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25/08/2009

Au plaisir des Simian Mobile Disco

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Simian Mobile Disco – Temporary Pleasure (J'AIME : Passionnément)

Les deux James ont lancé cet été leur contre-attaque sur les dancefloors mais pas seulement. « Temporary Pleasure », le deuxième album des Simian Mobile Disco, alias James Shaw et James Ford (par ailleurs producteur des Klaxons, Arctic Monkeys etc.), intègre une bonne dose de pop à son mix de boucles de synthés et de rythmiques entêtantes. La faute à une série d’invités venus posés leur voix sur sept des dix titres du disque.

De Beth Ditto des Gossip à Alexis Taylor des Hot Chip en passant par Jamie Lidell, Gruff Rhys, Chris Keating, Telepathe ou Young Fathers, tous ont apporté une matière supplémentaire que le duo s’est ensuite amusé à plus ou moins remodeler. Plusieurs des voix sont ainsi dédoublées, retravaillées par les machines. La musique des Simian Mobile Disco s’enrichit au passage de la collision avec ces autres univers. Jamie Lidell apporte une folle énergie, Alexis Taylor, une légère touche de mélancolie, etc.

Des hymnes fédérateurs

« Temporary Pleasure » se présente au final comme un voyage des plus éclectiques, capable aussi bien d’offrir une bonne rengaine de pop électronique (« Cruel intentions » de Beth Ditto), une virée hip-hop un peu sexy (« Turn up the dial » avec les Young Fathers), un instrumental calibré pour les pistes de danse (« 10 000 horses can’t be wrong ») et une mélodie électro éthérée à écouter confortablement assis dans son salon (« Pinball » aidé des Telepathe).

« I was born to synthetise » lance rageusement le duo sur l’efficace « Synthetise ». On serait tenté de les croire tant le groupe maîtrise ici son sujet (montée en tension, enchevêtrement de boucles et de nappes…). Les incroyables « Off the map » dévalé à toute blinde, « Audacity of Huge » et « Bad Blood », aigre-doux comme le meilleur Hot Chip, en sont la meilleure démonstration. Simian Mobile Disco n’a pas perdu la main pour composer des hymnes fédérateurs qui ne quitteront plus nos têtes pendant quelques semaines. Huge.

KidB

Bad Blood :

Audacity of huge :

Off the map :

17/08/2009

Simian Mobile Disco : « On ne voulait pas faire un album simplement dansant »

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Depuis la disparition de leur formation rock Simian et le succès de leur morceau « Never Be Alone » grâce au remix du groupe Justice, James Ford et James Shaw ont fait un sacré bout de chemin à deux. Ils sortent cette semaine « Temporary Pleasure », leur deuxième album sous l'identité électronique Simian Mobile Disco. Un disque où le duo a invité une série d'artistes (Beth Ditto de Gossip, Alexis Taylor de Hot Chip, Jamie Lidell, Telepathe, Gruff Rhys des Super Furry Animals...) à poser leur voix sur des instrumentaux alliant pop et électronique. Rencontre.

Musiciens, DJ, producteurs... Vous écoutez beaucoup de musique ?

James Ford : Beaucoup, oui. On parlait justement avant vous de la difficulté que l'on a aujourd'hui à se poser pour écouter un album. Il y a tant de choses disponibles. On nous envoie des tonnes de chansons et de disques. Il est difficile de passer du temps sur tout.

James Shaw : Même les morceaux que j'apprécie, parfois je ne les écoute qu'une ou deux fois. Alors que quand j'avais 13 ans, je pouvais me passer le même album en boucle. Je connaissais par coeur les intros de chaque morceaux. L'accès à toute cette musique a tendance à réduire notre attention.

Vous réécoutez vos propres albums ?

J. F. : Quels que soit le groupe, je n'ai jamais réécouté en entier un seul des albums sur lesquels j'ai collaboré. Après avoir passé tant de temps à tout décortiquer et travailler un morceau dans le moindre détail, la dernière chose que tu veux faire, c'est de l'écouter. Peut-être dans dix ans par nostalgie.

Mais vous restez attachés à l'idée de produire un album...

J. F. : Bien sûr. Les singles doivent capter au maximum votre attention. Sur un album, les morceaux peuvent répondre à d'autres exigences. Le format offre également plus de satisfaction. On arrive au bout de quelque chose qui résume une année de votre vie.

J. S. : Travailler sur un album permet de cadrer un peu les choses. Puis quand l'oeuvre est terminée, il est temps de s'enthousiasmer sur autre chose. C'est un processus que je trouve très sain.

Chaque titre sonne très différemment des autres...

