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31/12/2011

Top albums 2011 : 1-5

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Ces douze derniers mois sont sortis des centaines et des centaines de disques différents, dont on a pris le temps d'écouter qu'une partie. Exercice traditionnel de la fin d'année, voici le classement des 50 albums qui m'ont le plus accompagné tout 2011 (pas des meilleurs donc), avec sans surprise une forte dominante pop-rock. On ne se refait pas. 

Bonne écoute,

KidB

Top 50 : 1) Metronomy - The English Riviera // 2) Jay-Z & Kanye West - Watch The Throne // 3) Peaking Lights : 936 // 4) The Strokes - Angles // 5) Cunninlynguists - Oneirology // 6) Baxter Dury - Happy Soup // 7) The Weeknd - House of Balloons // 8) Still Corners - Creatures of an hour // 9) Radiohead - The King of Limbs // 10) Daniel Darc - La Taille de mon âme // 11) Gil Scott-Heron & Jamie XX : We're New Here // 12) Smith Westerns - Dye it Blonde // 13) Nicolas Jaar - Space is only noise // 14) Real Estate - Days // 15) Puro Instinct - Headbangers in ecstasy // 16) Wu Lyf - Go Tell fire to the mountain // 17) Ghostpoet - Peanut Butter Blues & Melancholy Jam // 18) Girls - Father, Son, Holy Ghost // 19) Destroyer - Kaputt // 20) Yuck - Yuck // 21) James Blake - James Blake // 22) Washed Out - Within and Without // 23) Toro y Moi - Underneath the Pine // 24) Salem - King Night // 25) The Soft Moon - Soft Moon // 26) Discodeine - Discodeine // 27) PJ Harvey - Let England Shake // 28) Arctic Monkeys - Suck it and See // 29) Dark Dark Dark - Wild Go // 30) Atlas Sound - Parallax // 31) Mohini Geisweller - Event Horizon // 32) Gonzales - The Unspeakable Chilly Gonzales // 33) Anna Calvi - Anna Calvi // 34) Theophilus London - Timez are weird these days // 35) Cat's Eyes - Cat's Eyes // 36) Woods - Sun and Shade // 37) Housse de racket - Alesia // 38) The Pains of Being Pure at Heart - Belong // 39) The Roots - Undun // 40) Black Lips - Arabia Mountain // 41) The Kills - Blood Pressures // 42) Alex Beaupain - Les Bien aimés // 43) Blood Orange - Coastal Grooves // 44) Noel Gallagher - High Flying Birds // 45) Emika - Emika // 46) Feist - Metals // 47) The Horrors - Skying // 48) François & The Atlas Mountain - E Volo Love // 49) The Rapture - In The Grace of Your Love // 50) TV on the radio - Nine Types of Light

5060107728172.jpg1 : Metronomy -
The English Riviera 

Déterminer notre album favori de 2011 n'a pas été bien difficile tant on a écouté cette année The English Riviera de Metronomy. Bien plus finalement que n'importe quel autre disque. "Everything Goes My Way", "Corinne", "The Bay", "The Look", "She Wants"... le groupe britannique aligne les tubes pop en puissance avec une facilité déconcertante. Et si le sentiment de lassitude commençait un peu à poindre cet automne, c'était pour mieux replonger cet hiver dans ses productions sophistiquées à la douce mélancolie et aux refrains entêtants, magnifique incitation à la rêverie.


watch-the-throne-cover.jpg2 : Jay-Z & Kanye West -
Watch the throne

Boursouflé, imparfait, trop long... Watch The Throne n'en enregistre pas moins la rencontre au sommet de deux des artistes les plus créatifs des années 2000. D'un côté, Jay-Z et son impressionant flow affûté comme la plus dangereuse des lames, de l'autre, Kanye West et sa science poussée du sample et des beats. Surtout, l'album s'impose comme le meilleur emblème des années Obama, où l'Amérique noire parvenue au pouvoir questionne à la fois son passé trouble, son présent insensé, son futur incertain. Un disque aux saillies drolatiques ("I might even make my son be republican, so everybody know he love white people" sur "New Day") qui colle parfaitement au talent et à la démesure de ses deux génies.  


