEND : Cape Cod Kwassa Kwassa // JAMIE T : Earth, Wind & Fire // FRANCESCO TRISTANO : Idiosynkrasia // CHEW LIPS : Karen // SOURYA : Anatomy Domine // AU REVOIR SIMONE : All Or Nothing // MGMT : Siberian Breaks // KANYE WEST : Amazing

20/02/2011

Danse-la comme Thom Yorke

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Radiohead a fait le buzz tout le week-end. Mais surprise, l'attention du Net est allée moins au nouveau disque du combo british qu'à leur premier clip, "Lotus Flower" mis en ligne vendredi. Depuis trois jours, celui-ci a été largement visionné et détourné. Avec un humour incroyable. Il faut dire pour le coup que Thom Yorke donne ici le meilleur de lui-même, à savoir la danse parfaite, tellement déconnectée de tout style qu'elle est capable de coller avec tout et n'importe quoi comme cela ne vous a pas échappé.

 

D'abord, le clip original. La gestuelle étrange du chanteur colle davantage aux rythmiques syncopées du titre qu'à sa lente mélodie. Il en ressort une ambiance étrange. Décalage accentué par le noir et blanc.

 

 

Passé les commentaires sur l'étrange danse de Thom Yorke, une première parodie fait le buzz. Thom Yorke dansant au son du Single Ladies de Beyoncé. La vidéo fonctionne à plein grâce au collage entre le chant cette fois de la chanteuse et la gestuelle.

 

Plus pervers, certains se sont amusés à faire danser Beyonce sur du Thom Yorke. Le résultat est drôle par le décalage complet à l'inverse du mash up précédent. Ce qui marche dans un sens échoue lamentablement dans l'autre.

 

Le clip et la drôle de danse de Thom Yorke passent ensuite à la moulinette de nombreux tubes du moment de Shakira à Kesha en passant par Katy Perry ou ici Lady Gaga.

 

Jusqu'ici, un seul style, cette pop survitaminée et un peu lourde. Sauf que miracle, la danse de Thom York s'accomode vraiment de tous les styles. Aussi bien, le bon vieux rock fifties, le tube latino, les Rolling Stones, Abba, Nirvana, Kate Bush, Muse, de l'électro, le rap, le tube Hot Stuff, du gros rock à la Slayer ou de la tecktonik.

 

Viennent ensuite mise en abyme suprême, les chansons qui évoquent directement la folie de la gestuelle dans le texte comme Maniac ou Everybody Dance now ou Super Freak.

 

Et bien sûr les décalages totalement humoristiques faisant soit référence à des classiques (voire has been) du Net comme le Rick Roll, aux chats ou la grand-mère face à son écran, soit à des séries comiques comme Benny Hill ou South Park. Voire à des monuments comme Spiderman.

Sorti du contexte du clip, dancing Thom devient un vrai personnage de fiction...

Il finira même par se frotter à quelques icônes de la danse comme Michael Jackson ou la Macarena.

 

Thom Yorke s'attaque même au cinéma, auditionnant pour le rôle de Natalie Portman dans le film Black Swan. En attendant, le résultat, regardons aussi les scènes coupées du tournage du clip.

 

Pointu, certaines parodies rendent hommage aux influences dubstep présentes sur le disque.

 

Heureusement pour nous. Même les francophones ne sont pas en reste, Thom Yorke faisant la rencontre du tube 2010 de par chez nous signé Stromae. Là, très fort, les quelques décalages entre la gestuelle et les accélarations de la chanson accentue encore le malaise posé par les textes. On le retrouve aussi dansant sur du Daft Punk.

 

Alors on danse encore ? Ne reste plus qu'à Thom Yorke à quitter les rires de la toile pour inspirer directement les danseurs dans leur salon ou dans les clubs. Dans une des meilleures vidéos, Thom Yorke donen naissance à un exercice de maintien en forme très officiel. Allez tous en position du lotus !

KidB


PS : Etrange idée 1 : Coller un autre morceau du nouveau disque de Radiohead sur les images de Lotus Flower ou Radiohead rencontre Radiohead.


Etrange idée 2 : Se filmer regardant le clip, puis se regardant regardant le clip, puis se regardant se regardant regardant le clip.

14/02/2011

Radiohead sort des limbes

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"Merci de votre patience". C'est par ces quelques mots que Radiohead a officialisé ce matin sur son site officiel la parution d'un nouvel album The King of Limbs. Reprenant pour partie le modèle mis en place pour l'album In Rainbows paru en 2007, le disque sera disponible dès samedi en téléchargement avant une sortie physique (CD et vinyl) le 28 mars puis collector en mai.