J. F. : C'est aussi pourquoi on a fait le choix de collaborer avec des interprètes très différents. On voulait faire un disque d'électronique influencé par la danse et pas un album simplement dansant. Il fallait expérimenter différents beats, différents rythmes. On a posé les fondations des morceaux fin 2008, envoyé les fichiers à tout un tas de chanteurs. Au début de l'année, on avait une dizaine de parties chantées. Puis on a finalisé l'ensemble en avril.

J. S. : On se sert de nos ordinateurs portables pour esquisser des idées. Les morceaux prennent ensuite forme en studio.

J. F. : Les machines nous aident beaucoup à trouver de nouvelles idées. On se sert des accidents. Le résultat sonne parfois de manière très différente de ce que l'on cherchait au départ. Ce sont ces moments-là les plus excitants en studio. S'il n'y avait pas ces accidents, le travail deviendrait vite lassant. On a besoin de ce hasard. D'ailleurs, en choisissant de travailler avec plusieurs chanteurs, on se retrouve également avec un tas d'éléments qu'on ne peut pas contrôler. C'est stimulant.

Comment avez-vous choisi les artistes avec lesquels vous avez collaboré ?

J. S. : Ces dernières années, on a pu rencontrer tout un tas d'artistes en tournée ou à travers d'amis communs. Après ce sont les morceaux qui ont eux-mêmes dictés le choix des collaborateurs. Tout le monde ne nous a pas répondu mais, au final, on a eu suffisamment de personnes intéressées.

J. F. : Une fois qu'on avait les instrumentaux, on a cherché quelles voix pourraient les accompagner. Puis on réarrangeait les morceaux une fois qu'on avait obtenu les bandes. Pour certains artistes, la musique était assez proche de leur univers et la juxtaposition était évidente. Pour d'autres, on voulait que la voix aille un peu à l'encontre des instrumentaux.

C'est ce qu'avait notamment réussi le groupe Hercules and Love Affair en utilisant la voix d'Antony...

J. S. : C'était vraiment un choix intelligent.

Audacity of Huge :

 

Quand est-ce que vous savez qu'un morceau est terminé ?

J. S. : Il n'y a pas de recettes toutes faites. Souvent, c'est à l'instinct. Parfois, on continue d'ajouter des choses et le résultat est moins bon. Il faut revenir en arrière.

J. F. : A un moment aussi, on n'a plus trop d'idées pour faire évoluer le morceau. Il faut alors s'arrêter. Chaque partie peut être retravaillée à l'infini mais à un moment, il faut rassembler toutes les couches et que ça fonctionne. Le processus est le même en tant qu'artiste ou en tant que producteur.

Et c'est plus facile d'avancer à deux ?

J. F. : C'est très dur de travailler tout seul. Tu n'as personne pour te guider, te dire si tu es dans la bonne voix ou pas. Dans les groupes de cinq ou six à l'inverse, le risque est que la création parte dans tous les sens. Travailler à deux ou à trois est vraiment à mon avis le format idéal.

J. S. : Depuis le début de notre collaboration, quand on est inspiré sur un morceau, on avance. Sinon, on laisse vite tomber. On a suffisamment d'idées pour ne pas avoir à perdre du temps à retravailler pendant des jours et des jours une chanson jusqu'à ce qu'elle fonctionne.

J. F. : On ne s'acharne pas au-delà d'un jour et demi. On lance quand même beaucoup de morceaux pour n'en garder au final qu'une dizaine. Il y a pas mal de déchets. Des choses que l'on reprendra peut-être plus tard. Etrangement, souvent les morceaux que l'on aime le plus sont ceux qui ont été composés le plus vite.

J. S. : On essaie aussi de tester les morceaux en live. Ca nous permet d'avoir un retour sur ce que l'on fait. En tant que DJ, on apprend à voir si les titres ne sont pas trop longs, s'ils ont suffisamment d'énergie.

C'est important pour vous que votre musique garde un aspect dansant ?

J. F. : C'est très important même si avec ce disque, on avait conscience de faire davantage une musique à écouter chez soi. Quelque chose de plus pop. Il faudrait faire une deuxième version de l'album avec moins de chants et plus de variations de rythme. En tant que DJ, on ne jouerait probablement pas l'album tel quel. Ou alors seulement les instrumentaux.

J. S. : C'est très rare que des morceaux soient à la fois pop et adaptés aux pistes de danse.

Allez-vous garder en concert la même scénographie où vous êtes tous les deux debout à tourner autour des machines ?

J. S. : On avait choisi cette configuration parce qu'elle nous permettait de communiquer pendant les concerts tout en gardant un aspect très dynamique.

J. F. : En se faisant face, on peut être plus flexible. Changer les choses sur le moment. Pour la nouvelle tournée, il nous arrivera peut-être d'avoir des invités sur certaines dates mais on ne compte pas emmener six ou sept chanteurs avec nous en permanence. On devra donc retravailler les morceaux, déconstruire tout ce que l'on a fait en studio.

Recueilli par KidB et BenC

 
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