76266_10150311839315710_172619390709_15912714_3514413_n.jpg3 : Peaking Lights - 936

936, le deuxième album de Peaking Lights, s'est imposé à nous de manière détournée. C'est en laissant vagabonder notre iTunes en mode aléatoire que l'on est tombé sous le charme d'un des morceaux du disque, puis d'un autre, sans tout de suite faire le rapprochement entre les deux. De l'incroyable et pourtant si simple ballade bucolique "Hey Sparrow" aux huit minutes dub et psychédéliques de "Birds of Paradise", il y a un monde, que le duo franchit allégrement et avec un incroyable talent. Le reste du disque vacille entre ses deux pôles, inventant au passage une pop électronique à la rafraichissante étrangeté. 


TheStrokes_ANGLES_cover.jpg4 : The Strokes - Angles

C'était sans doute un des albums les plus attendus de l'année. Après cinq ans de pause et d'insistantes rumeurs de dissensions, que resterait-il des Strokes ? Réponse : dix véritables pépites. Angles, leur quatrième disque, regorge ainsi de mélodies rock anguleuses, d'envolées lyriques fougueuses, de structures sophistiquées et surtout d'une classe pleine de morgue portée par le chant singulier de Julian Casablancas. Les rockeurs new-yorkais qui avaient participé à rendre les guitares de nouveau cool au début des années 2000 n'ont donc rien perdu de leur mordant le temps d'un album compact, bâti comme une increvable machine de guerre.


3345141714-1.jpg5 : Cunninlynguists - Oneirology

En 2011, on a de nouveau (et pour toujours ?) attendu en vain le Detox de Dr Dre puis on s'est largement consolé en découvrant le rap racé des Américains de Cunninlynguists. Le cinquième album du trio, Oneirology, décrypte en long et en large la notion de rêve, les cauchemars du quotidien prenant vite le pas sur les fantasmes. Le flow est rageur alternant comme chez The Streets ou Kanye West avec des intermèdes vocaux plus doux (samples, choeurs, featuring...). Mais surtout, ce sont la plume trempée dans le social et les productions ambitieuses du combo qui font ici la différence et font de Cunninlynguists un des groupes les plus essentiels entendus cette année, tous genres confondus.

30/12/2011

Top albums 2011 : 6-10


BaxterDury-2011-HappySoup.jpg6 : Baxter Dury - 
Happy Soup

En mettant à l'honneur les femmes dans ces textes et en leur offrant une place de choix sur le disque, Baxter Dury a trouvé le parfait équilibre entre le charme glacé de son flow parlé et une légèreté toute chaleureuse. On était déjà fan de son précédant Floorshow, le fils de Ian finit de nous convaincre en jeune crooner des temps modernes désabusé sur Happy Soup. Les arrangements sont sophistiqués et brillants à souhait. Grande classe.


TheWeeknd_HouseOfBalloons.jpg7 : The Weeknd - 
House of Balloons

Lente, sensuelle, majestueuse... La pop du Canadien Abel Tesfaye, alias The Weeknd, a marqué notre année 2011 le temps de trois mixtapes offertes gratuitement sur Internet. De cette production généreuse, c'est surtout le premier album, House of Balloons, qui a occupé notre iPod. Avec sa production léchée proche du meilleur hip-hop/R'n'B, le disque déborde d'amour et de bons sentiments, mais au meilleur sens du terme. The Weeknd réalise ici un miracle : réhabiliter à nos oreilles la vraie musique de lovers.  


still-corners-creatures-of-an-hour-e1318250985500.jpg8 : Still Corners -
Creatures of an hour

En 2010 (et encore cette année d'ailleurs), on avait fait du Teen Dream de Beach House notre album de chevet. En 2011, Creatures of an hour de Still Corners a bercé nos rêves dream pop d'une légère touche de psychédélisme. Tessa Murray pose sa voix envoutante sur les orchestrations sophistiquées de son comparse Greg Hughes. L'ensemble dégage un sentiment de douceur bien chaleureux. Parfait pour écouter sous la couette. 