En septembre dernier, Colin Greenwood revenait largement sur l'expérience In Rainbows et la volonté du groupe d'une sortie très rapprochée de l'annonce pour contrer le piratage.

Nouvelle révolution sonore ?

Radiohead ne donne plus cette fois la possibilité de choisir soi-même la somme que l'on souhaite mettre, mais propose deux formules au choix. D'une part, le simple album en téléchargement pour 7 ou 11 €, selon le format audio choisi (MP3 ou wave). D'autre part, un coffret comprenant deux vinyles, un CD, la version téléchargée et un impressionnant artwork puisqu'il contiendra de grandes illustrations et 625 petites pièces. D'où l'appellation donnée par le groupe d'album-journal. Tarif : 36 ou 39 €.

Peu d'informations sur la musique à l'inverse. Le groupe n'a pas pour l'heure indiqué le nombres de morceaux présents sur l'album ou leurs titres. Seuls éléments d'informations, quelques déclarations faites par les membres de Radiohead ces derniers mois comme Ed O'Brien qui évoquait fin 2009 pour le magazine Rolling Stone une nouvelle révolution dans le son du groupe.

Dans les dernières playlist communiquées par la formation anglaise à ses fans, on trouvait notamment des artistes très différents comme Flying Lotus, Roots Manuva, Gonjasufi, Mos Def, MIA, The Gaslamp Killer, the XX ou Moderat, preuve du maintien d'intérêt du groupe pour les textures électroniques et le hip-hop.

Début janvier, un ingénieur du son indiquait avoir entendu quelques morceaux en cours de mixage et parlait de sons orchestraux et d'influences dubstep. Y trouvera-t-on sous une forme ou une autre les titres inédits comme The Daily Mail joués sur scène il y a un par Thom Yorke (voir ci-dessous) ? Fin du suspense, samedi.

KidB

15:17 Publié dans News | Lien permanent | Commentaires (37) | Tags : radiohead

02/09/2010

Un live complet de Radiohead sur YouTube

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Par les fans et pour les fans. Si Radiohead n'a pas encore décidé d'offrir gratuitement son prochain album à venir peut-être pour la fin de cette année ou le début de la suivante, c'est tout un concert du groupe britannique qui est disponible sur YouTube. Celui-ci a été enregistré par plus d'une cinquantaine de fans depuis le public à Prague le 23 août 2009. Résultat de très belles images qualité DVD et une bande son approuvée par la formation.

Au menu, 25 titres dont quelques morceaux assez peu entendus comme "True Love Waits" dans une drôle de version ou "These Are My Twisted Word". Ci-dessous, l'intégralité des 25 chansons.

La set-list : 15 Step / There There / Weird Fishes/Arpeggi / All I Need / Lucky / Nude / Morning Bell / 2+2=5 / A Wolf At The Door / Videotape / (Nice Dream) / The Gloaming / Reckoner / Exit Music (for a film) / Bangers N Mash / BodySnatchers / Idioteque / Pyramid Song / These are My Twisted Words / Airbag / The National Anthem / How to disappear completely / The Bends / True Love Waits / Everything in its right place

KidB

 

23:04 Publié dans Live Report | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : radiohead

06/02/2010

Un clip, un jour #100

Radiohead - House of Cards

Pour le centième clip, hommage à nos chouchous de Radiohead avec ce clip de "House of Cards", extrait de l'album "In Rainbows", entièrement créé par ordinateur. Notons au passage que le groupe britannique sort de trois semaines d'enregistrement à Los Angeles avec leur producteur attitré Nigel Godrich. Peut-être de bonnes nouvelles à venir.

KidB

11:41 Publié dans Un clip, un jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : radiohead

02/01/2010

Top 100 des années 2000 : 1-5

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, on touche au graal. Pour rappel, seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 1-5.

KidB

Funeral.jpg1 : Arcade Fire - Funeral (2005)

C'est par K.-O. qu'Arcade Fire impose "Funeral" disque de la décennie tant il est difficile de résister à la fougue du premier disque des Canadiens. L'album a ramené un supplément d'âme dans un monde pop qui a facilement tendance à en manquer. Il a aussi popularisé ces étranges structures de morceaux portées par l'entrain des cuivres et des cordes. Porté par un impressionnant buzz Internet et la force du simple bouche à oreille, le souffle n'est jamais retombé. Ici, les titres "Rebellion (Lies)" et "The Neighborhood #2 (Laika)".

 

kanye-west-808s-heartbreak-kaws-2.jpg2 : Kanye West -
808's and Heartbreak (2008)

Organique, électronique, auto-tune, ego-trip, fusion des genres dans une sorte de pop minimaliste universelle... Peu de disques symbolisent autant la musique de leur époque que ce "808's and Heartbreak" signé Kanye West. Le rappeur y délaisse les rivages traditionnels du hip-hop pour panser ses plaies liées à la mort de sa mère et la rupture avec sa petite amie. Le disque d'une humanité fébrile qui vacille mais refuse de s'éteindre. Prend de l'épaisseur à chaque écoute. Ici, les titres "Amazing" et "Welcome to heartbreak".

 

Alligator-by-The-National_58409_full.jpg3 : The National - Alligator (2005)

La classe absolue que ce troisième album rock des Américains de The National. La voix profonde de Matt Berninger s'y fait à la fois douce et rageante sur un parterre de guitares légèrement allumées. Le songwriting est un brin classique mais mis au service de chansons urbaines sombres et touchantes. Un disque phare des dix dernières années. Ici, les titres "City Middle" et "Mr November".

 

radiohead.jpg4 : Radiohead - Kid A (2000)

Sorti au tout début des années 2000, "Kid A" fait partie de ces quelques disques qui ont contribué à la démocratisation de l'électronique. Très attendu après le succès fulgurant d'"OK Computer", l'album présentait un virage alors inattendu mais payant. On y retrouve toujours les obsessions du groupe pour les paysages sonores effrayants et les plages où s'expriment plus directement les émotions. Ici, "Idioteque" et "How to disappear completely".

 

antony_and_the_johnsons-i_am_a_bird_now.png5 : Antony & the Johnsons -
I am a bird now (2005)

C'est avec "I am bird now", son deuxième album, qu'on a découvert la voix inoubliable d'Antony. Elle chante ici la douleur d'être au monde comme personne. Disque cathartique comme peu d'autres, c'est vers lui que l'on se retourne quand rien ne va plus et que l'on a besoin du réconfort de la beauté. Difficile en tout cas de faire plus bouleversant que ces dix titres de pop mélancolique. Ici, "Hope there's someone" et "You are my sister".

20/12/2009

Top 100 des années 2000 : 36-40

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, on arrive dans le très très bon. Pour rappel, seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 36-40.

KidB

Marchet.jpg36 : Florent Marchet - Rio Baril (2007)

Les albums concepts peuvent être casse-gueule mais quand ça marche, c'est aussi grandiose. Le jeune Florent Marchet s'impose avec son deuxième album "Rio Baril" comme le Sufjan Stevens de nos contrées maniant une écriture pop décomplexée, légère, touchante, humoristique et riche. Bref, un beau grand chelem. Ici, les titres "Rio Baril" et en live "Les Bonnes écoles".

 

Grandaddy.jpg37 : Grandaddy - Sumday (2003)

En matière de pop cotonneuse, les Grandaddy de Jason Lytle se posent là. Tristement séparés il y a quelques années, les Américains ont sorti toute une floppée d'albums délicats et précieux. Notre préférée est sans doute ce Sumday en date de 2003. Ici, les titres "Lost en Yer Marry Way" et "Now it's on".

 

No Wow.jpg38 : The Kills - No Wow (2005)

Le duo The Kills a redonné dans les années 2000 ses lettres de noblesse à un rock brut et rèche, sexy, cool et frondeur. Plus qu'impressionnant sur scène, le groupe dégage quelque chose de fort et d'irresistible. Pour leur deuxième album, "No Wow", ils enchaînent les titres courts et punchy ou plus lancinant. Ici, "No Wow" et "At The Back of the Shell".

 

Radiohead hail.jpg39 : Radiohead -
Hail to the thief (2003)

Dur de passer après "KidA" et "OK Computer" mais on a beaucoup d'affection pour "Hail to the Thief" sorti par Radiohead en 2003 qui a le mérite de partir vraiment dans tous les sens avec quelques guitares bien rageuses et des mélodies maladives à foutre la chair de poule. Ici, les titres "Myxomatosis" et "Wolf at the door".

 

fleet_foxes-fleet_foxes-cover.jpg40 : Fleet Foxes -
Fleet Foxes (2008)

De toute cette décennie de renouveau du folk, on a une grosse affection pour le premier album éponyme des Américains de Fleet Foxes et leurs choeurs chaleureux et bucoliques. Un disque important. Ici, le titre "White Winter Hymnal" et "Your Protector".

 
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