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12/12/2011

Top albums 2011 : 46-50

feist-metals-2011-L-LCvguC1.jpeg46 - Feist : Metals

On ne change pas une équipe
qui gagne. C'est donc entourée
de Gonzales et de Mocky notamment que Feist nous revient avec Metals. En dépit du titre de l'album, nulle conversion à des sonorités métalliques n'est au programme ici. Bien au contraire, la pop de la Canadienne est toujours plus chaleureuse et intimiste, mêlant les ambiances claires-obscures. Cuivres, cordes, guitares, piano... la riche instrumentation sert parfaitement la voix fragile de la chanteuse. Tout au long des treize morceaux du disque, peu de tubes en puissance mais beaucoup d'émotions.


The Horrors - Skying.jpg47 - The Horrors : Skying

Leur précédent album Primary Colours nous avait émerveillé par sa ferveur sombre. Skying a mis plus de temps à nous convaincre mais après plusieurs écoutes, il est difficile de résister à la petite musique créée par les rythmiques toujours aussi imparables du combo britannique. A l'image de ce que suggère la pochette, les chansons de The Horrors se sont lentement ouvertes à la lumière et aux percées psychédéliques avec une science très poussée des changements de vitesse. "Endless Blue" démarre ainsi comme une ballade éthérée avant de partir sous les chapeaux de roues. Vénéneux...

 

e_volo_love.jpg48 - François
& the Atlas Mountain :
E Volo Love

Fin 2009, on découvrait avec intérêt un drôle d'album français au doux nom de Plaine inondable. La pop mi frenchy-mi-anglaise du Charentais François imposait déjà sa délicatesse fluide. Deux ans plus tard, le revoilà donc avec un disque lumineux, calme et tendre comme un baiser E Volo Love. L'instrumentation joue la carte de la sophistication et du dépouillement, le chant se déploie à plusieurs voix sensuelles. Le tout commence de la plus belle façon avec "Les plus beaux" pour ne plus retomber. La vraie confirmation d'une force tranquille.

 

TheRapture_InTheGraceOfYourLove.jpg49 - The Rapture : In The Grace
of Your Love

Produit par Philippe Zdar, moitié
du groupe Cassius, In The Grace of Your Love, le troisième album des Américains de The Rapture, s'impose comme un faux album de danse aux mélodies diaboliquement entêtantes. Une efficacité pop construite autour d'un groove très tenu et répétitif (une rytmique, quelques boucles...) sur lequel vient se poser la voix aigue de Luke Jenner. Un beau disque d'amour et de grâce.


tv-on-the-radio-nine-types-of-light.jpg50 - TV on the Radio :
Nine Type Of Lights

Jusqu'ici, chaque nouvel album de TV on the Radio représentait une irresistible montée en puissance, propulsant le groupe vers les sommets. Reconnaissons que
Nine Type of Lights
marque très légèrement le pas. A force de sophistication, la musique des Américains perd un peu au passage de sa saveur. Pourtant, tout ce qu'on aime chez TV on the Radio n'a pas soudainement disparu. Perdure encore cet étonnant mélange de rock et de soul, la chaleur du chant polyphonique, la production léchée de David Sitek, bref le coeur de leur art. Dommage donc que la chair fasse si cruellement défaut.

20/02/2010

Route du rock hiver, J1 : Krautrock et rococo

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Le meilleur pour le début. De cette première soirée de la cinquième déclinaison hiver de la Route du Rock, on retiendra essentiellement la prestation de Beach House. Le duo pop franco-américain, élargi à trois sur scène, a offert hier soir dans la petite salle de l’Omnibus un concert des plus enthousiasmants. Il faut dire que vu la grâce des chansons de leur dernier album « Teen Dream », sorti en janvier, il était difficile de se planter. Grandes envolées vocales de Victoria Legrand, nièce de Michel, et son chant androgyne, bel écrin pop de guitares et de synthés à coups d’envoutantes mélodies chaleureuses, rythmiques présentes sans jamais forcer. Seul faute de goût le décor rococo avec tapis blancs en guise de sapin. Mais il y a vraiment de la magie dans la musique de ces trois là.

Beach House :

Pour le reste, beaucoup de concerts de bon niveau sans être totalement emballant. A l’image de la prestation des têtes d’affiche de The Horrors. Leur rock très retro new wave avait dans les meilleurs moments une belle intensité avec chanteur investi et bassiste sautillant, sauf que tout ça était mixé comme de la bouillie à faire remuer les têtes. Sur les premiers morceaux, difficile d’entendre la voix dans la salle. Reste quand même les bijoux « New Ice Age », « Sea Within a sea » et surtout « Scarlet Fields », extraits d’un deuxième album « Primary Colors » que l’on recommande très chaudement.

The Horrors :

 

Jams intenses

A l’inverse, les prestations des Britanniques de Beak> et de Turzi en clôture, très influencées par le krautrock, ce genre bercé d’électronique, de distorsions et de répétitions, étaient un bonheur de précision, de technique avec pour moteur la recherche d’une énergie, d’une intensité. Les deux groupes maîtrisent leur variation de tempo et le mélange revigorant de guitares bien organiques et de machines.

Beak> :

Plus tôt dans la soirée, les Américains de Jackie-O-Motherfucker ont convaincu sur la durée avec leurs longs jams de guitares qui ne semblaient jamais devoir s’arrêter. Difficile de savoir où tout commence, où tout s’arrête mais on prend la route avec eux. Là aussi les montées en puissance étaient des plus réjouissantes. En ouverture, The Fiery Furnaces avait donné le ton mais dans l’accélération. A peine la mélodie posée, le quatuor américain s’excitait comme des puces à jouer à toute berzingue. Emportant au passage l’entrain du public qui venait d’arriver.

Jackie-O-Motherfucker :

KidB

08/12/2009

Top 100 des années 2000 : 96-100

Top 100 de mes albums favoris des années 2000, c'est parti. Seule contrainte, on a préféré limiter le nombre d'entrées par artiste à deux, histoire de ne pas se retrouver avec toute la discographie de Radiohead. Aujourd'hui, les places 96-100.

 

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96 : Metronomy - Nights Out (2008)

En cette fin des années 2000, certains groupes d'électroniques cachent en réalité des machines pop irresistibles prêtes à prendre possession de nos salons comme des dancefloors. Les Britanniques de Metronomy ont touché le jackpot avec leur deuxième album, "Nights Out" sorti l'année passée. Il faut dire que le quatuor fait preuve sur le disque d'une science assez poussée des synthés accrocheurs et des mélodies anguleuses. Ici, les titres "Heartbreaker" et "Back on the Motorway".

 

 

Secret.jpg97 : Buck 65 - Secret House Against the World (2005)

On a découvert le rappeur américain Buck 65 un après-midi d'août au festival Rock en Seine. Seul sur la grande scène, il balançait son flow impeccable de sa voix grave, présentant avant sa sortie quelques morceaux de son disque "Secret House Against the World". Marqué par son histoire amoureuse avec une jeune Française, l'album s'éloigne du hip-hop traditionnel pour explorer des territoires voluptueux et terriblement mélancoliques. Le ton se fait noir, aidé de notes de piano, d'une guitare acoustique ou d'arrangements de cordes. On ne s'en est jamais vraiment remis. Ici, les titres "The Floor" et "Blood of a Young Wolf".

 

 

the-horrors-primary-colours.jpg98 : The Horrors -
Primary Colors (2009)

En 2005, on était complètement passé à côté de leur premier album "Strange House" et c'était même avec une certaine méfiance que l'on regarfait ces héros britanniques de la scène Underage. Depuis, on a découvert le second essai de The Horrors, "Primary Colors", et on s'en mord un peu les doigts tant on est tombé sous le charme de ce rock sombre qui rappelle bien évidemment le début des années 1980 et la new-wave. Des références parfaitement assumées par un groupe en quête de sensations et d'intensité. Ici, les titres "Scarlet Fields" et "Sea within a sea".

 

 

 

Comets.jpg99 : Comets on fire - Avatar (2006)

Héritiers d'un rock américain aux guitares lourdes se laissant aller à de longues divagations inventives, les Comets on fire ont mis la barre très haut avec l'album "Avatar" publié en 2006 par Sub Pop. Il faut dire que la formation compte dans ses rangs Ben Chasny aussi connu pour son projet Six Organs of Admittance. Sur ce dernier disque sorti à ce jour, Comets on fire se laissait aller à un psychédélisme enchanteur. Ici, "Sour Smoke" et "Jaybird" en live.

 

 

passion-pit.jpg100 : Passion Pit - Manners (2009)

On avait été plus que charmé par le premier EP des Américains "Chunk of Change" et on a très vite adopté leur premier album "Manners" sorti au printemps et défendu dans ces colonnes. C'est dans l'euphorie dansante d'un Michael Jackson que les Passion Pit sont allés chercher leur bonne humeur et leur mélange de pop organique et sons synthétiques, nous avouaient-ils à l'été. S'ils ont encore un sacré chemin pour devenir les King of Pop du XXIe siècle, ils sont au moins sur la bonne voie. Ici, les titres "Moth's Wing" et "To Kingdom Come".

 

31/08/2009

The Horrors : « Créer quelque chose de neuf et d’excitant »

THE HORRORS.jpg

Leur deuxième album « Primary Colors » nous avait fait au printemps l'effet d'un choc salutaire. De passage à Rock en Seine samedi, nous avons pris le temps d'aller voir The Horrors en conférence de presse. On avait peur de tomber sur une bande de très jeunes gens renfermés. Il n'en fut rien. A quelques heures d'un set prenant, collant parfaitement à l'univers du disque, rencontre avec le chanteur Faris Badwan, le bassiste Spider Webb et le guitariste Joshua Third, très occupé sur son origami.

On compare souvent votre musique à celle de My Bloody Valentine ou Joy Division. Ce sont des groupes que vous écoutez ?

Faris Badwan : Ce sont deux très grands groupes mais nos influences ne se limitent pas à cela. On écoute des choses très variées.

Spider Webb : Chez Joy Division, il y a une intensité un peu noire que l’on retrouve aussi dans notre musique. Nous ne cherchons pas du tout à leur ressembler. Nous voulons juste composer quelque chose qui ait la même force. Dès qu’un artiste écrit quelque chose d’intense, les gens ont tendance à le qualifier de sombre. Alors que ce sont deux choses différentes. Ce qui est drôle avec Joy Division, c’est que le groupe est devenu tellement légendaire qu’on oublie tous ceux qui les ont influencé. Que serait devenu leur musique sans le premier album de Neu !, les albums berlinois de Bowie, Iggy Pop et les Stooges ? Quand on nous cite Joy Division, nous on a tous ces sons en tête. La musique est une source d’inspiration importante pour nous. On est toujours à l’affût de ce qu’ont fait les autres. Quant à My Bloody Valentine, Kevin Shields est un des guitaristes les plus influents des vingt dernières années.

Quelle influence a le krautrock sur votre musique ?

S. W. : Quand on a commencé a utilisé des synthétiseurs, on s’est ouvert au monde de la musique électronique que nous ne connaissions pas très bien. Pour « Strange House », on bidouillait nos synthés en studio. On expérimentait des choses avec les machines. Ca nous a poussés à aller voir plus loin par la suite. Kraftwerk est sans aucun doute un de nos groupes préférés. Tout ce qu’ils font est simplement brillant. Avec le souci constant d’explorer des idées neuves. Ces derniers mois, on a beaucoup écouté de musique électronique européenne. Les groupes allemands ont une approche des rythmiques vraiment très intéressante.

Comment expliquez-vous la différence entre le premier et le deuxième album ?

S. W. : Les deux albums semblent très différents mais notre musique a évolué de manière très progressive. Nos démos de fin 2007 ne sont pas si éloignées des morceaux de « Primary colors ». Depuis la sortie de « Strange House », on a passé tout notre temps ensemble à apprendre à mieux se connaître, à jouer, à expérimenter. Quand on a commencé, on ne savait pas bien où on voulait aller si ce n’est créer quelque chose de neuf et d’excitant.

Comment avez-vous composé « Sea within a sea », le morceau de 8 minutes qui conclut l’album ?

S. W. : C’est une des dernières chansons que l’on a composé. Pour nous, elle capture vraiment ce qu’on a voulu faire avec cet album, les sons que l’on voulait explorer. L’électronique était là dès le départ.

Sea within a sea :


Est-ce que vous qualifierez votre musique de sombre ?

F. B. : Pas nécessairement. Pour certains, ça peut avoir une connotation négative. Dans tous les cas, ce n’est pas quelque chose de délibéré. On ne veut rien s’interdire.

S.W. : C’est vrai qu’il y a certains éléments sombres dans notre musique. Notre écriture est comme ça.

Est-ce que vous pensez un jour écrire des choses plus joyeuses ?

S.W. : On pensait que c’était déjà le cas avec cet album. On l’a enregistré en plein été, à dix minutes de chez nous. C’était très inspirant.

F.B. : Quand on compose, on se laisse simplement porter par l’énergie qu’il y a dans la pièce quand on joue tous ensemble.

Comment avez-vous rencontre Geoff Barrow de Portishead qui produit l’album ?

S.W. : Il nous a demandé de jouer au festival All Tomorrow’s parties, juste après la fin de la tournée de « Strange House ». On commençait à composer de nouvelles chansons. Cette nuit-là, on a discuté avec lui de ce que nous voulions faire. C’était fantastique. Après la sortie de « Third », on s’est senti proche des voies empruntées par Portishead. On l’a donc recontacté avec les morceaux que l’on avait composés. On pensait qu’il allait vouloir nous pousser dans de nouvelles directions, mais pas du tout. Il nous a expliqué qu’il voulait simplement capter au mieux ce qu’on avait écrit. Ca nous a surpris et donné beaucoup de confiance pour la suite. La production du disque a été un travail très collaboratif.

Est-ce que le disque est difficile à adapter pour la scène ?

F. B. : Il n’y a pas tant de production que ça. Le disque a essentiellement été composé dans une configuration live. L’adaptation à la scène se fait donc très naturellement.

S. W. : Tout ce qu’on entend sur le disque a été joué à un moment dans notre local de répétition. C’est comme ça que nous approchons notre musique.

Les visuels attachaient à « Primary Colors » sont conçus autour de l’idée du flou. Vouliez-vous brouiller votre image après la hype qui a accompagné la sortie de « Strange House » ?

S. W. : On cherchait davantage à coller à la musique que l’on composait. Sur « Primary Colors », on a beaucoup joué avec la distorsion de sons. Autant appliquer ensuite le même procédé à l’image.

F. B. : On ne s’est jamais soucié de l’image que les autres avaient de nous. Nous cherchons simplement à suivre notre propre voie.

On a l’impression à écouter votre musique que vous êtes un groupe expérimenté alors que vous êtes encore très jeunes…

S. W. : C’est sans doute parce que l’on est vraiment passionné par ce que l’on fait. On essaie juste de faire les choses du mieux possible. On est obsédé par notre musique. Tant d’autres groupes n’ont pas cette passion. Ils cherchent juste la célébrité en étant au bon endroit au bon moment.

Recueilli par KidB

Mirror's image :

17:42 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the horrors

22/06/2009

Horrors... Horrors...

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The Horrors – Primary Colours (J'AIME : A la folie)

Pour The Horrors, jeunes stars de la scène rock underage britannique, les couleurs primaires pourraient essentiellement se résumer au noir, accompagné de quelques nuances de gris. « Primary Colours », leur deuxième album produit avec l’aide de Craig Silvey, de Geoff Barrow de Portishead et du réalisateur de clip Chris Cunningham, se présente ainsi comme un bloc de noirceur duquel se dégagent quelques rayons de lumière.

Dignes héritiers de Joy Division, des premiers Cure, de Jesus and The Mary Chain ou de My Bloody Valentine, The Horrors mêlent guitares saturés, rythmiques répétitives et motifs de synthés lugubres. Le tout avec beaucoup d’énergie. Les textes sont pour la plupart scandés avec véhémence, mais on est loin ici d’une simple rébellion adolescente. L’album surprend au contraire par sa sophistication cachée derrière une façade très brute. Chaque chanson recèle grâce à un superbe travail de production un effet, un détail qui va la démarquer de l’ensemble, à l’image des arrangements de cordes sur « I Only Think of You ».

Confronter ses peurs

Avec « Primary Colours », le quintet britannique invite d’abord l’auditeur à se confronter à ses peurs. « Don’t let your fear dictate your life », clame le chanteur sur le titre « Three Decades », l’histoire d’un trentenaire bien décidé à enfin prendre sa vie en main. Mais pour The Horrors, regarder les choses en face, c’est d’abord voir tout ce qui ne va pas. « The agony and the harm is critical » attaque le morceau « New Ice Age ». « Are you forever in this state of crippling shyness », interroge, de son côté, le narrateur de « Mirror’s Image » au jeune homme amoureux d’une passante qu’il n’ose aborder.

Cette introspection est une étape indispensable pour faire face à l’avenir. Il faut accepter son sort pour apprendre à en tirer partie. « The path we share / is one of danger and of fear / until the end », conclut le dernier morceau « Sea Within a Sea ». L’amour apparaît alors comme un des rares sentiments capable de transcender la noirceur. « I pray for Scarlet Fields to save me », confie le narrateur d’ « I can’t Control myself » là où celui d’ « Do You Remember » se souvient avec tendresse des premières caresses. Mais même l’amour est éphémère. « I Know you won’t be here for long », se lamente le héros du bucolique « Scarlet Fields ». Pour The Horrors, l’épreuve ne fait que commencer.

KidB

Scarlet Fields :

New Ice Age :

14:27 Publié dans rock | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : the horrors

 
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