 

d9455f2b70ecf89c46a8d9aaccdb7872_w350.jpg9 : Radiohead : The King of Limbs

Toute ces années, Radiohead avait miraculeusement réussi à déjouer les énormes attentes qui entouraient chacun de leurs nouveaux disques. Puis vint The King of Limbs, album plus ramassé (huit petits morceaux) qui nous apportait une bonne nouvelle : le groupe anglais, tout simplement humain, a le bon goût de suivre ses intuitions (le dubstep, la prise de pouvoir des rythmiques sur les mélodies...) plutôt que de céder au rock de stade option Coldplay. Quelques mois plus tard, le disque reste passionnant à écouter de bout en bout. 


 daniel_darc_pochette-600x600.jpg10 : Daniel Darc -
La taille de mon âme

Depuis la mort d'Alain Bashung, le titre de grand commandeur de la chanson française est vacant. Parmi les principaux prétendants au titre, Daniel Darc est sans doute celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu en 2011 avec La Taille de mon âme. Ce grand disque de pop épuré touche par la mise à nue de son interprète qui livre en morceaux et variations parlées ses cicatrices et ses humeurs. Une sincérité par moments bouleversante.

29/12/2011

Top albums 2011 : 11-15


Jamie-xx-Gil-Scott-Heron-Were-New-Here-e1297784912527.jpg11 : Gil Scott-Heron & Jamie XX - 
We're new here

L'an dernier, on était totalement passé à côté du dernier disque du maître du spoken word Gil Scott-Heron, I'm New Here. Heureusement, quelques mois avant son décès le 27 mai, Jamie XX (membre de The XX donc) nous faisait redécouvrir cet album magnifique en le remixant de A à Z. Plus qu'un simple exercice de style, We're New Here fait se rencontrer la voix touchante de l'Américain et les boucles électroniques et mélancoliques du jeune anglais. Un choc (soul) des générations des plus créatifs.


smith-westerns-DYE-IT-BLONDE.jpg12 : Smith Westerns -
Dye it Blonde 

En écoutant leur premier album éponyme sorti en 2009, il était difficile d'imaginer que le groupe serait deux ans plus tard à l'origine d'un des disques les plus enthousiasmants de 2011. Au rock brut de Smith Westerns a succédé la production léchée de Dye it Blonde qui lorgne du côté de la pop, de David Bowie plus que du lo-fi donc. Ce second album recèle de bout en bout de vrais trésors mélodiques qui n'ont cessé de nous surprendre à chaque écoute. De futurs grands.

 

Nicolas_Jaar_Space_Is_Only_Noise.jpg13 : Nicolas Jaar - 
Space is Only Noise

Notre attrait cette année s'est davantage tourné vers des musiques électroniques un peu évanescentes plutôt que de grosses machines dancefloor. Dommage pour David Guetta, mais c'est bien Nicolas Jaar, 21 ans, qui fait tout naturellement partie du haut de notre classement. Son album, Space is Only Noise, balaie avec brio un spectre musical très large mêlant électronique, pop, soul, classique et expérimentations tous azimuts. La très grande classe.


Real-Estate-days-album-cover.jpg14 : Real Estate - Days

Depuis ses débuts en 2009, Real Estate gravit un à un les échelons de la notoriété. C'est donc tout naturellement que leur nouvel album Days les installe dans la cour des groupes incontournables de l'indie-pop. "Easy" en ouverture et son gimmick guilleret impose une entêtante ligne de guitare claire. La première d'une longue série à suivre. Car Real Estate a décidé ici de faire dans la simplicité et l'efficacité. Un pari largement payant.

 

puro-instinct-headbangers-in-ecstasy.jpg15 : Puro Instinct -
Headbangers in ecstasy

Légèreté, douce mélancolie, refrains qui nous trottent en boucle dans la tête... Les deux sœurs Kaplan de Puro Instinct ont déjà tout compris à ce qui fait une grande chanson pop. Leur premier album Headbangers in ecstasy à la drôle de pochette en est rempli. Romantiques et barrés, les quinze morceaux mettent en avant les harmonies vocales sur fond de guitares planantes. L'ecstase.  

28/12/2011

Top albums 2011 : 16-20


WU_LYF_Go_Tell_Fire_To_The_Mountain.jpg16 : Wu Lyf - Go Tell Fire
To The Mountain

La relève britannique a déjà ses armes bien affûtées pour faire rapidement oublier ses aînés. Parmi les groupes les plus prometteurs, la bande de Manchester Wu Lyf (pour World Unite Lucifer Youth Foundation !). Leur premier album, Go Tell Fire To The Mountain, offre une parfaite collection de chansons rock aux étonnantes structures alambiquées sublimées par un trio de voix rocailleuses qui prennent aux tripes. A la fois, lunaire et bien terrestre, Wu Lyf regarde haut, les pieds parfaitement plantés dans la boue.


Ghostpoet-peanut-butter-blues-and-melancholy-jams-2011-album-art-cd-cover-artwork.jpg17 : Ghostpoet - Peanut Butter Blues and Melancholy Jam

The Streets peut prendre sa relève tranquille, le rap britannique tient en Ghostpoet un héritier d'avenir. Son premier album Peanut Butter Blues & Melancholy Jam pose son flow profond et teinté d'angoisses sur des beats sombres. L'ambiance n'est ni à la fête ni à la rage mais à une forme d'inquiétude latente, parfaite bande-son d'une époque désenchantée mais pleine de ressources créatives. Le son des années 2010.


Girls-Father-Son-Holy-Ghost1-548x548.jpg18 : Girls - Father, Son, Holy Ghost

Plein d'allant, leur premier album, Album, sorti en 2009, nous avait charmé. Deux ans plus tard, Girls remet ça et ne nous déçoit pas. Father, Son & Holy Ghost a ce son délicieusement rétro sixties tout en restant moderne. Le duo de San Francisco reste fidèle à une certaine idée du romantisme pas nunuche pour deux sous et d'une fougue juvénile qui ne fait jamais défaut ("Die"). Dur de rester insensible plus longtemps.



destroyer-kaputt.jpg19 : Destroyer - Kaputt 

A l'heure où une bonne partie de la pop moderne ne jure que par les guitares, les machines, les claviers, les Canadiens de Destroyer menés par Dan Bejar ajoutent à cette palette déjà parfaitement maitrisée une touche smooth jazz légèrement surannée à l'aide de saxophones et trompettes. Mais on ne trouve ici nulle trace de kitsch ou de second degré, plutôt la quête d'un son tout en douceur apaisante. Un romantisme revigorant.


yuck.jpg20 : Yuck - Yuck

Cette année, il a fallu la fougue de quatre jeune londoniens pour ressusciter l'énergie de l'indie rock américain du début des années 90. Yuck alterne ainsi tubes musclés dévalant les pistes à toute vitesse à coups de bons riffs et les plages plus romantiques. Le son de guitare rappelle Sonic Youth, Pavement… Bref, le combo né des cendres de Cajun Dance Party connaît ses classiques. "Get Away" surtout offre une ouverture de toute beauté.    

27/12/2011

Top albums 2011 : 21-25


james-blake-album-cover-300x300.jpg21 : James Blake -
James Blake

Justice avait explosé en remixant Simian. James Blake lui s'est imposé en sublimant une chanson de Feist "Limit to your love". La mélodie au piano est entêtante offrant une parfaite introduction à l'univers vaporeux et fragile du Britannique âgé de 23 ans. Fantomatique, emprunte de soul et de jazz, l'électronique du jeune homme tourne le dos au dancefloor pour aller vers l'émotion, laissant la part belle aux claviers, aux silences et aux voix trafiquées. Les machines sont domptées, en lien direct avec le coeur.


washedout.jpg22 : Washed Out -
Within and Without

Electronique encore avec l'Américain Ernest Greene alias Washed Out, mais cette fois sur une pente plus chill et sensuelle, comme le suggère la pochette de l'album Within and Without. Les rythmiques et boucles répétitives dessinent un univers solaire, véritable invitation à la danse d'un dimanche après-midi plutôt qu'un samedi soir. Le tout est teinté d'une légère touche psychédélique. Entêtant à souhait.


toroymoi.jpg23 : Toro y Moi -
Underneath The Pine

Avec Memory Tapes et Washed Out qui le précède dans ce classement, l'Américain Chaz Bundick alias Toro y Moi fait figure de bidouilleur surdoué. Egalement apparentée au mouvement chillwave, sa musique électronique prend des atours mélodique et sensuel particulièrement efficaces sur ce deuxième album studio Underneath The Pine. Si la pochette du disque a quelque chose de la faute de goût, les morceaux, eux, à l'inverse, délaissent le kitsch un peu toc pour une sensibilité planante et soul. Une belle découverte.


Salem-Album-Cover1.jpg24 : Salem - King Night

Paru en tout début d'année et chroniqué ici-même, l'album de Salem fait encore figure aujourd'hui d'énigme mystérieuse dont on aurait pas vraiment trouvé la solution. King Night mêle de manière très singulière électronique planante et rythmique hip-hop sur fond de chant déformé au vocoder. Le plus étrange finalement, c'est que la formule prend et donne une revigorante potion magique goûtée nulle part ailleurs. Une sorte de M83 qui aurait viré au cauchemar. Un disque qui de "Asia" à "Trapdoor" nous hante littéralement.


the-soft-moon.jpg25 : The Soft Moon -
Soft Moon

Les Américains de The Soft Moon ont incarné cette année, au côté de leurs brillants compatriotes de Crystal Stilts, la mise à jour la plus convaincante d'un post-punk intense et sombre à souhait dans la difficile lignée de Suicide et de Joy Division. Distorsions de guitare, chant grave et profond, rythmiques diaboliques... Rien ne manque à la panoplie sans joie donc de la bande des quatre de San Francisco. Dès "Breathe the fire" en ouverture, on est happé par la noirceur, qui jusq'au bout maintiendra sa délicieuse étreinte.

22/12/2011

Top albums 2011 : 26-30

Discodeine-Discodeine.jpg26 : Discodeine - Discodeine

Si de The Shoes à Scratch Massive en passant par M83 et Yuksek, beaucoup de disques électro-pop français nous ont séduit cette année, aucun ne nous a procuré le même effet d'entêtement que l'album éponyme de Discodeine. Le duo formé de Pentile et Pilooski a su mieux que personne manier les boucles et les rythmiques qui restent des heures dans la tête. Discodeine a à la fois un sens poussé de la mélodie pop et une efficacité propre à enflammer les dancefloors. Un disque prenant donc de la tête aux pieds avec de beaux invités de luxe (Baxter Dury, Jarvis Cocker...).



pj-harvey-let-england-shake.jpg27 : PJ Harvey - Let England Shake

Savoir se renouveller à chaque disque tout en collant au plus près de son époque. PJ Harvey, ce n'est plus à prouver, a vraiment tout d'une grande. Avec Let England Shake, elle tord le cou au début des années 2000 et à sa folie guerrière en treize morceaux d'un rock aussi lumineux que le sujet peut être sombre. Choeurs, cuivres et piano bataillent ici avec les guitares. Reste enfin la voix de Polly Jean, capable d'envolées lyriques bouleversantes comme de variations plus graves. Surtout, ne change rien.


discodeine,pj harvey,atlas sound,crystal stilts,dark dark dark28 : Arctic Monkeys -
Suck it and see

L'Angleterre tient en Alex Turner un de ses talents les plus certains. L'écriture du Britannique fait une nouvelle fois des merveilles sur le nouvel album des Arctic Monkeys. Suck it and See alterne avec soin ballades romantiques et envolées plus électriques. Le combo, qui semble progresser musicalement disque après disque, incarne tout ce que l'on peut attendre d'un grand groupe de rock moderne : du muscle, de l'humour et du coeur.


wild-go-dark-dark-cd-album-870598057_ML.jpg

29 : Dark Dark Dark - Wild Go

Décidemment, la modernité aime se jouer de faux-semblants. Prenez les Américains de Dark Dark Dark. Peu de musiques collent aussi mal au nom d'un groupe. Le sextet déploie ainsi sur son deuxième Wild Go, un jolie pop adoucie par des choeurs et la belle voix planante de Nona Marie Invie. Les compositions sont des plus raffinées piochant dans une large palette d'instruments évoquant la musique folk ou des airs traditionnels. Le tout avec grâce.



Atlas-Sound-608x6081.jpg30 : Atlas Sound - Parallax

Rien n'arrête Bradford Cox. Après un album de son groupe rock Deerhunter l'an dernier et une série de mixtapes pop, le revoilà quelques mois plus tard avec un nouveau disque de son projet parallèle Atlas Sound. On retrouve une nouvelle fois ici cette aisance mélodique où les sons ont comme l'air de couler tout seul. La musique de Bradford Cox est profondément liquide, légère, touchante, peuplée de fantomes et autres présences évanescentes. A fleur de peau juste ce qu'il faut.


20/12/2011

Top albums 2011 : 31-35

 

mohini.jpg31 : Mohini Geisweller - Event Horizon

Elu il y a un an album de l'année 2010 par le magazine Technikart, ce quelques mois avant sa sortie !, Event Horizon était précédé d'une excellente réputation. Après écoute répétée des quatorze morceaux du disque, celle-ci n'était pas galvaudée. L'ex-chanteuse de Sex in Dallas livre ici un album remarquable de douceur. Les instrumentations synthétiques faites de clavier et de boîtes à rythme jouent parfaitement le contraste avec le chant fragile de Mohini. Point d'orgue le titre "Milk Teeth" que l'on s'écoute toujours en boucle aujourd'hui.


Gonzales.jpg32 : Gonzales - The Unspeakable Chilly Gonzales

Un an après la sortie du réussi Ivory Tower, Chilly Gonzales a vite rebondi. Et bien. Avec The Unspeakable Chilly Gonzales, le Canadien revient au hip-hop de ses débuts mais avec une toute nouvelle approche. Toute l'orchestration est ici faite à l'aide d'instruments classiques (clavier, cordes, cuivres...) plutôt que des samples ou des machines. Le résultat est détonant, porté par un flow très affûté et des textes d'une mordante ironie. Une vraie intelligence de la musique.


Anna Calvi.jpg33 : Anna Calvi - Anna Calvi

Ce fut un de nos premiers coups de coeur de l'année 2011. Quelques notes hispanisantes jouées à la guitare ("Rider to the sea"), parfaite introduction à l'univers passionnel d'Anna Calvi. Desir, baiser, diable... s'il est beaucoup question d'amour ici, c'est avant tout au sens physique du terme. La Britannique manie ainsi avec brio un chant à la théâtralité poussée qui en a sans doute dérouté plus d'un. Nous on craque pour ses pop songs pleines de vigueur et d'émotion aux atmosphères surchargées.

 

Theophilus-London-cover-11837.jpg34 : Theophilus London - Timez are weird these days

Il n'a que 24 ans mais est déjà promis à un brillant avenir. Le rappeur américain Theophilus London mêle les genres avec candeur sur son premier album officiel Timez are weird these days. Pop, funk, hip-hop, musiques électroniques... chaque influence, parfaitement digérée, nourrit un disque débordant de bonne humeur et d'énergie. Un disque qui varie brillamment les rythmes et les atmosphères. Le souffle de la jeunesse.


Cat's Eyes - Cat's Eyes cover.jpg35 : Cat's Eyes - Cat's Eyes

Faris Badwan est doublement primé dans ce classement. Le chanteur de The Horrors se place avec ici avec son deuxième groupe, Cat's Eyes donc, formé avec la chanteuse et multi-instrumentiste Rachel Zeffira. Le résultat est sombre à souhait et intimiste, alternant les zones d'ombres et de lumières. La voix de Rachel apporte ainsi une touche de fragilité et de romantisme là où Faris se déploie dans un registre plus grave. L'alchimie est parfaite.

18/12/2011

Top albums 2011 : 36-40

Ces douze derniers mois sont sortis des centaines et des centaines de disques différents, dont on a pris le temps d'écouter qu'une partie. Exercice traditionnel de la fin d'année, voici le classement des 50 albums qui m'ont le plus accompagné tout 2011 (pas des meilleurs donc), avec sans surprise une forte dominante pop-rock. On ne se refait pas. 

Bonne écoute,

KidB

woodsSun&shade.jpg36 - Woods :
Sun and Shade

Très belle surprise que le folk/rock aux teintes psychédéliques de Woods. Les Américains alternent courtes ballades bucoliques boisées de deux-trois minutes et longs trips répétitifs dissonnants de huit-neuf minutes. La tonalité d'ensemble reste toutefois plutôt douce portée par le chant plaintif de Jeremy Earl. De "Pushing Onlys" en ouverture à "Out of the eye", "Sol y Sombra" ou "Wouldn't Waste", Sun and Shade enchaîne les morceaux de bravoures intimes et épiques.


housse-de-racket-alesia.jpg37 - Housse de Racket :
Alesia

En 2008, leur premier album Forty Love leur avait valu un début de reconnaissance largement mérité. Les Français de Housse de Racket font mieux que confirmer avec Alesia produit, comme The Rapture ou Phoenix avant eux, par Philippe Zdar. Nous voilà donc ici en territoire pop synthétique, ouvert aux guitares. Alignant les tubes en puissance, le groupe perd ici en humour ce qu'il gagne en efficacité et en fraîcheur. Avec une science pointue des changements de rythmes et des mélodies alambiquées. Du bel ouvrage.

 

painscov452.jpg

38 - The Pains of Being Pure at Heart : Belong

Dur de résister à l'euphorie que génère la pop grésillante de The Pains of Being Pure at Heart. Pour leur deuxième album Belong, les Américains poursuivent l'exploration d'une veine romantique, mais toutes guitares dehors. A cent à l'heure défilent ainsi les éternels problèmes d'amour non partagés, de sentiments d'isolement, de rêves d'échanges sensuels inaboutis. Et, au final, la joie de communier autour d'une étrangeté partagée.


the-roots-undun-album-cover1.jpg39 - The Roots :
Undun

Les disques s'accumulent avec toujours la même classe. The Roots livre en cette fin d'année avec Undun un album-concept réussi autour de la survie d'un jeune homme dans un univers hostile. D'abord centrées sur les textes, les chansons très courtes dans l'ensemble (quatorze titres pour moins de 40 minutes) déploient une vision très ouverte du hip-hop piochant aussi bien dans la soul, le rock ou le jazz. Le flow de Black Thought fait toujours merveille. A noter, après Jim James de My Morning Jacket sur le disque précédént, c'est cette fois-ci Sufjan Stevens qui vient poser sa voix.


black-lips-arabia-mountain.11-284x284.jpg40 - Black Lips :
Arabia Mountain

On était jusqu'ici peu sensible au rock foutraque des Black Lips. Puis vint l'album Arabia Mountain où la folie était d'un coup domptée par les mélodies, le temps de courtes cavalcades de deux-trois minutes à commencer par le superbe "Family Tree" en ouverture. Voix rocailleuse, riffs endiablés... le reste suit à cent à l'heure entre sonorités rétros et rythmiques modernes.

13/12/2011

Top albums 2011 : 41-45

 

the-kills-blood-pressures.jpg41 - The Kills :
Blood Pressures

Un gars, une fille. La formule est simple et dans le cas de The Kills résiste parfaitement à l'usure. Pour leur quatrième album Blood Pressures, Jamie Hince et Alison Masshort restent fidèles à une ligne esthétique assez binaire faite de riffs rêches de guitares, de rythmiques froides et répétitives et d'un chant habité et sensuel. Si tout le disque ne tient pas le même niveau, il comprend assez de réussites ("Future Starts Slow", "Satellite", la détonante ballade "Wild Charms", "Baby Says"...) pour faire honneur à ses glorieux aînés.


les-bien-aimes-21232-1475593661.jpg

42 - Alex Beaupain :
Les bien-aimés

Année chargée pour Alex Beaupain. Le compositeur français a sorti en 2011 un album solo réussi (Pourquoi battait mon coeur), mais surtout la magnifique BO du dernier film de Christophe Honoré. Chantées par Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, Paul Schneider ou Louis Garrel, ces compositions, entre chanson et clin d'oeil à la pop anglaise, creusent avec bonheur et mélancolie les aléas de l'amour et du temps qui passe. Un disque à la fois léger, pétillant et bouleversant. Rayon BO, une mention spéciale également au travail de Benjamin Biolay pour le film Pourquoi tu pleures ?. Presque tout aussi réussi.


Blood_Orange_CG.jpg43 - Blood Orange :
Coastal Grooves

Test Icicles, Lightspeed Champion, Blood Orange... Le talentueux Devonté Hynes change de nom ou de formation comme de chemises mais son talent reste lui immense. La preuve encore avec ce Coastal Grooves sorti donc sous une toute nouvelle identité. Lorgnant avec allégresse vers des sonorités orientales et synthétiques très années 80, ces onze morceaux bénéficient d'un travail d'orfèvre au niveau des mélodies. Le chanteur impose ainsi un groove particulier avec très peu de choses. Le résultat est plus que séduisant.


noel-gallagher-high-flying-birds-album.jpg44 - Noel Gallager :
Noel Gallagher's
High Flying Birds

Dans la bataille post-Oasis qui oppose les deux frères Gallagher, pour nous l'avantage va clairement à Noel. Si l'album de Beady Eye contient deux ou trois morceaux parfaitement accrocheurs ("The Roller", "For Anyone"...), ces High Flying Birds brillent tout du long d'un classicisme tout sauf ennuyeux. Beaux arrangements de cordes, refrains à reprendre en choeurs... Noel Gallagher n'a rien perdu de sa plume, délaissant de plus en plus les Beatles pour les Kinks. On ne perd pas forcément au change.


emika-cover.jpg45 - Emika : Emika

Une de nos toutes dernières découvertes de l'année. Cette Anglaise d'origine tchèque installée à Berlin propose une musique électronique aux rythmes lents et langoureux proche du dubstep ou du trip-hop. Il est donc avant tout question sur ce premier album éponyme sorti sur le prestigieux label Ninja Tune d'atmosphères sombres et sensuelles, presque évanescentes ("Hit me where you want it and I'll take the blame/Hit me if you think that it will help the pain"). Un disque nocturne donc construit comme une longue rêverie adaptée au dancefloor.

22:16 Publié dans Top 2011 | Lien permanent | Commentaires (0)

12/12/2011

Top albums 2011 : 46-50

feist-metals-2011-L-LCvguC1.jpeg46 - Feist : Metals

On ne change pas une équipe
qui gagne. C'est donc entourée
de Gonzales et de Mocky notamment que Feist nous revient avec Metals. En dépit du titre de l'album, nulle conversion à des sonorités métalliques n'est au programme ici. Bien au contraire, la pop de la Canadienne est toujours plus chaleureuse et intimiste, mêlant les ambiances claires-obscures. Cuivres, cordes, guitares, piano... la riche instrumentation sert parfaitement la voix fragile de la chanteuse. Tout au long des treize morceaux du disque, peu de tubes en puissance mais beaucoup d'émotions.


The Horrors - Skying.jpg47 - The Horrors : Skying

Leur précédent album Primary Colours nous avait émerveillé par sa ferveur sombre. Skying a mis plus de temps à nous convaincre mais après plusieurs écoutes, il est difficile de résister à la petite musique créée par les rythmiques toujours aussi imparables du combo britannique. A l'image de ce que suggère la pochette, les chansons de The Horrors se sont lentement ouvertes à la lumière et aux percées psychédéliques avec une science très poussée des changements de vitesse. "Endless Blue" démarre ainsi comme une ballade éthérée avant de partir sous les chapeaux de roues. Vénéneux...

 

e_volo_love.jpg48 - François
& the Atlas Mountain :
E Volo Love

Fin 2009, on découvrait avec intérêt un drôle d'album français au doux nom de Plaine inondable. La pop mi frenchy-mi-anglaise du Charentais François imposait déjà sa délicatesse fluide. Deux ans plus tard, le revoilà donc avec un disque lumineux, calme et tendre comme un baiser E Volo Love. L'instrumentation joue la carte de la sophistication et du dépouillement, le chant se déploie à plusieurs voix sensuelles. Le tout commence de la plus belle façon avec "Les plus beaux" pour ne plus retomber. La vraie confirmation d'une force tranquille.

 

TheRapture_InTheGraceOfYourLove.jpg49 - The Rapture : In The Grace
of Your Love

Produit par Philippe Zdar, moitié
du groupe Cassius, In The Grace of Your Love, le troisième album des Américains de The Rapture, s'impose comme un faux album de danse aux mélodies diaboliquement entêtantes. Une efficacité pop construite autour d'un groove très tenu et répétitif (une rytmique, quelques boucles...) sur lequel vient se poser la voix aigue de Luke Jenner. Un beau disque d'amour et de grâce.


tv-on-the-radio-nine-types-of-light.jpg50 - TV on the Radio :
Nine Type Of Lights

Jusqu'ici, chaque nouvel album de TV on the Radio représentait une irresistible montée en puissance, propulsant le groupe vers les sommets. Reconnaissons que
Nine Type of Lights
marque très légèrement le pas. A force de sophistication, la musique des Américains perd un peu au passage de sa saveur. Pourtant, tout ce qu'on aime chez TV on the Radio n'a pas soudainement disparu. Perdure encore cet étonnant mélange de rock et de soul, la chaleur du chant polyphonique, la production léchée de David Sitek, bref le coeur de leur art. Dommage donc que la chair fasse si cruellement défaut.

 
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