Avertir le modérateur

17/12/2010

Top 50 de l'année 2010 : 31-35

Chaque année sortent des centaines et des centaines de disques différents, dont on a le temps d'écouter qu'une partie. Beaucoup nous laissent indifférent, certains nous étonnent et quelques uns nous accrochent, pour quelques jours, de longs mois, voire plusieurs années. Voici donc le classement des 50 albums qui m'ont accompagné tout 2010. Les places : 31-35.

KidB

Tricky - Mixed race.jpg31 - Tricky :
Mixed Race

Le retour en forme se confirme pour Tricky. Après le déjà très bon Knowle West Boy sorti en 2008, le Britannique va droit à l'essentiel avec Mixed Race, soit dix chansons d'une durée dépassant rarement les trois minutes et brassant un spectre musical des plus larges flirtant avec l'électro, le rock, la world music et la pop. Tricky y replonge de manière touchante dans ses racines britanico-jamacaïne et son adolescence passée pas loin de petits voyous. Un des plus passionnants citoyens du monde.

 

Chew-Lips-Unicorn.jpg32 - Chew Lips :
Unicorn

Trio électro-pop, Chew Lips a fait le choix payant pour son premier album Unicorn de s'éloigner des dancefloors pour proposer une musique plus longue en bouche. Celle-ci se construit donc autour du charisme de la chanteuse Tigs et de productions très fines, délaissant le côté froid des machines pour aller vers d'entêtantes mélodies presqu'un peu soul. Si on ajoute à cela quelques refrains bien sentis, on finit avec une des belles révélations de cette année.

 

the-roots-how-i-got-over.jpg33 - The Roots :
How I Got Over

Autre bel exemple d'un rap parti s'ouvrir ailleurs comme par peur d'étouffer : The Roots. Avec How I Got Over, le génial groupe de Philadelphie fait une nouvelle fois la démonstration de son intelligence, de sa maîtrise instrumentale et de la force de son flow. C'est ici le piano qui vient apporter un peu de douceur à un disque touchant de fragilité comme sur ce "Dear God 2.0" porté par la voix de Jim James de My Morning Jacket. On ne s'en est pas encore totalement remis.

 

trentemoeller.jpg34 - Trentemoller :
Into the Great Wide Wonder

En 2005, son premier album The Last Resort avait marqué les esprits de nombreux amateurs de musique électronique. Cinq ans plus tard, Into The Great Wide Wonder de Trentemoller suit exactement le même chemin. Entre-temps, la musique, elle, a bien évolué. Moins pur et dur, le Danois dessine ici des paysages bien en chair aidé sur une partie des morceaux de guitares et de voix féminines sensuelles. Envoûtant.

 

wild-nothing-gemini-cover-art.jpg35 - Wild Nothing :
Gemini

Bienvenue dans l'univers sensible de Jack Tatum, alias Wild Nothing. Sur son premier album Gemini, l'Américain se fait orfèvre d'une pop sombre et cotonneuse, parfaite pour accompagner nos longues nuits d'insomnie. On s'y arrête au détour d'une mélodie pour jouer du xylophone. On y tape dans les mains avant d'enchaîner sur une comptine électronique. Un doux foutoir qui à écouter de jour est très bien aussi.

21/06/2010

Trentemoller : "J'étais ouvert aux endroits où m'emmenerait la musique"

Trentemøller_by_Noam_Griegst_105_cmyk_330.jpg

Auteur d'un premier album remarqué, "The Last Resort", le Danois Trentemoller confirme tout le bien que l'on pense de lui avec son deuxième disque, "Into the Great Wide Yonder". Sa musique électronique s'y enrichit d'atmosphères étranges avec cordes, guitares et voix. Rencontre.

Pour ceux qui ne vous connaîtrait pas, vous pouvez-vous présenter ?

Je fais de la musique électronique depuis 5 ou 6 ans. Avant, je jouais dans des groupes d’indie rock à Copenhague. Mais sans grand succès… J’ai sorti mon premier album il y a trois ans, « The Last Resort ». Après, j’étais davantage connu pour mes morceaux techno.

Vous avez également fait plein de remix ?

Pour The Knife, Depeche Mode, Franz Ferdinand...

Comment avez-vous approché ce second album ?

Beaucoup de gens me parlent de la difficulté de sortir le deuxième album, mais honnêtement, en le créant, je n’y pensais pas du tout. Faire de la musique, c’est très personnel. Je me suis plongé dans mon propre monde. Pour moi, le plus important, c’est que j’ai fait un album dont je suis très satisfait, qui correspond à ce que je voulais. Après, cet album a sa propre vie, il peut être un succès comme un flop.


Tide :

 

Trois ans, c’est long…

Mais je ne m’y suis consacré que pendant l’année écoulée. Pour le premier album, j’ai fait une tournée mondiale, qui m’a pris beaucoup de temps et d’énergie. Je n’avais pas le calme et l’espace pour être créatif.

Il correspond à ce que vous vouliez au départ, c'est-à-dire ?

Ma maison de disques m’a donné la liberté de faire ce que je voulais. Ils n’ont rien entendu avant que l’album ne soit totalement terminé. Ils m’appelaient tout le temps en me demandant s’ils pouvaient écouter…

Pourquoi avez-vous refusé ?

J’ai peur que les maisons de disques s’intéressent davantage aux ventes.

Pourquoi n’avez-vous pas conçu votre album durant la tournée ? Vous avez besoin de calme pour composer ?

Je travaille toujours durant la nuit quand tout est silencieux. J’ai besoin d’un espace personnel, sans téléphones qui sonnent.

Pendant la journée, vous dormez alors...

Oui, je reconnais que ce n’est pas très sain, surtout durant l’hiver. Je me réveille et la nuit est déjà presque tombée.

Vous travaillez où ?

Dans mon appartement, où j’ai installé un home studio.

Au départ, un ton ?

Non, j’étais ouvert aux endroits où la musique m’emmènerait. Au début, je n’aime pas être trop conscient de ce que je veux faire.

Un album conçu pendant la nuit, mais très solaire et chaud ?

J’ai été très inspiré par Morricone. Et la guitare fait penser aux westerns. Pourtant, je n’y pensais pas. Et je n’aime pas trop les westerns en plus, juste leur atmosphère.

Morricone, mais aussi Badalamenti…

Bien sûr, je suis un grand fan de Badalamenti et aussi David Lynch. Je ne suis pas seulement inspiré par la musique, mais aussi par les films.

Neverglade :


Votre musique fonctionne par strates…

Le premier album était plus atmosphérique. Là, il y a plus de mélodies. Donc, j’ai composé la plupart des morceaux sur mon vieux piano. Après, j’ai transféré les mélodies sur l’ordinateur et construit mes morceaux autour d’elle.

Une musique très « cinématographique ». Vous pourriez composer des BO de films ?

Au Danemark, j’ai composé de la musique pour deux films. Le premier, un film dogma, s’appelle « What no one knows ». L’autre, un documentaire sur une chorale finlandaise. C’est sympa de travailler en équipe. C’est ce que j’aime aussi dans le fait d’être avec un groupe sur scène.

Vous préparez une tournée ?

On est six ou sept sur scène. Avec beaucoup de guitares, des cordes. Et les deux chanteuses sur l’album. Mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de jouer en France.

Votre album est difficile à adapter ?

Plus facile car la dernière fois, car The Last Resort était très électronique. Je voudrais aussi faire des versions différentes de l’album.

Sur le disque, quatre chansons sont chantées…

Il y a une grande scène musicale à Copenhague et la plupart des personnes qui chantent sur l’album sont des amis. Cela dit, Sur un des morceaux, il y a le Britannique Fyfe Dangerfield des Guillemots. Il avait écrit sur mon MySpace qu’il avait beaucoup aimé mon premier album et qu’il voulait faire quelque chose avec moi. Je me suis rendu compte que son groupe avait déjà sorti une poignée d’albums. Je lui ai envoyé un morceau, il a enregistré une démo dans sa cuisine et il me l’a renvoyée quatre heures plus tard. C’était vraiment bien. Il voulait aller en studio pour le refaire, mais j’ai conservé l’original parce qu’il y avait ce ton si spontané et intime. On l’a gardé, non mixé.

Le morceau "Tide" ?

La chantenuse s'appelle Solveig Sandnes. C’était le dernier morceau de l’album. J’en avais neuf, mais j’avais l’impression qu’il en manquait un pour l’achever. Je terminais le mastering dans le studio et je suis sorti dans un bar boire une bière. Elle chantait dans un bar avec un groupe, je ne l’avais jamais rencontrée avant. Sa voix ressemblait un peu à celle de Liz Frazer des Cocteau Twins. Après le concert, je lui ai demandée si elle voulait travailler avec moi. Je suis rentré chez moi, un peu saoul, j’ai écrit la mélodie. On a enregistré deux jours plus tard. Parfois un morceau met un mois à se faire, d’autres fois trois jours.

Pourquoi avoir mis tant de cordes et de guitare ?

Ce n’était pas calculé. J’avais juste envie de le faire. Je trouve que mon premier album manquait parfois de mélodies.

« Silver Surfer, Ghost rider go ! » Pourquoi ce titre ? Vous lisez des comics ?

C’est un morceau typiquement « surf ». Je n’étais pas sûr de vouloir le mettre sur l’album tellement il est différent des autres.


Silver Surfer, Ghost Rider Go :

 

Et "Häxan" ?

Je n’ai pas été inspiré par le film. Je voulais quelque chose de groovy et d’inquiétant à la fois. Je me suis rappelé de ce film que j’avais vu quand j’étais gamin et qui m’avait effrayé à l’époque. Je suis retourné sur Youtube et j’ai revu ce film effrayant. J’ai trouvé que c’est un moyen de lui rendre hommage.

Aujourd’hui vous écoutez quoi ?

A Place to Bury Strangers, We Fell To Earth…

Recueilli par Lil' Joe

 

12:27 Publié dans Electro, Interview | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : trentemoller

02/06/2010

Un clip, un jour #152

Trentemoller - Sycamore Feeling

Un des meilleurs albums électro de ce premier semestre sort ces jours-ci. Il s'agit d'"Into The Great Wide Yonder" de Trentemoller. Le Danois avait déjà sécoué la planète électro avec son premier album "The Last Resort". Là, il revient avec un disque ouvert à de nouvelles sonorités, notamment rock, et de nouvelles voix. Et le résultat est donc des plus réussis. La preuve en image avec cette vidéo du titre "Sycamore Feeling" qui rend justice aux grands espaces et à la sensualité de la musique. Chaudement recommandé.

KidB

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu